Tests rapides: voici pourquoi le jus d’orange donne un résultat positif | 24 heures
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Tests rapides: voici pourquoi le jus d’orange donne un résultat positif

Image principale de l'article Pourquoi le jus d’orange donne un résultat positif
Capture d'écran tirée de TikTok

Grâce au «médecin de TikTok» Mathieu Nadeau-Vallée, on sait maintenant pourquoi le jus d’orange, versé sur une cartouche de test rapide, donne un résultat positif. Et on vous le dit tout de suite: ce n’est pas parce que le jus est infecté à la COVID-19 ou que les tests antigènes ne fonctionnent pas. Ce n'est donc pas la peine de tenter l'expérience. On vous explique.

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Dans plusieurs vidéos circulant sur le web, des personnes versent en effet du jus d'orange ou encore de la boisson gazeuse sur une cartouche de test rapide pour démontrer que ce type d'outil est inefficace. 

Accompagné de la bachelière en biotechnologie Sophie Ménard et du Dr Rémy Aubin, professeur en biothérapies, oncologie moléculaire et cellulaire et biotechnologie, Mathieu Nadeau-Vallée s’est donné pour mission de démystifier cette croyance, dans une série de trois vidéos TikTok. 

AFP

En gros, tout dépend du pH de la substance qui est déposée dans la cartouche, résume le Dr Aubin. 

@wal_trudeau Répondre à @nathnath20082 De dessiner une deuxième barre rend aussi le test + . 🤪 #fyp #foryou #pourtoipage #science #omicron #covid #foryourpage ♬ son original - Mathieu Nadeau-Vallée

La bandelette de test rapide contient des anticorps de la COVID-19 qui, lorsqu’ils entrent en contact avec le virus, forment une liaison avec lui, rendant ainsi le résultat du test positif.

«Or la liaison dépend du pH, de la température et des sels», note Sophie Ménard. 

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Elle souligne que l’ajout de la solution tampon stabilisatrice (le liquide transparent inclus dans les kits de test rapide) est nécessaire pour s’assurer que l’échantillon soit dans de bonnes conditions physiologiques.

Une interaction artificielle  

Comme l’antigène et la protéine spike sont tous deux des protéines, leur interaction dépend de leur pH respectif.

«Si le pH n’est pas adéquat, les formes des protéines vont changer. Comme un anticorps reconnaît une forme bien précise d’un antigène, si le pH n’est pas adéquat et que les formes ne sont pas adéquates, il n’y a pas d’interaction fiable ou reproductible. À ce moment-là, le test risque de ne pas être valide du tout», précise à son tour le Dr Rémy Aubin.

Le Dr Aubin explique ensuite que, lorsque l’on met différentes boissons sur les cartouches de test rapide sans la solution tampon liquide utilisée pour stabiliser l’échantillon nasal, le résultat est positif parce que le pH de ces boissons se situe entre 3 et 4, ce qui est plutôt acide.

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«Ces breuvages sont très, très acides. [...] Ce que vous avez fait, c’est que vous avez précipité les protéines dans chacune des zones. Donc, c’est une interaction qui est artificielle et forcée», soutient-il.

Cependant, lorsque la solution tampon est ajoutée aux boissons, on peut clairement voir qu’aucun des tests ne donne de résultat positif. La solution tampon stabilise les protéines de la substance et les anticorps de la bandelette ne créent aucune liaison avec la protéine spike du virus SARS CoV-2.

«En plus, on peut voir que l’intensité des bandes de contrôle est uniforme dans chacun des tests. Ça, ça nous indique que le test est performant et valide», précise Sophie Ménard.

Éviter de gaspiller les tests  

Il ne faut donc pas utiliser les tests avec un échantillonnage pour lequel il n’est pas conçu, renchérit le Dr Rémy Aubin.

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

«Le test est conçu expressément pour échantillonner de la bonne grosse morve dans le nez, pour voir s’il y a des virus qui s’y trouvent. Ce n’est pas pour le jus d’orange, ce n’est pas pour le bon vin qu’on pourrait gaspiller, la bagosse à mononcle ou la ponce de gin à mémère», dit-il à la blague.

Il conclut en implorant les gens de ne pas se servir des tests rapides pour s’amuser, «surtout en temps de pénurie».