Trois raisons pour lesquelles c’est important de respecter les restrictions, selon des travailleurs de la santé | 24 heures
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Trois raisons pour lesquelles c’est important de respecter les restrictions, selon des travailleurs de la santé

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Courtoisies: CUSM et CHU de Québec

La frustration est tangible depuis l’annonce des restrictions annoncées par Québec. Mais pour les travailleurs de la santé sur le terrain, ces restrictions sont nécessaires, voire insuffisantes. À l’aube des Fêtes, voici trois raisons pour lesquelles il est important de suivre les règles, selon eux.

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Parce qu’il faut agir maintenant pour prévenir les hospitalisations plus tard

Mercredi, 6361 infections ont été recensées au Québec, du jamais-vu depuis le début de la pandémie. Si le nombre d'hospitalisations grimpe timidement pour le moment, c’est que le variant Omicron n’a pas encore goûté à la période des Fêtes et il faudra attendre entre deux et trois semaines de délai avant de constater les dégâts.

«La raison pour laquelle les mesures arrivent si tôt, c’est qu’il y a un retard entre le nombre de cas positifs et les hospitalisations, explique le Dr Alexis Turgeon, médecin spécialiste en soins intensifs et en anesthésiologie au CHU de Québec à l’Université Laval. Les personnes gravement malades sont souvent admises une semaine après leur diagnostic. Les mesures sont mises en place pour prévenir la hausse des hospitalisations, c’est ça qu’il faut comprendre.»

Si rien n’est fait pour prévenir une hausse exponentielle pendant les Fêtes, la situation «risque de ressembler à ce qu’on a vécu avant que les gens soient vaccinés», croit le Dr Alexis Turgeon.

«C’est un souci collectif. C’est notre faute à tous si les cas augmentent. On pourrait se retrouver devant de plus grandes restrictions de nos libertés et personne ne souhaite ça. Plus on suit les mesures, plus les cas se stabilisent, c’est purement mathématique», conclut l’intensiviste.

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Parce que les enfants et les jeunes transmettent facilement le virus

C’est maintenant connu : deux doses de vaccin ne suffisent plus devant le virulent Omicron. Résultat, même pleinement vaccinés, le virus circule tout aussi librement. En attendant de recevoir sa troisième dose, les jeunes n’ont pas le choix de freiner le virus en limitant les contacts, résume Dre Thao Huynh, chercheuse à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et épidémiologiste-cardiologue au CUSM et qui étudie également les effets de la COVID longue.

«Beaucoup de jeunes tombent malades et ils ne réalisent pas que leur contribution est cruciale. Il y a trop de rassemblements, les gens pensent juste à eux mais pas à la société en général», lance la Dre Huynh. 

Selon elle, les restrictions annoncées par Québec ne sont pas assez sévères et la province aurait intérêt à suivre l’exemple des pays d’Europe qui sont retournées en confinement complet.

«Si les gens font attention pendant les Fêtes, on ne se rendra peut-être pas là, mais il faut travailler ensemble pour éviter le pire car on a toujours un deux semaines de retard avec l’Europe et notre courbe s’aggrave rapidement».

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Parce que tout le monde est «écœuré»

Personne ne sera surpris, ce n’est pas une partie de plaisir pour personne. Encore moins pour les travailleurs de la santé sur un feu roulant depuis mars 2020.

«Le personnel est plus qu’épuisé, ça fait un an et demi qu’on travaille fort. Les infirmières sont écœurées, il y en a qui partent à la retraite plus tôt que prévu. Je ne sais pas si les gens le réalisent, mais l’élastique est sur le bord de péter», confie Dre Huynh.

Cette dernière rappelle que le milieu médical «veut servir la société», mais qu’il faut faire des efforts des deux côtés.

Même son de cloche pour le Dr Turgeon à Québec, qui rappelle que le milieu médical n’est pas différent du reste du monde. «C’est décourageant pour tout le monde. On se retrouve avec un variant, un vaccin sous-optimal et une troisième dose qui tarde. C’est un retour au risque qu’on avait l’an dernier».

C’est pour ces raisons que la Dre Huynh invite les Québécois à «aller plus loin que les consignes du gouvernement» et à éviter de se rassembler. 

«Je sais que c’est nécessaire pour votre santé mentale, mais il y en aura d’autres des Noël».

-Avec Andrea Lubeck