[LISTE] Les événements climatiques les plus extrêmes de 2022 | 24 heures
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[LISTE] Les événements climatiques les plus extrêmes de 2022

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L’année 2022 est à peine entamée que, déjà, les événements climatiques extrêmes font des ravages à travers le monde. Au cours des prochaines années, ils seront de plus en plus fréquents et intenses, selon les experts. Chaque semaine, le 24 heures met à jour cette liste qui les répertorie à travers le monde.

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Janvier

Feu de forêt à Big Sur, en Californie 

En janvier, l’iconique région de Big Sur, en Californie, souvent en vedette à l’écran, notamment dans la série Big Little Lies de Jean-Marc Vallée, a été aux prises avec un feu de forêt d’une ampleur inhabituelle à cette période de l’année.  

L'enquête a révélé que le brasier était d'origine humaine, des braises sur une proprité privée ayant été emportées par le vent ont enflammé la végétation avoisinnante. Mais le sécheresse a fortement contribué à l'ampleur et à la durée du brasier qui a finalement été maîtrisé au début du mois de février.

Cette sécheresse qui afflige l'Ouest américain depuis 20 ans est la pire en 1200 ans, a conclu une récente étude menée par l'Université de Californie. 

Tempêtes de neige en Turquie et en Grèce 

La Turquie et la Grèce ont été recouvertes de neige durant la dernière semaine de janvier lors d’une vague de froid inhabituelle pour cette région, entraînant l’évacuation de milliers de personnes. Certains villages ont reçu jusqu’à trois mètres de neige en quelques jours et des maisons ont été complètement ensevelies.  

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En Turquie, un entrepôt de l’aéroport d’Istanbul s’est effondré, paralysant le trafic aérien. 

En Grèce, la ville d’Athènes et les îles Mykonos et Santorini, notamment, ont été recouvertes de neige. Les services publics et privés ont été fermés à cause de l’impraticabilité des routes.  

Inondations et glissements de terrain à Madagascar 

Deux tempêtes tropicales ont engendré des inondations et des glissements de terrain qui ont tué au moins 34 personnes à Madagascar au mois de janvier.

La majorité des victimes sont mortes à cause de maisons qui se sont effondrées, entraînées par les glissements de terrain, dans la capitale Antananarivo.  

Plus de 62 000 personnes auraient été touchées; plus de 6800 maisons ont été ensevelies et plus de 35 000 personnes ont dû se réfugier. 

Dans le sud du pays, plus d’un million de personnes font face à une famine sévère à cause de la sécheresse de l’été. Le World Food Program a récemment souligné qu’il pourrait s’agir de la première famine qui soit causée par les changements climatiques. 

Vague de chaleur dans l'hémisphère Sud 

L’hémisphère Sud a fait face à une vague de chaleur extrême à la mi-janvier, des records de température ayant été battus dans plusieurs villes en Australie et en Amérique du Sud. 

Dans la ville d’Onslow, en Australie, le mercure a atteint 50,7 °C le 13 janvier dernier, accotant le dernier record de température pour l’hémisphère Sud, établi en 1960. Trois autres stations australiennes ont enregistré des températures excédant les 50 °C cette même journée. 

L’Amérique du Sud a également été affligée par cette vague de chaleur, enregistrant des records dans des stations de l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil.  

C'est la deuxième vague de chaleur à frapper l’Amérique du Sud cette année. Le 1er janvier dernier, le Paraguay avait enregistré un record de 45,6 °C à Sombrero Hovy. 

Cette vague de chaleur est particulièrement inquiétante, puisqu’une grande portion de la culture de grains mondiale se fait en Argentine, note le Yale Climate Connection, un média du Center for Environmental Communication de la Yale University. 

Février

Glissements de terrain au Brésil

Au moins 136 personnes sont décédées dans un glissement de terrain survenu à Petropolis, au Brésil, le 15 février. Durant cette seule journée, la ville avait reçu plus de pluie que durant tout le mois de février, un record qui ne s'était pas vu depuis 1932. 

Surnommée la Ville impériale, cette destination prisée des touristes avait l'air d'une zone de guerre après le sinistre, selon le président du payx Jair Bolsanaro. 

Le Brésil a été affigé de fortes pluies durant tout le mois de janvier, ce qui a causé plusieurs inondations et glissements de terrain à travers le pays depuis le début de l'année.

