Des parents pour surveiller, mais pas de profs portant le hijab: les réseaux sociaux réagissent | 24 heures
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Des parents pour surveiller, mais pas de profs portant le hijab: les réseaux sociaux réagissent

Émilie Turgeon et Joanie Santos, une future enseignante et une enseignante qui ne peuvent pas pratiquer leur métier parce qu’elles portent un hijab.
Photos tirées d’Instagram

Émilie Turgeon et Joanie Santos, une future enseignante et une enseignante qui ne peuvent pas pratiquer leur métier parce qu’elles portent un hijab.

Le ministre de l’Éducation a annoncé jeudi qu’en cas de manque d’enseignants, des parents pourraient être appelés en renfort pour faire de la surveillance des classes. De nombreux parents, mais aussi des enseignantes qui ne peuvent pas travailler, ont dénoncé la décision sur les réseaux sociaux.

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En conférence de presse, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a précisé que les parents ne feraient pas de suppléance, parce qu’«un enseignant, c’est quelqu’un qui est formé pour faire ce qu’il fait», et qu’ils ne seraient utilisés qu’en dernier recours.

Une décision qui n’a pas passé sur les réseaux sociaux.

«Je vous présente trois femmes québécoises comme vous et moi. Elles ont une chose en commun. Elles ont toutes les trois le même rêve, devenir enseignante», a écrit Zineb Filali, étudiante en soins infirmiers, dans une publication Instagram ayant récolté plus de 1300 «J’aime» et plusieurs dizaines de commentaires.

Émilie Turgeon et Joanie Santos, respectivement future enseignante et enseignante, sont deux de ces femmes. Comme elles portent le hijab, elles ne peuvent pas pratiquer leur métier d’enseignante en raison de la Loi sur la laïcité de l’État. Aussi connue sous le nom de loi 21, elle empêche les employés de l’État en position d’autorité d'afficher des signes religieux, y compris les enseignants.

Une situation «absurde»  

Avec sa publication, Zineb Filali veut dénoncer le fait que le gouvernement préfère faire appel à des parents pour faire de la surveillance plutôt que de recourir à des enseignantes formées et prêtes à travailler seulement parce qu’elles portent le hijab. 

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«Je trouve ça absurde qu’en pleine pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, et particulièrement dans l’enseignement, nous préférons bloquer le rêve de plusieurs enseignantes diplômées et qualifiées parce qu’elles portent un foulard. L’enseignement n’est pas un métier, mais une vocation», a-t-elle indiqué en entrevue au 24 Heures

Les parents pas soumis à la loi 21  

Comme les parents volontaires n’agiraient pas comme enseignants, ils ne seraient pas soumis à la loi 21 et pourraient donc porter leur signe religieux, a confirmé le premier ministre François Legault dimanche sur le plateau de Tout le monde en parle.

«La loi [21] s’applique aux enseignants au primaire et au secondaire. Ça ne s’applique pas aux parents», a-t-il soutenu.

«Les Québécois et les Québécoises demandent à ce que ça ait du sens. [...] C’est assez contradictoire et je ne pense pas être la seule à être confuse», conclut Zineb Filali en s’adressant directement au premier ministre.