Possible nouveau variant «Deltacron»: faut-il s’en inquiéter? | 24 heures
/bref

Possible nouveau variant «Deltacron»: faut-il s’en inquiéter?

Image principale de l'article Possible nouveau variant Deltacron: ce qu’on sait
AFP

Les réseaux sociaux se sont enflammés le week-end dernier, après la découverte possible d’un nouveau variant, «Deltacron», qui serait le résultat d’une fusion entre les variants Delta et Omicron. Faut-il s’en inquiéter? «Non», répond un expert. On vous explique.

• À lire aussi: Que la pointe de l’iceberg: janvier s’annonce difficile, prévient un expert

• À lire aussi: Tests PCR, isolement: ce que vous devez faire si vous êtes déclaré positif à la COVID-19

  • Écoutez la journaliste Andrea Lubeck sur QUB radio :

C’est un laboratoire de Chypre qui aurait identifié la potentielle nouvelle incarnation du virus de la COVID-19. Une vingtaine de cas présenteraient cette mutation.

«Il y a actuellement des personnes à la fois infectées par Omicron et Delta, et nous avons découvert une souche qui combine les deux», a affirmé vendredi le virologue chypriote Leondios Kostrikis à une chaîne de télévision locale.

Les médias se sont ensuite emparés de cette annonce et du nom qu’ont donné les scientifiques à ce possible nouveau variant, «Deltacron». Malgré les sonnettes d'alarme tirées dans les médias, il n'y a pas lieu, pour le moment, de s'inquiéter, dit le Dr Donald Vinh, microbiologiste-infectiologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). 

«Il faut croire au processus scientifique»  

«Il y a beaucoup de variants qui sont censés avoir été identifiés récemment, soutient le Dr Vinh. La réalité, c’est qu’on a un processus scientifique [à suivre] et qu’il faut croire en ce processus scientifique.» 

• À lire aussi: Tests rapides moins efficaces contre Omicron: faut-il aussi faire un prélèvement par la gorge?

Lorsqu’un laboratoire signale qu'il a détecté un possible nouveau variant, la procédure prévoit que le reste de la communauté scientifique confirmera ensuite ce qui a été identifié par le biais, notamment, d’enquêtes épidémiologiques et biologiques, explique-t-il.

«C’est maintenant à la communauté scientifique de jouer son rôle et de travailler à déterminer son importance pour savoir ce qu’il en est réellement», poursuit-il. 

Mieux vaut attendre, donc, les résultats des études et une éventuelle classification du variant par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avant de s’adonner à la panique.

De fausses alertes  

Le Dr Donald Vinh donne pour exemple le variant Mu, qui avait suscité l’inquiétude, mais qui, finalement, n’a pas eu l’effet dévastateur appréhendé. D’abord répertorié en janvier 2021, il n’a jamais ensuite dépassé le stade de «variant à suivre» dans les divers tableaux de suivi des variants du SARS-CoV-2 de l’OMS.

• À lire aussi: Variant Omicron: il y aurait entre 40 et 60 000 infections par jour, selon des spécialistes

«On a des variants qui sont venus, qui étaient confirmés et qui se sont avérés peu impressionnants. Tout ça pour dire que ça arrive, des laboratoires qui identifient des variants, c’est leur rôle d’effectuer une surveillance», tempère le microbiologiste-infectiologue.

Une erreur de laboratoire?  

Malgré les appels à la prudence, les spéculations ont fusé au cours des derniers jours. 

La chercheuse Maria Van Kerkhove, qui dirige la lutte contre la COVID-19 à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a d’ailleurs avancé, sur Twitter, que Deltacron «vient sûrement d’une contamination lors du séquençage». 

Elle déplore que l’emballement médiatique autour de la possible découverte ne tienne pas compte du fait que les cas de doubles infections sont connus depuis le début de la pandémie.

• À lire aussi: Variant Omicron et explosion de cas: l’immunité collective par infection naturelle est-elle la solution?

«Il ne faut pas utiliser des mots comme "Deltacron" ou "Flurona"», a déclaré Mme Kerkhove, car ils «laissent croire à une combinaison entre variants ou virus, ce qui n’est simplement pas le cas.»

— Avec l’AFP