Les fortes pluies sont communes à ce temps-ci de l'année dnas l'hémisphère sud, mais leur intensité et leur fréquence semblent augmenter, notent les experts.

«Ce sont des extrêmes qui surviennent de façon très rapprochée», a souligné à Al Jazeera le coordonnateur du Centre national de surveillance et d'alerte précoce des désatres naturels, Marcelo Seluchi.

Inondations historiques en Australie

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Après la vague de chaleur du début d'année et les feux de forêt de 2019 et 2020, l'Australie est maintenant affligée par des inondations historiques. Au moins 21 personnes sont mortes au cours des deux dernières semaines et des milliers de maisons ont été ravagées par une «bombe de pluie» qui a causé de terribles inondations dans les régions de New South Wales et Queensland.

L'eau est montée tellement vite que des résidents ont dû se réfugier sur le toit de leur maison en attendant les secours.

Au même moment, le Groupe d'expert intergouvernemental sur l'évolution du climat publiait son rapport, mentionnant que les inondations et fortes pluies seront de plus en plus communes et intenses au cours des prochaines années. 

«Il devient difficile de vivre en Australie à cause de ces désastres», a lancé le Premier ministre Scott Morrison lors d'une visite de la ville de Lismore la semaine dernière.

«Nous faisons face à un climat différent de ce que nous avons connu par le passé. Je crois que c'est un fait évident», a-t-il ajouté.

La reconstruction en Australie prendra des années.

Feux en Argentine

Des feux de forêt ont ravagé le nord de l'Argentine, au mois de février, brûlant plus de 8000 km carrés, dont une partie du Ibera National Park, une zone humide importante de la région. La province de Corrientes, qui est affligée par une sécheresse et une vague de chaleur depuis le début de l'année a été fortement touchée. Près de 9% de son territoire a été brûlé par les quelques 15 feux de forêt. 

Dans plantations complètes ont été détruites dans cette région qui vit principalement de l'agriculture.

Les dommages environnementaux seront «incalculables», ont laissé savoir des experts au Buenos Aires Times. 

Des images d'animaux morts ou tentant de fuir le brasier ont fait le tour du web.

Mars

Feux en Floride

Plus d'une douzaine de feux de forêt étaient actifs au début du mois de mars dans la Panhandle de Floride. Les trois plus gros d'entre eux, situés près de Panama City, avaient consumé près de 137 km carrés ce week-end. Ils sont maintenant majoritairement contrôlés. 

L'ouragan Michael, qui s'est abattu sur cette même région de la Floride en 2018, aurait fortement contribué aux brasiers, selon le Service des forêts de Floride. La tempête de catégorie 5 avait laissé derrière elle une importante quantité d'arbres déracinés et de végétation qui ont servi de combustible aux incendies. 

Cyclone au Mozambique

Le cyclone tropical Gombe a balayé les régions du nord et du centre du Mozambique le 11 mars, en Afrique de l'Est, inondant des villes et détruisant les infrastructures. 

Au moins 53 personnes ont perdu la vie dans la tempête, et 80 autres ont été blessées. 

Des dizaines de milliers de maisons ont également été rasées, selon l'Institut national de gestion des catastrophes (INGC), qui estime que 400 000 personnes ont été touchées par le cyclone au pays. 

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Avec les changements climatiques, les évènements extrêmes se multiplient et deviennent toujours plus puissants. Les cyclones tropicaux n’y dérogent pas et deviennent toujours plus destructeurs.

Le Mozambique avait déjà été durement frappé en janvier par la tempête tropicale Ana qui a fait une centaine de morts. 

Chaleur record en Arctique et Antarctique

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À la mi-mars, certaines régions du pôle Nord et du pôle Sud ont connu simultanément une vague de chaleur sans précédent. Certaines régions ont atteint des températures de 40 °C et 30 °C au-dessus des normales. 

La situation inquiète les scientifiques, surtout dans l’est de l’Antarctique – la région la plus froide au monde – où l'on a enregistré une température de -12,5 °C, un record absolu, soit plus de 40 °C au-dessus de la normale. 

Si les pôles connaissent parfois des extrêmes de température, l’élément exceptionnel réside ici dans le fait que ces deux vagues de chaleur soient survenues en même temps.

