Et si un astéroïde percutait la Terre comme dans «Don’t look up»? Un comité y réfléchit | 24 heures
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Et si un astéroïde percutait la Terre comme dans «Don’t look up»? Un comité y réfléchit

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Et si un astéroïde percutait la Terre, comme dans la comédie satirique Don’t Look Up? Eh bien, un comité très sérieux rassemblant des gens du monde entier se réunit régulièrement pour nous préparer à cette éventualité.

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C'est quoi, ce fameux comité?   

Le Bureau des affaires spatiales des Nations unies (UNOOSA) a mis sur pied en 2014 le Space Mission Planning Advisory Group (SMPAG).  

Le SMPAG (ça se prononce comme «same page») a pour mission de réfléchir à une réponse internationale à une menace d'impact entre des objets géocroiseurs (Near Earth Object — NEO — en anglais) et notre planète, selon l’Agence spatiale européenne (ESA).

Ce comité, qui s'apparente à une cellule de crise, doit réfléchir à toute éventualité, explique le directeur du Planétarium Rio Tinto de Montréal, Olivier Hernandez, sur QUB radio. 

Si un astéroïde menaçait de frapper la Terre, le groupe devrait recommander des mesures spécifiques, en se basant sur le «savoir-faire technologique» des agences spatiales du monde entier. Le SMPAG pourrait, par exemple, coordonner des «mesures d’atténuation des impacts» et des «missions de déviation».  

Des décisions difficiles devraient être prises, mentionne Olivier Hernandez. Par exemple, quels pays et quelles populations devrait-on protéger? «Oui, la destruction peut être totale, comme dans Don’t Look Up, mais elle peut aussi être partielle», souligne-t-il. 

Qui siège au SMPAG?  

Scientifiques, avocats et politiciens siègent à ce comité. 

Lorsqu'ils se rencontrent, les membres s'enferment normalement pendant cinq jours dans une salle. Toutefois l'édition de 2021 s'est déroulée par visioconférence. «Ils vivent dans des conditions où chaque jour des décisions doivent être prises, alors que quelque chose de nouveau survient», soutient Olivier Hernandez. 

Plusieurs agences spatiales du monde sont membres du SMPAG, dont celles du Mexique, de l’Allemagne, des États-Unis, de l’Ukraine et de la Russie.

Un avant-goût avec DART   

Le 24 novembre dernier, la NASA a lancé sa première mission de défense planétaire de l’histoire. 

NASA

La sonde DART (Double Asteroid Redirection Test en anglais), qui voyage à 24 000 km/h, ira percuter un astéroïde pour le faire dévier de sa trajectoire, afin d’aider l’humanité à se protéger d’un impact catastrophique à l’avenir. 

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Un satellite sera également relâché afin d’observer l'astéroïde, l’effet du choc causé par DART, et possiblement le cratère à la surface.

La NASA se fait toutefois rassurante: la cible de la sonde DART ne représente pas une menace pour la Terre. Il s'agit d'une «pratique générale». 

Don’t Look Up, près de la réalité?   

Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, Don’t Look Up, disponible sur Netflix, se veut une satire de la société actuelle. Il raconte l’histoire d’une candidate au doctorat en astronomie, Kate Dibiasky, et de son directeur de thèse. 

Les deux scientifiques découvrent qu'une comète s'apprête à frapper la Terre, six mois plus tard. Bien qu'ils alertent le monde, les scientifiques sont ignorés, notamment par le gouvernement américain. 

Puis, ce qui devait arriver arriva: ladite comète frappe la Terre et tout le monde (ou presque) meurt. Bien qu’il ait apprécié le film, M. Hernandez l'a trouvé trop centré sur les États-Unis. 

«C’est très centré sur les États-Unis, mais il ne faut pas oublier qu’on fait partie d’un écosystème mondial et que l’ensemble de la population [mondiale], des scientifiques et des politiciens sera mis à contribution», insiste-t-il.