Défendre nos forêts: le ministre Pierre Dufour reconnaît (enfin) l’opacité de son ministère | 24 heures
/bref

Défendre nos forêts: le ministre Pierre Dufour reconnaît (enfin) l’opacité de son ministère

s
  •  Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, est sorti de son mutisme, à la suite de la parution du documentaire Défendre nos forêts.   

  • M. Dufour avait refusé de participer au documentaire du Bureau d'enquête, préférant attendre sa sortie pour commenter.   

  • Le documentaire montre que les risques de la perte de biodiversité, notamment les caribous Val-d’Or, en Gaspésie et à Charlevoix, sont immenses pour la santé de l'écosystème québécois.   

Être «plus transparent» et «plus ouvert à la communication»: c’est ce que souhaite le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, dans la foulée de la parution du documentaire du Bureau d'enquête sur la déforestation au Québec, Défendre nos forêts, auquel il a refusé de participer. 

• À lire aussi: Émile Bilodeau appelle à une meilleure gestion de nos forêts au Québec

• À lire aussi: Le gouvernement favoriserait l'industrie du bois au détriment des caribous forestiers, selon des biologistes

• À lire aussi: Bonne nouvelle pour la planète: frein aux coupes de forêts anciennes en Colombie-Britannique

Un mutisme qui ne date pas d'hier  

Dans une entrevue exclusive accordée au Bureau d’enquête, le ministre Dufour, en poste depuis octobre 2018, admet que «la stratégie qui a toujours été d’être un petit peu en retrait» doit changer. L'élu reconnaît par le fait même qu’il y a un problème d’opacité et de communication entre son ministère et la population. 

Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

Photo d'archives

Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

«Je pense que c’est l’élément central de votre reportage. Et ça vient un peu confirmer que depuis trois ans, il y a une grande déficience au niveau des communications au Ministère, concède-t-il. C’est un côté qu’on va devoir améliorer, être plus proche de la population, expliquer davantage les choses.»

Ce manque de communication, le biologiste spécialiste de l’écologie et du caribou forestier Serge Couturier l’a bien connu. «La gestion des communications externes avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a toujours été délicate», mentionne celui qui a déjà travaillé au ministère et qui a participé au documentaire Défendre nos forêts

«Durant l’époque où j’étais là, dans mes premières années au gouvernement, je donnais des dizaines d’entrevues. Vers la fin, ce n’était plus possible», dit-il.

Le ministre Dufour et la coupe forestière  

Depuis le début de son mandat, Pierre Dufour s'est fait accuser de prioriser l’industrie forestière avant la biodiversité au Québec. Un des exemples cités: la disparition du caribou à Val-d’Or, en Gaspésie et à Charlevoix.

À savoir si l’industrie forestière coupait de manière responsable, voici ce que le ministre a répondu: 

«La forêt québécoise est certifiée à plus de 90%. On doit certainement faire quelque chose de bien. [...] Que la forêt soit certifiée, je crois que ça démontre le sérieux de nos entrepreneurs forestiers. Est-ce qu'il y a de l'amélioration? Oui. Je n'ai jamais caché qu’un parterre de coupe forestière, dans les premières années, ce n'est pas ce qu'il y a de plus beau. Par contre, la forêt repousse. Aussi, on fait de la replantation à peu près à 25-28%, dépendamment des années. Donc, ça démontre qu’on a un écosystème intéressant.»

Photo Gary Gulash

M. Dufour affirme par ailleurs que c’est «un objectif» et «un défi» de protéger la biodiversité au Québec. «La particularité que nous avons au Québec, c’est qu’au sud [de la province], on a beaucoup de terres privées. Donc c’est beaucoup plus difficile de travailler une planification forestière au sud qu’au nord», mentionne-t-il.

Défendre nos forêts  

La narration du documentaire du Bureau d’enquête de Québecor est signée par l’auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau, qui dénonce lui-même la culture d’opacité dans l’industrie forestière

s

«On paye pour que les compagnies [forestières], le gouvernement opèrent. Il faut savoir où il va, notre argent, puis s’il est dépensé de la bonne manière», nous dit-il.

Avec les informations du Journal et de Jean Balthazard


  • Défendre nos forêts est disponible depuis vendredi dernier sur la plateforme Vrai.