Voici pourquoi ces étudiants préfèrent l'enseignement virtuel à l'école en présentiel | 24 heures
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Voici pourquoi ces étudiants préfèrent l'enseignement virtuel à l'école en présentiel

Si l’enseignement à distance est pénible pour plusieurs étudiants du cégep et de l’université, ce virement forcé vers le virtuel a été une agréable découverte pour d’autres. Et ils aimeraient que ça reste ainsi.  

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Plus de productivité     

L’enseignement en ligne permet à Adeline Tapsoba d’être «beaucoup plus productive». C’est ainsi qu’elle a débuté son baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire et elle aimerait continuer de cette façon. 

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Comme elle s’évite le transport de chez elle, à Longueuil, jusqu’à l’UQAM, l’étudiante de 22 ans a plus de temps pour ses études.  

Quand elle doit se déplacer pour se rendre à son université, elle n’a pas envie de faire ses lectures en rentrant chez elle parce qu’elle est fatiguée. En ligne, elle peut immédiatement les commencer à la suite de son cours.  

Adeline, qui se considère extravertie, ne sent pas que ses interactions sociales sont affectées par l’enseignement en ligne. Elle socialise tout de même avec ses amis dans des conversations de groupe des appels vidéo ou dans les travaux d’équipe. Les mesures sanitaires à respecter en classe font en sorte qu’elle ne ressent pas de différence quand elle les voit en personne.  

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Son éducation est elle aussi bonifiée. «Les profs nous accordent plus de temps pour répondre à nos questions.» Elle remarque aussi que ses professeurs vont plus facilement s’accommoder aux réalités de chacun en ligne qu’en présentiel.  

En plus, cet hiver, Adeline a une session intensive, qui se terminera le 28 février, avant de commencer un stage dans une école. Elle ne voit donc pas le but de revenir en présentiel après un mois à la maison. Au-delà des bénéfices, le risque serait trop grand de compromettre son stage si elle contracte la COVID-19. 

Immigrante et maman monoparentale   

Tiffany Mirzica, une mère monoparentale, affirme que l’école en ligne facilite sa vie. Comme elle est venue de France pour étudier ici, elle doit terminer son DEC au cégep de Saint-Hyacinthe en 2 ans maximum, pour s’éviter «une vraie galère d’immigration».  

«Je joue ma vie et mon avenir ici, pas seulement un échec scolaire», s’inquiète-t-elle.  

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Depuis le début de la pandémie, elle a dû s’absenter à quelques reprises lorsque ses enfants, qui sont présentement en sixième année du primaire et première année du secondaire, avaient des symptômes. «Pendant ce temps, je ne suis pas mes cours ou je prends du retard», souligne-t-elle.  

Dans le contexte de la COVID-19, l’enseignement en ligne lui permet plus de flexibilité pour s’occuper de ses enfants et suivre ses cours. 

«Les enseignants n’en ont pour la plupart rien à faire qu’on ait des réalités de parents ou que nous ayons des symptômes», remarque l’étudiante de 34 ans.  

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Tiffany trouve que la session dernière, qui était en présentiel, a été «extrêmement intense». «Je n’ai que trois [professeurs] qui ont pris en considération que nos deux premières sessions ont été dures et qu’on ne pouvait pas tout simplement reprendre le rythme intense de nos cours.» 

Avec toute l’incertitude autour de la session d’hiver, Tiffany se demande comment elle va réussir sa session. Même si le retour en présentiel est prévu au 31 janvier au Cégep de Saint-Hyacinthe, Tiffany est préoccupée. 

«Pourquoi ne pas simplifier et nous aider un peu en laissant les cours à distance?», se demande-t-elle. La cégepienne pense que ça éviterait de devoir s’adapter en cours de session.  

Une meilleure conciliation travail-études     

Jordane Breton Ventura doit travailler 35 heures par semaine pour payer son université, son appartement et sa voiture, tout ça en faisant son baccalauréat en littérature à l'Université Laval. Les cours à distance lui permettent de remanier son horaire pour arriver à tout faire rentrer. «C’est la flexibilité que m’apporte cette formule qui m’avantage le plus», souligne Jordane Breton Ventura.  

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Elle est consciente d'avoir la chance d’être inscrite dans un bac qui se fait bien à distance. L’activité d’enseignement principale est la lecture et les cours ne sollicitent généralement pas la participation des étudiants, explique-t-elle. Quand c’est le cas, les outils technologiques permettent facilement de le faire.  

