Blocage ferroviaire à Saint-Lambert en soutien au peuple Wet'suwet'en : voici ce qu'il faut savoir | 24 heures
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Blocage ferroviaire à Saint-Lambert en soutien au peuple Wet'suwet'en : voici ce qu'il faut savoir

La crise qui se déroule sur le territoire Wet’suwet’en dans l'Ouest canadien a repris de plus belle dans les dernières semaines et les manifestations en opposition au gazoduc controversé se multiplient au pays, faisant craindre à certains un blocus ferroviaire comme à l’hiver 2020. Voici ce qu'il faut savoir.

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Le conflit

Le conflit n'est pas nouveau : il porte sur la construction d’un gazoduc de 670 kilomètres à travers des terres non cédées de la nation Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique.

À l’hiver 2020, l’opposition au projet Coastal GasLink avait déclenché des rassemblements de solidarité ainsi que des blocages ferroviaires et routiers à travers le Canada, paralysant une partie de l’économie canadienne.

Un blocage routier en Ontario, février 2020

AFP

Un blocage routier en Ontario, février 2020

Ce qui l'a ramené dans l'actualité : l’arrestation d’une vingtaine de protestataires et de deux journalistes, à la mi-novembre par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au campement de Gidimt’en. Ceux-ci bloquaient la route qui sert à approvisionner les camps de travail – où vivent 500 personnes – du projet de pipeline sur leur territoire.

Cela a même attiré l’attention de vedettes internationales, comme Leonardo DiCaprio. «La nation Wet’suwet’en a été confrontée à des raids militaires de la GRC. Nous devons protéger les droits des défenseurs des terres», a écrit l’acteur oscarisé sur Twitter.

Blocage à Saint-Lambert

La protestation s'est rendue jusqu'au Québec. Samedi à 9h30, une soixantaine de manifestants ont obstrué les rails du Canadien National (CN), à Saint-Lambert, avec des morceaux de bois. Ils se sont ensuite installés sur la voie ferrée en écoutant des chansons et en allumant des feux. De nombreux policiers les observaient. 

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Thierry Laforce / Agence QMI

«On va perturber l’économie canadienne en bloquant les rails ici jusqu’à ce que la Gendarmerie royale du Canada quitte le territoire Wet’suwet’en et tant que la construction du gazoduc Coastal GasLink se poursuivra en Colombie-Britannique», a affirmé Marianne Côté, une militante au blocus, la seule qui ait accepté de parler avec Le Journal

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Cette manifestation a été organisée par des allochtones qui se disent alliés des peuples autochtones. 

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

«Anticolonialisme, solidarité avec les peuples qui résistent», ont scandé les protestataires, qui avaient aussi apporté une banderole où on pouvait lire «shut down kkkanada». 

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Plusieurs automobilistes ont lancé des insultes aux manifestants. «Réglez ça vite, les policiers, si ce n’est pas des Autochtones, qu’ils crissent leur camp de Saint-Lambert», a hurlé l’un d’entre eux. 

Ça a brassé un peu avec les policiers.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Ça a brassé un peu avec les policiers.

La police du CN et le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) ont tenté à plusieurs reprises de convaincre le groupe de quitter les lieux.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Le blocage ferroviaire a subitement pris fin vers 15h, soit moins de six heures après son commencement. Les participants ont quitté la manifestation de leur plein gré et de façon pacifique.

Un employé a nettoyé les rails au terme du blocus.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Un employé a nettoyé les rails au terme du blocus.

Au moins trois trains de marchandises ont dû faire marche arrière puisque les rails étaient bloqués, selon nos observations. 

La dernière fois qu’un tel blocage a eu lieu à Saint-Lambert, c’est en février 2020. Il avait duré trois jours. Pour chaque journée, 120 millions $ en produits manufacturiers n’étaient pas expédiés au Québec, rappelle la présidente-directrice générale chez Manufacturiers & Exportateurs du Québec, Véronique Proulx.

Les trains passagers de Via Rail avaient également été paralysés, dont le corridor entre Ottawa et Québec.

Kahnawake et Montréal

Des blocages ont eu lieu sur les routes 132 et 138, à Kahnawake, la semaine dernière, rapportait le journal Montreal Gazette. Quelques jours plus tard, des centaines de personnes ont manifesté à l’extérieur du quartier général de la GRC à Montréal. 

Du côté de l’Ontario, des gens ont bloqué l’autoroute 6, à Caledonia.

« C’est hyper préoccupant. On espère que ça se résorbera rapidement et qu’on ne se retrouvera pas dans la même situation qu’en 2020. Surtout après presque deux ans de pandémie. C’est la dernière chose dont on a besoin », estime Mme Proulx.

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