Cette année, le Grinch, c'est l'inflation : les festivités de fin d'année sont inaccessibles pour plusieurs Québécois | 24 heures
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Cette année, le Grinch, c'est l'inflation : les festivités de fin d'année sont inaccessibles pour plusieurs Québécois

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Photomontage Marilyne Houde

BILLET - Pour plusieurs personnes au Québec, cette année, le Grinch, c’est l’inflation. L’augmentation du prix des aliments, des jouets et de l’essence, conjuguée à celle des loyers, fait en sorte que ça ne sera pas simple de fêter Noël.

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Avec l’évolution rapide de la COVID, c’est difficile de savoir de quoi les rassemblements auront l’air au cours des prochaines semaines. Mais on a tellement été ingénieux avec les mesures drastiques de 2020 que je ne suis pas inquiète : on réussira à s’arranger en 2021.  

Ce qui me préoccupe, c’est l’inflation. Surtout depuis que j’ai parlé à trois personnes qui ont accepté de me partager – de manière anonyme – le stress qui les habite en cette fin d’année.  

Familles monoparentales 

Marissa et Lyne (nom fictif) sont toutes deux mères monoparentales et actives sur le marché du travail. La première a deux ados (11 et 15 ans) et travaille de nuit comme aide aux usagers dans un hôpital de Montréal.  

«En ce moment, je vis au strict minimum. Je fais ce que je peux pour élever mes deux ados. Mais les prix ont tellement augmenté que je dois avoir recours à une banque alimentaire pour y arriver», confie-t-elle. 

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La deuxième a deux enfants en bas âge et est éducatrice spécialisée en milieu scolaire. Elle n’arrive pas non plus à joindre les deux bouts.  

«On ne se permet pas beaucoup de choses. Je suis limitée et c’est pour la raison pour laquelle j’ai recours à la banque alimentaire», dit-elle.  

«En mai, j’ai été choquée de voir que l’huile végétale que j’avais l’habitude de prendre à 23$ est maintenant à 45$. Plus les semaines passent, plus ça va continuer à augmenter», observe-t-elle.  

Je les comprends. Quand j’étais enfant, un Grinch similaire visitait notre appartement à l’approche des Fêtes. Le père Noël exauçait les vœux de plusieurs de mes camarades de classes, mais chez nous, on avait recours à une banque alimentaire. Ma mère travaillait aussi, comme préposée aux bénéficiaires, mais avec les trois enfants, impossible de joindre les deux bouts. 

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Arrêts pour maladie 

Il n’y a pas que les familles. J’ai aussi parlé à Jean (nom fictif); en arrêt de travail depuis un an, après avoir contracté la bactérie mangeuse de chair, il n’a pas d’autre choix que de faire appel à un comptoir alimentaire pour se nourrir.  

«Tout arrive en même temps. On en arrache beaucoup. Je suis en colocation avec une amie, mais elle ne peut pas subvenir à tous mes besoins», dévoile-t-il.  

«Je regarde les nouvelles et je vois à quel point tout augmente. Ça n’a pas de sens! On ne peut plus acheter aucun produit. On a beau vouloir, mais on ne peut pas arriver quand tout augmente sans aucune augmentation de salaire», fait-il remarquer. 

«De la manière qu’on s’en va, ça ne va pas dans le bon sens. Le coût de la vie, de l’électricité, de la bouffe, c’est ridicule. On ne vit plus, on existe», a-t-il laissé tomber. 

Ouch.  

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Hausse des demandes d’aide 

L’organisme Mission Bon Accueil constate que la précarité affecte désormais plusieurs couches sociales. L’augmentation des prix des aliments, des loyers et des moyens de transports transforme le visage de la pauvreté. 

«Les gens ont déjà des choix difficiles à faire à chaque fin du mois : est-ce que je paye le loyer ou j’achète des bottes à mon enfant qui en a besoin? Alors, les gens ont recours à des services alimentaires comme chez nous», explique Sam Watts, PDG de Mission Bon Accueil.  

«Au mois de janvier, on est préparé à servir plus de gens et je crois qu’on aura une augmentation de 25%. Présentement, on sert à l’épicerie gratuite 2500 personnes par semaine», affirme-t-il.  

Oufff, ces chiffres. Dieu merci, il existe ces organismes qui font une véritable différence dans la communauté.  

Maintenant, si j’avais une chose à demander au père Noël, cette année : de chasser le Grinch des foyers grâce à la générosité des gens et l’action des gouvernements. Pas seulement à Noël, mais toute l’année, car la pauvreté est là pour rester.

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