Des trucs à garder en tête pour conjuguer sexualité et situation de handicap | 24 heures
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Des trucs à garder en tête pour conjuguer sexualité et situation de handicap

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BILLET - En télé, l’année 2021 a notamment été marquée par Sex Education et Sans rendez-vous, deux excellentes séries dans lesquelles on retrouve des personnages en situation de handicap profitant de leur sexualité, une image encore trop rare.

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En 2017, on estimait que 16% de la population québécoise de 15 ans et plus vivait avec une incapacité, soit 1 053 350 personnes. Pourtant, en avez-vous vu souvent, à l’écran? 

J’en doute. 

D’où l’importance de souligner ces protagonistes en fauteuil roulant qui prennent plaisir à toucher et être touchés, à communiquer tendrement et à s’offrir à leur partenaire. 

Serait-ce enfin le début d’un changement de culture? J’en ai discuté avec Laurence Raynault-Rioux, co-coordonnatrice à la Fédération du Québec pour le planning des naissances.

Cette année, la jeune femme a collaboré à la création du cahier Santé sexuelle et situations de handicap : un guide pour lever les tabous !, qui met de l’avant deux grands préjugés à détricoter:  

  1. Les personnes en situation de handicap sont d’emblée asexuelles et désintéressées par la sexualité ;  
  2. Elles sont incapables de prendre des décisions par elles-mêmes.   

Laurence Raynault-Rioux, qui vit elle-même avec une paralysie cérébrale légère, se réjouit d’enfin voir des personnages faire mentir ces clichés. «Il y a beaucoup de recherches faites pour représenter les personnes en situation de handicap sans trainer de préjugés. J’aime qu’il y ait de telles représentations dans la culture populaire parce qu’on commence par là pour ensuite faire du chemin!»

Une bonne part du chemin reste encore à faire, par contre. La jeune femme souligne qu’on montre souvent des personnages blancs en situation de handicap, alors qu’on aurait avantage à embrasser la diversité. Tant de cultures que d’identités de genre ou d’orientations sexuelles... «Je crois qu’on est rendus prêts à articuler deux ou trois identités d’un coup ! J’ai beaucoup aimé la série Special (Netflix), dans laquelle un homme homosexuel est en situation de handicap, par exemple.» 

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Et concrètement ?

En attendant, la rareté de représentations diversifiées entraine possiblement un certain malaise, dans la société. Faute d’exemples desquels s’inspirer, on peut se demander comment aborder une personne en situation de handicap qui nous intéresse, par exemple ! Y a-t-il des faux pas à éviter, lorsqu’on entame une relation intime?

Mon interrogation fait rire Laurence Raynault-Rioux.

«La question qu’on peut se poser, c’est : est-ce que tout le monde ne fait pas déjà un peu ça ? Bien sûr, tu peux demander à la personne si elle a certaines sensibilités et ce qui la rend confortable... Mais pour que tout le monde ait du plaisir, il faut toujours se poser ces questions et apprendre à se connaitre, non ?» 

Touché. 

En théorie, les questions qu’on se pose devant l’être désiré devraient se ressembler, situation de handicap ou pas.  

«L’idéal, c’est toujours de discuter et de trouver des alternatives, au besoin, poursuit Laurence Raynault-Rioux. Une des forces des personnes en situation de handicap qui s’engagent dans des relations sexuelles, c’est justement d’être créatives pour s’épanouir tout en respectant leurs limites!» 

Bref, la communication et le respect, c’est la clé... comme toujours! 

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