Voyages: des Québécois pris à Cuba à cause de la COVID-19 | 24 heures
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Voyages: des Québécois pris à Cuba à cause de la COVID-19

Des Québécois en voyage à Cuba voient leur séjour se transformer en cauchemar quand ils obtiennent un résultat positif à un test de COVID-19, nécessaire pour avoir le droit de revenir au Canada.

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Dans des vidéos diffusées sur TikTok, des voyageurs originaires du Québec dénoncent les conditions dans lesquelles se trouvent les Canadiens déclarés positifs à la COVID-19, qui doivent séjourner dans un hôtel converti en lieu d’isolement pour eux. 

@laue_gagne

le but de la vidéo n’est pas de faire pitier ou de se faire dire qu’on n’aurait pas dû voyager, on assume

♬ son original - lologogo

Les histoires que ces personnes racontent sont similaires: elles ont été déclarées positives à la COVID-19, même si elles avaient fait attention et qu'elles ne ressentaient pas de symptômes. Elles ont ensuite été placées dans un hôtel converti en lieu de quarantaine où elles devaient patienter en payant pour chaque nuit et en attendant un résultat négatif à un test que le personnel venait de temps à autre leur faire passer. 

Les conditions de vie qu'elles décrivent sont spartiates: parfois rien qu'un drap pour se couvrir la nuit, pas de produits d'hygiène et trois repas livrés chaque jour, à des heures variables.

«Je vous jure, c’est dégueulasse, mais dégueulasse», décrit Laurianne Gagné dans une vidéo publiée sur TikTok. «On n’a pas de soins hygiéniques, les conditions sont horribles. On a de la misère à avoir du papier de toilette, on n’a pas de savon.»

Dans une autre vidéo, Guylaine Pellerin explique qu'elle est partie parce que l’agence de voyages avec laquelle elle avait fait affaire lui avait assuré qu’il n’y avait pas d’éclosions à Cuba, ce qu’on avait dit à Laurianne Gagné aussi. Mais c’était tout le contraire, en fait.

@idealetartisanal C’est ça d’avoir le covid à Cuba, je n’aurais jamais pensé que ce serait comme ça. #covid #positifcovid19 #cuba #azul ♬ son original - Idéal et Artisanal

  

Guylaine Pellerin confirme que l’hôtel dans lequel elle était confinée était abandonné. Des déchets jonchent les alentours de l’établissement et des chiens errants se servent dans les restants de nourriture, qui sont empilés à l’extérieur. 

«Il y avait des déchirures sur les murs et autour de l’air climatisé mural, il y avait des trous par lesquels les insectes pouvaient passer. On a trouvé une salamandre dans notre fenêtre», explique-t-elle en entrevue au 24 heures.

Photo courtoisie

«On manque souvent d’eau, il faut souvent insister pour avoir une bouteille d’eau», poursuit Guylaine Pellerin. 

Photo courtoisie

«Après qu’un gars a peté sa coche parce qu’ils ont perdu son test COVID, on en avait plus facilement. On a même eu du café», ajoute celle qui est revenue au pays lundi.

Photo courtoisie

Son conjoint, dont la charge virale est encore trop élevée pour pouvoir rentrer au pays, est toujours confiné à l’hôtel Azul, à Cayo Coco.

«On ne veut pas retourner à Cuba. On a tellement vécu quelque chose», se désole-t-elle.

Un séjour d’horreur  

Alain St-Louis, de retour au pays depuis le 1er janvier, a dû rester cinq jours dans un tel endroit. Il avait décidé d’accompagner sa fille et son conjoint en voyage, pour s’assurer qu’elle n'eût aucun problème là-bas. C’est lui qui, finalement, n’a pas été capable de revenir au pays comme prévu après son voyage de sept jours.

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Malgré toutes les précautions qu’il a prises – il affirme avoir toujours porté son masque, sauf lorsqu’il se faisait bronzer sur le bord de la piscine –, son test PCR s’est révélé positif, tout comme celui de la personne qui l’accompagnait. Les résultats de sa fille et de son conjoint étaient pour leur part négatifs.

En conséquence, on l’a informé qu’il devait rester dans sa chambre jusqu’à ce qu’une ambulance vienne le chercher pour l’amener dans un «hôpital-hôtel» où sont regroupées les personnes infectées à la COVID-19.  

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec le voyageur Alain St-Louis sur QUB radio:   

Des conditions déplorables  

M. St-Louis décrit l’endroit comme un «ancien resort deux étoiles» à l’époque où il était en activité. «Mais maintenant, c’est probablement un quart d’étoile.»

Les conditions de l’hôpital-hôtel, qui comprend plusieurs bâtiments de six logements de deux chambres chacun, sont «déplorables», selon Alain St-Louis. Il n’y a pas d’internet et le réseau cellulaire n’y est pas stable. Les téléphones sur place ne permettent pas de faire des appels à l’international. 

«J’ai dû appeler ma fille par Messenger pour la réconforter en utilisant les données cellulaires de mon amie», déplore-t-il.

Impossible, d’ailleurs, pour les personnes qui y séjournent de sortir du resort: des gardes les surveillent en permanence. «C’était une véritable prison. On pouvait seulement aller sur notre balcon ou faire une courte marche devant l’établissement.»

Libéré après cinq jours  

Au bout de cinq jours, Alain St-Louis a réussi à refaire un test PCR – qui s’est finalement révélé négatif – après avoir informé les autorités sur place qu’il était à court de médicaments. Les autres résidents de l’hôpital-hôtel en ont subi un aussi parce que toutes les chambres étaient occupées et que d’autres ambulances arrivaient avec de nouveaux voyageurs canadiens infectés.

Cette péripétie lui a coûté 600$ US, en plus des frais pour reporter son vol et pour la nuit qu’il a passée dans un hôtel avant de pouvoir retourner au pays. Heureusement, il croit pouvoir se faire rembourser par l'agence auprès de laquelle il avait réservé son voyage. En tout, les coûts pour ce dernier ont pratiquement doublé.

«Je suis brûlé de toute cette situation-là. Tu pars pour relaxer, puis au bout du compte, tu te retrouves dans une place comme ça. J’ai trouvé ça bien déplorable», résume-t-il.

Il relate qu'il a vu d’autres voyageurs, dont plusieurs jeunes femmes, arriver à l’hôpital-hôtel seuls, séparés de leur groupe, désemparés devant l’obligation d’y rester parce qu’ils n’avaient pas les sous pour payer cette dépense imprévue.

Une arnaque?  

Dans les vidéos TikTok, plusieurs personnes soulignent des irrégularités leur faisant douter de la validité des résultats de test PCR. Laurianne Gagné explique notamment qu’elle est la seule de son groupe de six personnes à avoir été déclarée positive. 

Croit-il avoir réellement été infecté à la COVID-19? Alain St-Louis ne le sait pas, car il affirme n’avoir pas vraiment senti de symptômes, à part un mal de tête. 

«J’aurais aimé avoir des tests rapides pour confirmer leur résultat de test, mais malheureusement on n’en avait pas avant de partir», ajoute-t-il.

Pour sa part, Guylaine Pellerin a pu confirmer deux fois plutôt qu’une son résultat de test PCR avec des tests rapides et ne croit donc pas avoir été victime d’une ruse.

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