Records de cas et hausse des hospitalisations: les vaccins sont-ils (toujours) efficaces? | 24 heures
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Records de cas et hausse des hospitalisations: les vaccins sont-ils (toujours) efficaces?

Image principale de l'article Oui, les vaccins sont (toujours) efficaces
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Le Québec fait face à une flambée de cas de COVID-19 et personne ne semble épargné, pas même les personnes adéquatement vaccinées. Est-ce que ça signifie que le vaccin est inefficace contre le variant Omicron? Des experts nous aident à décortiquer les données.

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Trois fois plus de cas, moins d'hospitalisations    

Devant les chiffres records que l’on enregistre depuis quelques jours – 5043 mardi et 6361 mercredi –, de nombreux Québécois peuvent être tentés de remettre en question l’efficacité ou la pertinence des vaccins. Mais il faut regarder le tableau complet pour constater que, oui, les vaccins fonctionnent. 

Il faut d’abord et avant tout se rappeler l’objectif des vaccins, soit de prévenir les instances graves de la maladie et le fait d’en mourir, soutient Alain Lamarre, professeur et chercheur en immunologie et virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). 

Et malgré cette nouvelle vague qui déferle sur le Québec, force est de constater que les vaccins jouent toujours leur rôle. «On a trois fois plus de cas que l’an dernier, mais beaucoup moins d’hospitalisations», mentionne le virologue et immunologue. 

«À pareille date en 2020, on avait environ 1000 hospitalisations pour 2000 cas [quotidiens]. On n’est pas à la même échelle, et c’est signe que la vaccination fonctionne bien», précise-t-il. 

Pourquoi autant de vaccinés à l'hôpital?    

En jetant un œil sur les données, on constate néanmoins que les personnes doublement vaccinées comptent pour 50% de toutes les hospitalisations. 

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Il faut cependant se rappeler qu’environ 90% des Québécois de 12 ans et plus sont pleinement vaccinés. Statistiquement, on peut donc s’attendre à ce qu’ils représentent une part importante des infections et des hospitalisations. À l'heure actuelle, les personnes non vaccinées, qui sont bien moins nombreuses, représentent quant à elles 47% des hospitalisations.

Ces données sont donc un gage de plus de l’efficacité du vaccin, indique le professeur. 

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Une protection qui diminue    

Cela dit, l’immunité offerte par les vaccins n’est pas à toute épreuve, comme le constatent de nombreuses études qui révèlent que la protection diminue avec le temps. Une bonne partie des Québécois ont reçu leur deuxième dose il y a (déjà) six, sept, parfois huit mois. 

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«Ça fait déjà quelques semaines que l’on voit que des doubles vaccinés se trouvaient infectés même par le variant Delta. On le voit bien que le degré de protection immunitaire diminue avec le temps, malgré les deux doses qu’on a reçues», indique Denis Archambault, virologue et professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM.

La troisième dose devrait augmenter la protection immunitaire, poursuit-il. Mais seules les données nous diront pour combien de temps cette deuxième dose de rappel maintiendra son degré d’efficacité maximum.

En ajoutant à cela le fait que le degré de contagion du variant Omicron est plus élevé que celui du Delta, lui-même plus contagieux que les variants précédents, on comprend mieux les statistiques récentes, soutient Alain Lamarre.

Vaccins basés sur la souche originale 

Ce n'est pas tout. Les vaccins qui sont actuellement disponibles ont été conçus selon la souche originale du virus, qui est beaucoup moins infectieuse et virulente que les variants qui en ont découlé, comme Delta et Omicron, selon Denis Archambault.

«Plus tu t’éloignes de la souche d’origine [selon laquelle les vaccins ont été conçus], plus tu risques de voir des problèmes», note-t-il.

«Même si le degré d’efficacité des vaccins passe de 90% à 70% entre le Delta et l’Omicron [pour prévenir les hospitalisations], le meilleur conseil reste de se faire vacciner. Et de bien respecter les consignes sanitaires», résume Alain Lamarre.