Pas de mesures d’aide pour les nouvelles entreprises, déplorent des entrepreneurs | 24 heures
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Pas de mesures d’aide pour les nouvelles entreprises, déplorent des entrepreneurs

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Si les mesures d’aides financières affluent vers les citoyens du pays, les jeunes entreprises sont oubliées, dénoncent deux propriétaires de cafés à Montréal. Elles pressent les gouvernements de créer des programmes de subvention destinés aux entreprises naissantes pour les aider à traverser la cinquième vague.

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Le chiffre d’affaires du Café Léo, sur la rue Berri de Montréal, a fondu de 80% depuis la fermeture des salles à manger par Québec. Pour survivre, sa propriétaire, Andréanne Murdaca, a dû mettre à pied des employés. Elle est actuellement la seule à y travailler.

«On est au centre-ville de Montréal. Avant, les étudiants ou les travailleurs en télétravail venaient s’asseoir au café et, maintenant, comme ce n’est plus possible, les gens ne se déplacent plus», se désole-t-elle au micro de Philippe-Vincent Foisy, sur QUB radio. 

Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Andréanne Murdaca sur QUB radio: 

En activité depuis août 2021, le Café Léo ne satisfait pas aux critères d’admissibilité de la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer ni à ceux du soutien aux salaires et à l’embauche pour les entreprises touchées par la COVID-19. Pour déterminer le montant des subventions ou des prêts, l’Agence du revenu du Canada et Québec s’appuient sur des états financiers de l'année précédente, des documents que les entreprises qui ont vu le jour dans les derniers mois n'ont pas.

«C'est une injustice, fustige Andréanne Murdaca. Pourquoi aider les vieilles entreprises et pas les nouvelles?»

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L’achat local a ses limites  

La propriétaire du Café Léo est loin d’être la seule commerçante dans cette situation. De fait, plusieurs nouvelles entreprises se sont mises ensemble pour s’échanger des conseils et trouver du soutien. Parmi ces entrepreneurs, Joanna Nisenbaum du Café des Habitudes, rue Saint-Zotique. 

«J’ai réalisé le rêve d’une vie en ouvrant mon café et la pandémie n’a pas été un obstacle au début. Après deux ans, les vaccins et le passeport sanitaire, j’avais espoir qu’on n’allait pas refermer. J’ai peut-être été trop naïve, a-t-elle confié au 24 heures.

Même si elle peut compter sur une clientèle fidèle, ce n’est pas suffisant pour rester en activité. «Nos clients nous soutiennent depuis le début, ce serait le temps que le gouvernement fasse de même», regrette l'entrepreneuse.

Ouvert depuis le 6 septembre, le petit café de quartier a dû se défaire d’une majorité de ses employés en raison des récentes restrictions.

«On est un café de quartier et les gens sont enfermés chez eux, donc ça fait vraiment mal. L’achalandage a diminué d’un bon 50%. J’ai coupé plusieurs employés et j’ai gardé un cuisinier à temps partiel et une autre barista à 10 heures par semaine pour ma santé mentale», explique Joanna Nisenbaum, qui travaille à temps plein à son café.

Pour générer un chiffre d’affaires autrement que par le café à emporter, la propriétaire loue son espace à des bulles familiales, pour des périodes de deux heures. «C’est comme ça que je pense réussir à survivre parce qu’il n’y a pas d’aide du gouvernement.»