Facebook s’attaque au «revenge porn» | 24 heures
/bref

Facebook s’attaque au «revenge porn»

Image principale de l'article Facebook s’attaque au «revenge porn»
AFP
  •  L'outil StopNCII.org vous permet de télécharger les images intimes que vous ne voulez pas voir se retrouver sur le web.   

  • Le revenge porn, c'est la diffusion d’images ou de vidéos intimes d’une personne sans son consentement.  

  • Au Canada, la distribution d’images intimes d’une personne sans son consentement est illégale.   

Grâce à un nouvel outil, la maison mère de Facebook et Instagram, Meta, veut mettre fin au phénomène du revenge porn, ces images intimes distribuées en ligne sans consentement.  

• À lire aussi: Plus facile qu’on pense de se procurer des artéfacts nazis sur Marketplace et Kijiji: est-ce légal?

• À lire aussi: Nouvelles révélations embarrassantes: ce qu’il faut savoir sur les «Facebook Papers»

• À lire aussi: Facebook dévoile son nouveau nom

D’abord, qu’est-ce que le revenge porn?  

En français, on parle plutôt de pornodivulgation. Dans tous les cas, il s’agit de diffusion d’images ou de vidéos à caractère pornographique d’une personne sans son consentement.

L’exemple le plus commun est celui d’un jeune homme ou d'une jeune femme qui publie en ligne des images ou des vidéos compromettantes d'une ex-copine ou d'un ex-copain à la suite d'une rupture. 

L'objectif est donc de se venger en humiliant la personne.

Quel est ce nouvel outil créé par Meta?  

Pour mettre au point son outil, l’entreprise américaine a travaillé avec l’organisme à but non lucratif anglais Revenge Porn Helpline, comme le rapporte NBC News.

Voici comment ça fonctionne, concrètement: pour éviter que vos photos intimes soient publiées sans votre accord sur Facebook ou Instagram, vous pouvez les téléverser sur le site StopNCII.org, (Stop Non-Consensual Intimate Images). Ensuite, le site vous demande de confirmer que c'est bel et bien vous qui apparaissez sur les photos soumises. 

Toutes les photos et vidéos seront alors converties en empreintes digitales uniques, appelées, dans le jargon informatique: «hashes». Ces fichiers seront par la suite transmis aux entreprises participantes, dont Facebook et Instagram.

Vous pouvez visiter l'outil ici.

Comment les images sont-elles repérées?  

Prenons le cas de Facebook. La plateforme utilisera la technologie de mise en correspondance des fichiers convertis (hash-matching en anglais). Elle pourra ainsi savoir si les photos déposées sur StopNCII.org ont été téléchargées sur le réseau social. Si des photos ou des vidéos se retrouvent sur le réseau social, les modérateurs de contenu vérifieront si elles enfreignent les politiques de Facebook.  

Une image qui enfreint véritablement les politiques de l'entreprise sera supprimée et les tentatives de la télécharger à nouveau seront bloquées. 

• À lire aussi: La pornographie en voie d'ouvrir la porte aux cryptomonnaies

Ce que dit la loi au Canada sur le revenge porn  

Selon la section 162.1 du Code criminel du Canada, quiconque publie, distribue, transmet, vend ou rend accessible volontairement une image intime d’une personne sans son consentement pourrait faire face à un emprisonnement maximal de cinq ans.

Et qu'entend-on par «image intime»? Une image sur laquelle une personne apparaît nue ou encore sur laquelle une personne «se trouvait dans des circonstances pour lesquelles il existe une attente raisonnable de protection en matière de vie privée». 

Il est encore plus grave de partager une image intime qui concerne une victime mineure. Dans un tel cas, il s'agit de distribution de pédopornographie, un délit passible de 14 ans d’emprisonnement.