Ce qu’on sait sur l’intervention policière musclée à Québec dont tout le monde parle | 24 heures
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Ce qu’on sait sur l’intervention policière musclée à Québec dont tout le monde parle

Image principale de l'article Ce qu’on sait sur l’arrestation musclée
jérémy bernier
  •  Des images d'une violente intervention policière survenue à Québec le week-end dernier suscitent l'indignation.   

  • Sur des images relayées sur les réseaux sociaux, on voit Pacifique Niyokwizera être frappé, avant d’être mis au sol par des policiers qui lui lancent de la neige au visage.   

  • La violente intervention s'est déroulée près du Dagobert, sur Grande Allée, dans la nuit de vendredi à samedi.   

L’arrestation musclée à Québec de Pacifique Niyokwizera, un jeune homme noir de 18 ans, soulève un tollé. Voici ce qu’on sait sur les événements.

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Une sortie des bars mouvementée  

La violente intervention s'est déroulée près du Dagobert, sur Grande Allée, dans la nuit de vendredi à samedi dernier. 

Des patrouilleurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) sont intervenus à la suite d'une altercation qui a débuté à l’intérieur de l’établissement et qui s'est poursuivie à l’extérieur. 

Pacifique Niyokwizera affirme que la situation a dégénéré lorsqu'il s'est approché d'un policier pour, dit-il, lui expliquer la situation. «[Le policier] a sorti son poivre de Cayenne et m’en a jeté dans les yeux. C’est là que ça a dégénéré», a-t-il affirmé en entrevue au Journal.

L’arrestation musclée  

Sur des images relayées sur les réseaux sociaux, on peut voir Pacifique Niyokwizera être frappé à plusieurs reprises par «trois ou quatre» agents du SPVQ, avant d’être projeté sur une voiture. Le jeune homme est ensuite mis au sol par des policiers qui lui lancent de la neige au visage. 

«J’ai commencé à crier, mon visage brûlait», raconte le résident de Québec qui a maintenant le visage couvert d’ecchymoses et un œil enflé. 

Photo courtoisie

En entrevue au Journal, le jeune homme a soutenu que des policiers auraient tenu des propos désobligeants sur son quartier, une fois dans l’autopatrouille. 

Le SPVQ enquête  

D’anciens policiers, appelés à commenter l’affaire, ont soutenu que l’utilisation de la force lors de l’intervention n'était «pas nécessaire» et qu'elle était «inutile».

Le chef du SPVQ a fait savoir qu’une enquête interne est en cours pour faire la lumière sur les événements et qu’il ne tolérera «aucune discrimination».

Pacifique Niyokwizera compte porter plainte auprès du SPVQ, tout comme certains de ses amis qui ont aussi été interpellés par les patrouilleurs. 

La Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ) a pour sa part appelé à la prudence à la suite de la diffusion des images, rappelant qu'on n'avait qu'une seule version de l’histoire et qu’il peut être «facile de juger».

Vives réactions dans le monde politique  

Des élus provinciaux et municipaux n’ont pas tardé à commenter l’affaire. 

Le premier ministre, François Legault, a écrit avoir «pris connaissance des images troublantes de cette arrestation» et que «la lumière doit être faite sur cet événement».

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a soutenu que les «images sont très difficiles à regarder» et elle a rappelé qu'une enquête était en cours. 

Le maire de Québec, Bruno Marchand, a publié un texte sur les réseaux sociaux, se disant «troublé» par cette histoire. 

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a qualifié les images «d'excessivement troublantes». 

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, écrit sur Twitter que «ces images sont insupportables et choquantes» et que «tout le monde au Québec a le droit d’être traité avec dignité et respect» par les forces de l’ordre.

Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a quant à lui affirmé qu'on «ne doit pas tolérer ça au Québec». 

– Avec les informations de Jérémy Bernier