Que la pointe de l’iceberg: janvier s’annonce difficile, prévient un expert | 24 heures
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Que la pointe de l’iceberg: janvier s’annonce difficile, prévient un expert

Image principale de l'article 5e vague: on n'a vu que la pointe de l’iceberg
Joël Lemay / Agence QMI

Cette cinquième vague d’infections, provoquée par le variant Omicron désormais dominant au Québec, n’est pas près de se terminer, selon un expert. Il prédit d’ailleurs que les semaines à venir seront «assez difficiles», et qu’on n’a vu que la pointe de l’iceberg. Portrait de la situation.

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Comment en sommes-nous arrivés là?  

«On n’aurait pas dû relâcher les consignes sanitaires à la mi-novembre pour éviter cette catastrophe que l’on subit présentement», lance d'amblé le Dr Donald Vinh, infectiologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). 

Parce que, si les données d’infections présentées quotidiennement et la hausse radicale du nombre de cas peuvent paraître surprenantes, les scientifiques, eux, avaient vu venir le coup. 

«Nous étions au courant que quelque chose s’était développé dès la fin novembre, dit-il. Quand le variant a été déclaré par l’Organisation mondiale de la santé [OMS], on savait qu’il s’était transporté autour du monde. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il arrive ici.»

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Et au même moment, le Québec observait une hausse de la transmission communautaire du variant Delta, que l’on savait plus contagieux et plus virulent, et une hausse des hospitalisations liées à ce variant. Ça aurait dû être «l’indice qu’on devait être plus préparés» pour l’arrivée d’Omicron, ajoute-t-il.

À quoi s’attendre dans les prochaines semaines?  

Difficile de dire si la vague sera courte ou si elle s’éternisera sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Mais une chose est certaine: elle sera intense, tant sur le plan du nombre d’infections que sur celui des hospitalisations, note le Dr Vinh. 

Pour l’instant, les hospitalisations ne sont pas uniquement causées par le variant Omicron: des personnes infectées au Delta occupent toujours des civières. On ne verra les effets de cette vague Omicron sur les hospitalisations qu’au cours des deux à trois prochaines semaines, affirme l’infectiologue.

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«On peut penser que, si ça continue avec la même intensité, ça peut traîner encore pour plusieurs semaines. Moi, je m’inquiète du mois de janvier; le portrait ne me semble pas très encourageant. On est encore sur la pente montante des cas communautaires et des hospitalisations, on n’est même pas encore en train d’aplatir la courbe, qui est très raide», craint le Dr Vinh.

La virulence toujours inconnue  

Il est difficile de prévoir à quoi ressembleront les prochaines semaines, parce que de nombreuses questions demeurent sur la virulence du variant Omicron, très peu de données étant actuellement disponibles. Impossible, d’ailleurs, de comparer la situation ici à la situation en Afrique du Sud – où le variant a d’abord été détecté –, car la pyramide d’âge de la population y est très différente de la nôtre. 

En effet, dans la province du Gauteng, berceau de l’une des premières éclosions d’Omicron, la population est composée davantage d’étudiants universitaires, donc de jeunes adultes, chez qui les effets du virus sont généralement moins graves.

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«La sévérité d’un cas n’est pas seulement une propriété du virus: c’est plutôt l’interaction entre le virus et son hôte. Alors, il faut regarder qui est l’hôte pour la mesurer», explique Donald Vinh. 

Sachant que la population québécoise est plus âgée que celle de la province du Gauteng en Afrique du Sud et que l'on compte plus de comorbidités, on ne peut comparer les deux situations épidémiologiques.