Le Congrès américain avance vers une loi imposant plus de compétition chez les géants du web | 24 heures
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Le Congrès américain avance vers une loi imposant plus de compétition chez les géants du web

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AFP

Empêcher les géants de la tech de favoriser sur leur plateforme leurs produits face à ceux de rivaux plus petits : une proposition de loi a passé une étape importante au Sénat américain jeudi, même si son adoption est encore loin d’être gagnée. 

De nombreux responsables politiques américains critiquent régulièrement les grandes entreprises de la Silicon Valley, pour leur manque de respect de la vie privée ou leur domination sur un secteur, mais républicains et démocrates ne parviennent en général pas à s’entendre sur un texte commun.

L’approbation, par la commission des lois du Sénat à 16 voix contre 6, de la proposition de loi baptisée «American Innovation and Choice Online Act» pourrait faire bouger les lignes.

Le texte prévoit par exemple d’interdire à Amazon de proposer ses propres produits avant ceux d’autres entreprises sur son site de vente en ligne.

Même s’il reste encore beaucoup d’obstacles avant que cette initiative puisse être adoptée, les géants de la tech se sont mobilisés pour empêcher toute avancée.

«J’ai passé environ 40 minutes au téléphone hier avec Tim Cook, le PDG d’Apple, qui a exprimé de vives inquiétudes concernant la proposition de loi», a ainsi déclaré le sénateur républicain Ted Cruz lors de la réunion de la commission, avant de voter en faveur de la législation.

Kent Walker, responsable juridique de la maison mère de Google, Alphabet, s’est aussi fendu d’un message posté sur internet titré : «Les conséquences néfastes des projets de loi anti-tech du Congrès».

Les critiques à l’encontre des grands de la tech ont repris de la vigueur l’an dernier après les révélations d’une lanceuse d’alerte sur les pratiques de Facebook, donnant un nouvel élan aux efforts de règlementation.

Les entreprises plus petites comme le site d’évaluation des commerces Yelp ou le moteur de recherche DuckDuckGo soutiennent ces initiatives.

«La capacité des entreprises technologiques dominantes à donner à leurs propres produits et services un placement, un accès et des données préférentiels sur les plateformes en ligne et les systèmes d’exploitation empêche les entreprises comme les nôtres d’être compétitives malgré leurs mérites», ont écrit dans une lettre adressée aux élus une trentaine de sociétés.

La proposition de loi doit toutefois être adoptée par l’ensemble du Sénat et la Chambre des représentants alors que la majorité démocrate y est de plus en plus fragile et que s’approchent les élections de mi-mandat, en novembre.

Pour Amy Klobuchar, ancienne candidate à la primaire démocrate et à l’origine du texte avec d’autres sénateurs, il est essentiel de prendre des mesures contre les géants de la tech.

«Ce dont on parle vraiment, c’est de monopole», a-t-elle dit lors de la réunion. «On ne peut plus les considérer comme des start-up lancées dans un garage.»