Hausse de l’itinérance en région : l’hiver s’annonce difficile | 24 heures
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Hausse de l’itinérance en région : l’hiver s’annonce difficile

  •    L'itinérance est de plus en plus omniprésente à l'extérieur de Montréal  

  

  • Alors que l'hiver s'amorce, plusieurs refuges affichent complet      

  

  • Les différentes ressources demandent de l'aide afin de pouvoir aider leur clientèle.      


Il y a de plus en plus d’itinérance en région. Dans plusieurs villes, les ressources sont déjà débordées et demandent une aide immédiate, à l’approche de l’hiver. 

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Nicholas Gildersleeve, directeur général de la Halte du Coin à Longueuil, se dit inquiet de voir des gens dormir dehors

Alex Proteau/24 heures

Nicholas Gildersleeve, directeur général de la Halte du Coin à Longueuil, se dit inquiet de voir des gens dormir dehors

Il est 10h mardi matin. La Halte du Coin, un refuge pour itinérants à Longueuil, ne manque pas de travail. Ouvert depuis l’an dernier, le refuge qui compte 30 lits affiche complet tous les soirs. Faute d’espace, des gens sont même dirigés vers d’autres ressources.  

«Ma plus grande inquiétude, c’est que sur la Rive-Sud, il va y avoir des gens qui vont dormir dehors», craint Nicholas Gildersleeve, directeur général de la Halte du Coin. 

«Ce n’est plus un sujet qu’on veut cacher. Avant, lorsqu’on parlait d’itinérance, on parlait d’une itinérance cachée. Avec la pandémie, elle ne l’est plus», ajoute celui qui a accueilli plus de 450 personnes annuellement de septembre 2020 à septembre 2021. 

Réjean, quarantenaire, dort depuis quelques semaines au refuge la Halte du Coin, à Longueuil

Alex Proteau/24 heures

Réjean, quarantenaire, dort depuis quelques semaines au refuge la Halte du Coin, à Longueuil

Réjean, quarantenaire, occupe l’un des lits depuis un peu moins de deux semaines. Une mésentente avec des colocataires et son propriétaire ainsi que son congédiement expliquent sa présence dans un refuge. Il est parti de Drummondville et dort aujourd’hui sur la Rive-Sud, ce qui lui permet d’être plus près de son fils, résidant aujourd’hui en famille d’accueil. 

«Ce n’est pas évident pour personne en ce moment. Avec la crise de la COVID-19, le confinement, ça vient jouer sur le mental, sur le moral. Ça stresse beaucoup de gens», pense-t-il. 

«Si je gagnais à la loterie Gagnant à vie, j’achèterais des immeubles justement pour qu’il y ait assez de refuges et que personne ne soit dans la rue et dans la misère afin que tout le monde puisse s’en sortir», souhaite-t-il. 

Un campement à Sherbrooke  

À Sherbrooke, la situation s’est empirée au cours des dernières semaines. Un campement de personnes en situation d’itinérance s’est formé sous le pont Joffre, sur la rue Wellington Sud.  


La raison : le Partage St-François, qui gère la seule offre d’hébergement d’urgence dans la ville, a subi récemment de nombreux bris de services liés aux manques de ressources et de main-d’œuvre.  

«Il y a un manque de ressources», relate Samantha Arselin-Watson, responsable du Projet Appart, qui accompagne les personnes en situation d’itinérance et les aide à se trouver un logement. La crise du logement est aussi l’une des causes, ajoute celle qui rappelle le taux d’inoccupation de 1,3% dans la ville estrienne. 

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Le campement sera démantelé d’ici lundi, a annoncé la mairesse Évelyne Beaudin mardi. Celle-ci a aussi indiqué qu’«il n’y a pas de solution globale» et qu’elle priorisera une «approche personnalisée» pour relocaliser les campeurs. «Des travailleurs sociaux et des organismes iront sur le site rencontrer les gens un à un pour connaître leurs besoins et les référer vers les bonnes ressources», a-t-elle ajouté. 

Du «jamais vu» à Gatineau  

Benoit Leblanc, intervenant en itinérance pour l’organisme Itinérance Zéro en Outaouais, est estomaqué de la demande en repas et en logement pour son organisme de Gatineau au cours des dernières semaines. En huit ans, il n’avait «jamais vu» un tel achalandage. De plus en plus de nouveaux visages se présentent pour avoir recours à leurs services, observe-t-il. 

Selon lui, il faut agir vite, car sans aide, l’itinérance va exploser en Outaouais et partout dans la province.  

«En Outaouais, il manque de ressources, mais la volonté n’est pas là aux niveaux communautaire et gouvernemental», avance-t-il. 

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Une halte-chaleur opère présentement à l’aréna Robert-Guertin dans le secteur Hull de la Ville et peut accueillir 25 personnes.  

Une demande pour une aire de débordement a été déposée au CISSSO par les organismes, car l’achalandage semble augmenter significativement, nous indique la Ville.  

La Ville a donc accordé la permission d’utiliser la deuxième partie de la salle Jos Montferrand, lors des débordements, offrant ainsi 20 places supplémentaires. Une autre halte-chaleur est également en préparation dans le secteur de Gatineau. 

Même dans les plus petites villes 

Connue pour son offre touristique, Sainte-Agathe, dans les Laurentides, vit aussi ce phénomène. À un tel point qu’elle s’est dotée en janvier dernier d’un premier refuge pour les personnes itinérantes.  

Même si elle ne comporte que neuf lits, aucun n’est inoccupé. «Pour cet hiver, c’est sûr qu’on va manquer de place», exprime sans détour Marc Meloche, coordonnateur de la Halte Chaleur de Sainte-Agathe. 

«Avec la crise du logement, tous les prix ont augmenté. Une chambre d’hôtel qui coûtait entre 500 et 600 $ par mois coûte maintenant entre 800 et 1000$ depuis la pandémie», souligne-t-il. 

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Selon lui, le manque de logements sociaux et d’habitations à loyer modique (HLM) nuit aussi au problème. Il remarque toutefois une prise de conscience de la part de la nouvelle administration. 

- Avec TVA Nouvelles

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