Le SPVQ ne reconnaît (toujours) pas le profilage racial | 24 heures
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Le SPVQ ne reconnaît (toujours) pas le profilage racial

Denis Turcotte, directeur du SPVQ
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Denis Turcotte, directeur du SPVQ

Le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Denis Turcotte, n’a pas répondu à la question d’un journaliste à savoir s’il existe du profilage racial au sein de son corps policier, jeudi, lors d'un point de presse.

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«Dans mon début de mandat, j’ai dit que moi, la sémantique, les définitions... Parce qu’[au plus grand nombre] de monde à qui je parle, plus j’en ai. Donc moi, je ne m’attarde pas à ça», a-t-il répondu.

Pour Maxim Fortin, coordonnateur à la Ligue des droits et libertés (LDL), section Québec, ce n’est que la continuité du déni qu’avait le précédent chef du SPVQ face à la question.

«Encore aujourd’hui, on l’a senti incapable de répondre de manière précise et claire. Je pense qu’il est un peu coincé entre le fait que son service de police n’a aucunement l’intention de reconnaître l’existence du profilage racial et le fait que le public se fait mettre devant le visage des images qui prouvent d’une certaine façon que ça existe», déplore-t-il. 

Pas de plaintes?  

M. Turcotte a aussi affirmé n’avoir jamais reçu de plainte pour profilage racial. 

«Ils ont droit de nous le dire, on va les enquêter. Mais si je n’ai pas de faits vérifiables lorsque les gens viennent dire: “J’ai été interpellé sans raison, j’ai posé la question et on n’a pas été capable de me donner une raison”. À ce moment-là, on va voir l’intervention était basée sur quoi, mais pour le moment, je n’ai pas ça.»

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«C’est complètement faux!», lance Maxim Fortin. 

Il prend pour exemple le cas d’Axel Mbongo, un entrepreneur d’origine africaine qui s’est fait interpeller une dizaine de fois en l’espace de quelques mois. Son histoire avait défrayé les manchettes des médias locaux à l’époque. L’ex-chef de police en poste à ce moment, Robert Pigeon, avait nié tout profilage racial, rapportait Le Soleil

Selon M. Fortin, Axel Mbongo aurait rencontré le SPVQ pour se plaindre, mais l’histoire aurait été réglée à l’amiable. «Son cas est emblématique de bien d’autres. Malheureusement, les gens ne parlent pas beaucoup parce que lorsqu’ils parlent, ils ne sont pas crus», ajoute le coordonnateur de la LDL.

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Une enquête réclamée  

De nombreux intervenants, dont la Ligue des droits et libertés, section Québec, réclament que le SPVQ tiennent une enquête sur le profilage racial, comme celle tenue par des chercheurs indépendants mandatés par la Ville de Montréal au sujet de son corps policier. 

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Maxim Fortin dit toutefois s’être buté à un refus de la part du SPVQ. «Ça ne les intéresse pas, ils considèrent qu’ils n’ont pas besoin de ça.»

En attendant, M. Fortin dit espérer que l’angle du profilage racial ressorte de l’enquête sur l’interpellation du jeune Noir de 18 ans, vendredi dernier. «Avec les témoignages qu’on entend, l’interpellation semble liée à du profilage racial qui culmine à de la brutalité policière», souligne-t-il. 

Il souhaite également qu’on souligne l'utilisation «abusive et démesurée» de la force dans ce cas-là. «La neige dans le visage, ce n’est pas une technique pour maîtriser quelqu’un, c’est une technique pour l’humilier.»