Les crimes haineux visent plutôt les femmes et les moins de 29 ans | 24 heures
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Les crimes haineux visent plutôt les femmes et les moins de 29 ans

Image principale de l'article Femmes et moins de 29 ans plus à risque
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Vous êtes une femme? Vous avez moins de 29 ans? Vous êtes allophone ou issu d’une minorité sexuelle? Alors vous avez plus de chances d’être victime d’un crime haineux. C’est ce qui ressort d’un rapport de recherche du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV). Autre point d'intérêt soulevé par l'étude: la méfiance des victimes, qui sont encore trop peu nombreuses à porter plainte.  

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Au Québec, plusieurs centaines de crimes haineux sont déclarés chaque année par la police: 402 en 2017, 379 en 2018, 402 en 2019*... Pourtant, il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg.  

Par «crime haineux», on entend un crime motivé par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs comme la race, l’origine nationale ou ethnique, la langue, la couleur, la religion, le sexe, l’âge, la déficience mentale ou physique ou l’orientation sexuelle de la victime. 

Selon le dernier rapport de recherche du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), qui a sondé près de 2000 Québécois et Québécoises et analysé plus de 360 actes à caractère haineux sur une période de trois ans, leur nombre serait nettement plus important que ce qui a été mesuré. 

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L’étude montre également que les femmes, les personnes de moins de 29 ans, les membres des minorités sexuelles, les adeptes de religions autres que catholique et les personnes de langue maternelle autre que le français ou l’anglais sont plus à risque d'être victimes de tels actes.  

Autre constat fait dans le rapport du CPRMV: les communautés et minorités visées hésitent encore, dans leur ensemble, à porter plainte à la police. Les ressources disponibles pour accompagner les victimes semblent encore «mal connues et peu utilisées».  

Photo d'archives

Parmi les 101 cas d'actes haineux recensés par le sondage et décrits par des victimes, celles-ci n’ont ainsi rapporté leur expérience à la police que 13 fois. De plus, elles n’ont cherché à obtenir du soutien auprès d’un organisme spécialisé ou de professionnels de la santé et des services sociaux que dans 7 cas.  

Face à cet état des lieux alarmant, le CPRMV dresse une série de recommandations comme, notamment, le développement de nouveaux outils pour répertorier, signaler et dénoncer plus facilement et efficacement les actes à caractère haineux, le renforcement des ressources offrant du soutien aux victimes ou encore le soutien des initiatives de prévention des victimes et des communautés ciblées par la haine.

*Données Statistique Canada 

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