«Ce style d’apprentissage me motive bien plus qu’un exposé magistral de 3 heures duquel on s’attend à ce que j’en retiennes la majeur partie», ajoute-t-elle. L’étudiante de 25 ans remarque que c'est difficile pour elle de garder sa concentration et retenir les informations essentielles devant un PowerPoint et un «long discours».  

Son éducation est elle aussi bonifiée. «Les profs nous accordent plus de temps pour répondre à nos questions» Elle remarque aussi que ses professeurs vont plus facilement s’accommoder aux réalités de chacun en ligne qu’en présentiel.  

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Plus facile pour les personnes handicapées    

Après avoir expérimenté l’enseignement en ligne au début de la pandémie, Frédéric, qui souffre de plusieurs problèmes de santé, a réalisé à quel point ce format était plus accommodant. L’étudiant de 41 ans vit notamment avec une fibromyalgie, une lombalgie chronique, de la fatigue chronique et de l’anxiété.  

L’enseignement à distance lui évite deux heures de transport en commun par jour, en plus de faciliter la gestion de ses symptômes. «J'ai des exercices de physio à faire plusieurs fois par jour pour gérer mes douleurs. C'est souvent compliqué de trouver un local approprié pour les faire lorsque je suis en présentiel.» 

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L’étudiant de 41 ans apprécie le fait d’avoir la possibilité de réécouter ses cours, qui sont enregistrés, afin d’aller à son rythme. «C’est beaucoup moins stressant», dit-il. «De plus, lorsque mes douleurs sont plus intenses, j'ai des difficultés à me concentrer. Je peux revoir la matière lorsque je me sens mieux», explique-t-il.  

Pour toutes ces raisons, Frédéric a décidé de quitter l’École de technologie supérieure (ÉTS), où il avait entamé un baccalauréat en génie logiciel à l’été 2020, pour s’inscrire au baccalauréat 100% en ligne de l’Université Laval à partir de Montréal.  

Suivre ses cours et rester en région    

Jasmine Léger se réjouit que le virage en ligne forcé par la pandémie lui ait permis de s’inscrire à temps plein dans un baccalauréat en musicologie. Avant, plusieurs cours n’étaient pas offerts à distance. Comme ce programme n’est pas offert dans les Laurentides, où elle habite, les circonstances sont donc idéales pour elle.  

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Et ce n’est pas le seul point positif qu’elle a constaté. «Depuis que je suis à distance, mes notes ont grimpé intensément», dit-elle. Elle peut davantage se concentrer lorsqu’elle assiste à un cours ou quand elle doit étudier. Le fait de ne pas avoir à planifier les lunchs et les déplacements allège aussi la charge mentale liée à ses études.  

Avant de se lancer dans les études musicales, Jasmine a complété un certificat en études féministes à l’UQAM qui l’obligeait à faire trois heures de voyagement par jour pour assister à ses cours. Maintenant, l’enseignement en ligne lui permet de concilier son travail à temps plein avec ses cours sans avoir à se soucier du transport.  

L’étudiante de 31 ans espère que l’Université Laval, où elle étudie actuellement, continuera d’offrir une variété de cours en ligne. Elle ne pourrait pas déménager à Québec pour compléter son baccalauréat.  

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Meilleure concentration avec son TDAH    

Lorsque Christina Tougas, qui vit avec un trouble de l’attention, suit ses cours en ligne, elle est beaucoup plus concentrée. «Avec mon TDAH, j'ai beaucoup de difficulté à rester concentrée en classe puisque qu'un simple crayon qui tombe par terre ou un oiseau qui passe près de la fenêtre suffit pour me faire perdre le fil du cours si ce dernier n'est pas captivant», constate-t-elle.  

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L’étudiante affirme que le virage en ligne a eu un impact positif sur ses résultats scolaires. «J'ai vu mes notes augmenter de 20% depuis que nous sommes passés à l'enseignement à distance et dès que nous sommes retournés en présentiel à l'automne 2021, mes notes ont rebaissé de 15% si on compare avec ma session d'hiver 2021». 

Elle aimerait que l’Université Laval puisse offrir l’ensemble des cours magistraux en comodal afin que les étudiants choisissent l’option qui leur est favorable.  

Comme elle a la possibilité de bouger ou de faire autre chose en même temps, elle remarque qu’elle est plus à l’écoute et productive dans ses études. Le temps qu’elle économise à se déplacer fait en sorte qu’elle a plus de temps pour étudier et dormir.  

«[Avec les cours enregistrés], je peux écouter mes cours à tout moment quand je suis à mon pic de productivité et donc avoir une étude beaucoup plus efficace.» 

Elle juge aussi que les travaux d’équipe sont plus faciles à organiser et que les évaluations sont moins stressantes.  

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