Voici pourquoi le zéro déchet n'est pas aussi écolo que ce que vous pensez | 24 heures
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Voici pourquoi le zéro déchet n'est pas aussi écolo que ce que vous pensez

Image principale de l'article La mode zéro déchet versus le mode de vie

La tendance zéro déchet s’est immiscée dans le quotidien de nombre de personnes depuis quelques années et c’est tant mieux pour la planète. Serait-il possible toutefois que son marketing nous pousse à consommer davantage, nous incitant alors... à produire plus de déchets?

En plus d’éviter qu’une grande quantité de plastique soit fabriqué puis détourné de l’enfouissement, la tendance zéro déchet nous amène à réfléchir à notre consommation et à prendre conscience de nos réels besoins. C’est la porte d’entrée vers la décroissance.

Ce qui me rend inconfortable toutefois, c’est quand le zéro déchet devient une industrie lucrative pour des entreprises qui n’ont comme seul objectif la croissance économique, au détriment des ressources de la Terre. 

Le mode de vie vs. la mode

Il y a le mode de vie zéro déchet, puis la mode zéro déchet. 

C’est différent.

Le mode de vie zéro déchet nous amène à diminuer nos possessions, à réutiliser ce que l’on a déjà et à trouver des moyens créatifs d’éviter l’achat de neuf. C’est un mode de vie auquel nous devrions tous essayer de tendre, avec les moyens que nous possédons.

La mode zéro déchet, quant à elle, se traduit par une esthétique et une vie pleine de privilèges. On la retrouve sur Instagram, où photos d’objets en bambou ou en coton bio récoltent millions de likes

Des entreprises comme Amazon proposent de nous livrer en 24 heures des kits zéro déchets, dans lesquels on retrouve des sacs de silicone et des essuie-tout lavables, en nous félicitant d’avoir fait notre part pour la planète. Pas que c’est une mauvaise idée de laver ses comptoirs avec essuie-tout réutilisables, mais peut-être que votre vieux t-shirt troué qui traîne au fond de votre garde-robe ferait un aussi bon travail?

Autrement dit, la mode zéro déchet nous incite à consommer, au lieu de réutiliser ce que l’on a déjà à la maison. 

D’autant plus que depuis que le capitalisme s’est faufilé dans la lutte aux changements climatiques, beaucoup de gens ont en tête que pour vivre une vie durable au look minimaliste, leur cuisine et leur salle de bain doivent être équipées d’éponges luffa et de récipients en céramique crème. Ce faisant, ils se débarrassent de leur brosse à vaisselle en plastique encore en bon état...et par le fait même, créent un nouveau déchet. 

Le plus triste, c’est que leurs nouveaux items ont souvent été fabriqués dans des conditions et avec des matériaux qui n’ont rien à voir avec le développement durable. En fait, il y a tout un volet dans l’industrie du zéro déchet qui n’est que greenwashing; c’est-à-dire que certaines entreprises nous font un lavage de cerveau en nous faisant croire que leurs produits sont respectueux des ressources de la planète alors que la réalité est toute autre. 

Changer notre relation aux objets

Quand je songe à un intérieur écolo, je pense au mode de vie zéro déchet. J’ai en tête des matériaux 100% seconde main, des items autrefois brisés maintenant réparés, des éponges faites de vieux bas et du millet entreposé dans un ancien pot de sauce tomate. Et si on s’inspirait de cette époque lointaine où 

chaque ressource disponible était utilisée à son plein potentiel?

Certes, avoir le temps et l’espace mental pour fabriquer un sac à légumes avec un vieux pantalon ou même pour trouver l’épicerie en vrac la plus proche n’est pas donné à tous. L’important n’est toutefois jamais de viser la perfection, simplement de modifier sa relation aux objets du quotidien, tout en respectant nos limites. La première étape est de réaliser qu’un objet ne deviendra jamais un déchet si on prend le temps de le récupérer adéquatement!