Le réalisateur des pubs antiracistes du gouvernement du Québec affirme que son travail a été dénaturé | 24 heures
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Le réalisateur des pubs antiracistes du gouvernement du Québec affirme que son travail a été dénaturé

Image principale de l'article Le réalisateur dit que son travail a été dénaturé
Captures d'écran
  •   Le réalisateur des pubs soutient que l'équipe du gouvernement est venue faire dérailler le concept en ajoutant les qualificatifs «québécois» et «québécoise».    

  • Selon lui, cette campagne de sensibilisation contre le racisme et les préjugés s'est plutôt transformée en une campagne «politique» et «nationaliste».   

  • Au lancement de la campagne, les vidéos avaient surtout fait jaser en raison de l'absence du mot «québécois» dans les versions anglaises.   

Plus d’une semaine après le tollé soulevé par l’offensive publicitaire du gouvernement contre le racisme et les préjugés, le réalisateur des vidéos affirme que son travail a été «dénaturé» par Québec.  

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En entrevue à l’émission 24­·60, Khoa Lê a remis en doute les intentions du gouvernement de François Legault et du ministre responsable de la Lutte contre le racisme, Benoit Charette.

«Les red flags, je les ai levés avant la mise en ondes», confirme-t-il, expliquant que le client, — ici l’équipe du gouvernement — avait décidé d’ajouter les qualificatifs «québécois» et «québécoise», qui, pour lui, venaient «dénaturer» le message.

«Au départ, sans le mot “québécois”, on finissait par dire que, “voilà, ce sont des amis, une famille, ce sont des humains”», confie Khoa Lê à Anne-Marie Dussault.

«Ce que je vois à l’écran, c’est autre chose. Ce qu’on [les publicités mises en ondes] dit présentement, c’est que, si vous ne voulez pas être victime de racisme, portez cette identité québécoise. Ça vient dérailler le concept.»

Un mea-culpa  

Ce n'est pas la première fois que le jeune réalisateur d'origine vietnamienne critique le gouvernement. Au lendemain de la diffusion des publicités, sur Facebook, il s'était excusé d’avoir participé à la campagne.

Dans ce message, il demande d'ailleurs des excuses à François Legault et à Benoit Charette, en plus du retrait des quatre publicités. 

À son avis, cette campagne qui visait la sensibilisation est devenue une campagne «politique» et «nationaliste».

Ce qu’en pensent les internautes 

La participation du réalisateur à l’émission 24·60 provoquent des réactions mitigées. 

Une instagrammeuse remercie, dans une publication qui cumule des milliers de «J'aime», «un vrai ami québécois» pour avoir dit «la vérité».

Un autre internaute affirme plutôt que, «des fois, faut juste dire non» à certains contrats, ce qui suggère que le réalisateur aurait dû refuser de collaborer avec le gouvernement pour cette campagne publicitaire. 

«Tu veux que j’insulte ma communauté dans une pub en échange d’un doux cachet? Non!», écrit-il sur Instagram. 

Une polémique n’attend pas l’autre 

Lors du lancement des quatre publicités pour contrer les préjugés et le racisme, Québec a dû retirer les versions en anglais.

Dans l’une d’entre elles, on pouvait voir un groupe de jeunes Noirs rassemblés dans un parc à la tombée de la nuit. La version francophone de la pub les présente comme des «amis québécois», alors qu’en anglais, on les appelait simplement «friends» («amis», en français). 

Le qualificatif «québécois» a été écarté dans cette deuxième version, mais la pub a été modifiée depuis.