«Ce n’est pas notre anxiété qui fait peur, c’est la réalité» | 24 heures
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«Ce n’est pas notre anxiété qui fait peur, c’est la réalité»

Image principale de l'article «C'est tellement concret que ça me fait peur»
Dominick Gravel/Agence QMI

Dans le dernier roman de Sarah-Maude Beauchesne, Au lac d’Amour, la narratrice de 20 ans est habitée par une forme d’écoanxiété. On en a discuté avec l’auteure et scénariste qui confie, elle aussi, vivre beaucoup d’angoisse en raison de la crise climatique, mais qui définit cette angoisse comme de l’«écoréalisme».

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Sarah-Maude Beauchesne a toujours été transparente en ce qui concerne son écoanxiété. La crise climatique et les grands événements météorologiques comme les feux de forêt en Australie sont pour elle source d’angoisse. «Ça peut être à la fois paralysant et surréaliste, explique-t-elle. La fonte des glaciers, les inondations ou tout ce qui est en lien avec la force de la nature en détresse qui se rebelle, c'est tellement concret que ça me fait peur.»

Elle explique avoir de la difficulté à rêver à des projets à plus long terme, ne sachant pas dans quel monde nous vivrons dans 10 ou 15 ans. «Toutefois, je ne pense pas à ça tout le temps, nuance-t-elle. Je suis privilégiée et très chanceuse, mais il y a souvent des grosses prises de conscience qui me ramènent à l'anxiété.» 

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Le terme «écoréalisme» l’interpelle, puisqu’il décrit bien ce qu'elle ressent. De plus, c’est un mot plus positif et rassembleur pour notre société actuelle. «Les jeunes générations vont souvent être étiquetées écoanxieuses, mais on a toutes les raisons du monde de l’être! C’est un mal de société généralisé. Il faut comprendre que ce n’est pas notre anxiété qui fait peur, c’est la réalité.» Dans son dernier roman, Au lac d’Amour, la nature est très précieuse et la narratrice de 20 ans est habitée par une forme d’écoanxiété. 

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Une question d’habitudes  

Afin de contrer son anxiété, Sarah-Maude Beauchesne est soucieuse de l’environnement et favorise l’écoresponsabilité. Sans être totalement stricte, elle prend des mesures dans son quotidien et réfléchit beaucoup plus lorsqu'elle fait des achats. «J’essaie d’être exigeante dans mes habitudes de vie, dit-elle. Je fais de mon mieux et j’essaie de m’améliorer. Je me pose souvent la question: est-ce que je peux acheter un même produit pour un minimum de trajets en transport?» 

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L’auteure, qui travaille actuellement sur l’adaptation cinématographique de son premier roman, Cœur de slush, achète des produits locaux le plus possible et tente de s’éloigner de la «fast-fashion». Elle prévoit l’achat d’une voiture électrique, tente d'utiliser moins d’électricité et prend des douches plus courtes. 

Elle a aussi choisi d'utiliser la coupe menstruelle au lieu de tampons et de serviettes hygiéniques. «Je suis consciente que ce n’est pas évident d’intégrer ça dans sa vie quand on est plus jeune, puisque l’utilisation n’est pas si facile. Toutefois, ça apaise l’anxiété par rapport aux déchets.»

Les romans de Sarah-Maude s’adressent aux adolescents et aux jeunes adultes. Elle est d’avis que les livres représentent un bel espace pour semer des idées à propos des changements climatiques. «J'ai une belle-fille de 9 ans. Quand je la vois lire, je trouve ça tellement important que les jeunes aient l’opportunité d’être sensibilisés à un jeune âge à ces questions-là. Je trouve ça beau de constater qu’elle ne peut pas concevoir utiliser un sac en plastique et que le compostage est un geste quotidien.»

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