«Pour moi, ce n’est pas abstrait, une arme à feu»: le 32e anniversaire de la fusillade de Polytechnique sera souligné lundi | 24 heures
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«Pour moi, ce n’est pas abstrait, une arme à feu»: le 32e anniversaire de la fusillade de Polytechnique sera souligné lundi

Nathalie Provost, survivante de la fusillade de Polytechnique
Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

Nathalie Provost, survivante de la fusillade de Polytechnique

Aujourd'hui, des faisceaux lumineux jailliront du mont Royal comme c’est la tradition pour souligner le triste anniversaire de la tuerie de Polytechnique. L’événement résonnera d’une façon particulière cette année, avec les décès par armes à feu qui font les manchettes.

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«Pour moi, ce n’est pas abstrait, une arme à feu. Ce n’est pas abstrait, la destruction que ça peut faire. Ce n’est pas abstrait la rapidité à laquelle ça peut détruire une vie», explique Nathalie Provost, une survivante de Poly, qui a vu «des yeux s’éteindre en une fraction de seconde» il y a 32 ans. 

Quand on lui demande si elle considère aujourd’hui que Montréal est une ville sécuritaire, Nathalie Provost répond «oui, mais ça ne va pas bien».  

«Mes filles vivent et se promènent dans Montréal et elles n’ont pas peur. [Mais] la prolifération des armes de pointe est un réel danger et il faut s’assurer de créer des conditions pour que ça reste sécuritaire», lance la femme de 55 ans, aussi porte-parole du regroupement PolySeSouvient.  

Mme Provost rappelle que plusieurs Canadiens, comme les membres du groupe Tous contre le registre québécois des armes à feu, croient que «l’on a le droit à une arme pour se protéger et ça, c’est au cœur de la philosophie américaine». 

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«On ne sait plus combien d’armes les gens ont en leur possession, lance-t-elle. Il n’y a plus de registre. Depuis 2012, quelqu’un a pu se procurer une, 10, 20, 40 armes à feu, avoir des réserves de balles importantes, modifier des chargeurs de haute capacité», déplore-t-elle. 

Les 17 féminicides survenus cette année soulignent aussi que les questions entourant la violence faite aux femmes «ne sont toujours pas résolues et elles ne sont pas en voie de l’être de sitôt», affirme Nathalie Provost.  

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Commémoration   

Le 6 décembre 2021 marquera le 32e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, lors de laquelle 14 femmes ont perdu la vie, car elles étaient femmes.  

Ce matin-là, à 8h30, des gerbes de roses blanches seront déposées devant la plaque commémorative de Polytechnique par des représentants de l’établissement et des associations étudiantes.  

Dario Ayala / Agence QMI

À partir de 17h10, le ciel au-dessus du mont Royal sera illuminé de 14 faisceaux lumineux pour les 14 victimes : Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte et Barbara Klucznik-Widajewicz. La cérémonie lors de laquelle les faisceaux seront allumés un par un sera retransmise en direct sur les réseaux sociaux de Polytechnique Montréal. 

Dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, une marche silencieuse contre les violences faites aux femmes se mettra un branle vers 18 h à partir du Centre des femmes solidaires et engagées.   

Une exposition de photos est aussi présentée à Polytechnique jusqu’au 10 décembre, dans le tunnel entre les pavillons principal et Lassonde. 

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