«C’est le genre de signal d’alarme qu’on anticipait des changements climatiques. Et quand ça se produit, c’est un peu pour nous rappeler à l’ordre. C’est une chose si ça n’arrive qu’une seule fois, mais, si ça se répète, ça peut amener des changements fondamentaux», soutient la responsable de groupe Simulations et analyses climatiques chez Ouranos, Dominique Paquin. 

Les conséquences d’un tel événement, s'il se multiplie, peuvent en effet être «désastreuses» pour le reste de la planète, indique à son tour Philippe Gachon, professeur à l’UQAM et chercheur au Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale (ESCER). 

Parmi celles-ci, le relâchement du méthane, un gaz à effet de serre (GES), contenu dans le sol continental gelé. 

La fonte des glaciers pourrait quant à elle débalancer la circulation atmosphérique. Et les perturbations qui en découleraient provoqueraient des vagues de chaleur, des sécheresse et des excès de précipitations, des feux de forêt, en plus de menacer la biodiversité. 

Avril

Glissements de terrain aux Philippines

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La tempête tropicale Megi, qui a frappé les côtes est et nord des Philippines le 10 avril, a provoqué des glissements de terrain et des inondations. Plus de 123 décès ont été confirmés. 

La ville de Baybay, dans la province centrale de Leyte, a été la plus durement touchée. Les glissements de terrain ont enseveli une communauté isolée. Selon les autorités locales, 86 personnes y sont mortes. 

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La ville voisine d'Abuyog a également été touchée par un glissement de terrain. Les autorités ont déclaré que près de 80% d'un village avaient été détruits. Trente et un décès ont été confirmés.

Les 20% de maisons restantes le long de la côte ont ensuite été submergés par une onde de tempête. «C'était une vague énorme», a déclaré le maire d'Abuyog, Lemuel Gin Traya.

Au total, neuf régions et quelque 139 000 personnes de la côte orientale des Philippines ont été touchées, a indiqué l'agence de secours aux sinistrés de Manille. 

Les Philippines se trouvent sur la ceinture des typhons et subissent environ 20 tempêtes par an, parfois dévastatrices. 

Inondations en Afrique du Sud

À la mi-avril, l’Afrique du Sud était frappé par «les pires inondations» de son histoire, selon la ministre chargée de la gestion des catastrophes, Nkosazana Dlamini-Zuma. Le pays avait déclaré l’état d’urgence dans la région de Durban.

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Elles ont tué plus de 440 personnes et fait des dizaines de disparus. Plusieurs manquent toujours à l'appel deux mois après la catastrophe. 

Près de 4000 maisons ont été rasées, et plus de 13 500 ont été endommagées. Des habitants ont été privés d’eau potable: 80% du réseau de la ville a été touché. 

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Les pluies torrentielles du mois d’avril, attribuées à des conditions météorologiques extrêmes dues au changement climatique par le gouvernement, ont pris par surprise ce pays traditionnellement épargné par les tempêtes qui frappent régulièrement ses voisins, comme le Mozambique. 

Le 11 avril, des précipitations de plus de 300 mm étaient tombées en 24 heures sur la province sud-africaine de KwaZulu-Natal. 

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Cette quantité de pluie correspond à près de 75% des précipitations annuelles moyennes de l'Afrique du Sud. Elle aurait entraîné des inondations, peu importe, selon les experts interrogés par la BBC. 

Des centaines de millions de dollars seront nécessaires pour réparer les dommages. Une première estimation pour la restauration des infrastructures routières seulement est chiffrée à près de 482 M$.

Mai

Un dérécho frappe le Québec et l'Ontario

Un «derecho» meurtrier a frappé l’Ontario ainsi que l’ouest du Québec le 21 mai, un phénomène météorologique rarement observé dans la province et qui n’arrive qu’au printemps. 

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On associe ce genre de tempête à «une ligne d’orages très puissante qui prend forme dans le Midwest américain», explique Antoine Petit, météorologue chez Environnement et Changement climatique Canada. 

Longue de 1500 km, la tempête, qui a fait 9 morts sur son passage, dont un au Québec, était accompagnée de vents atteignant les 130 km/h, selon les informations diffusées par Météo Média. Au Québec, Environnement et Changement climatique Canada a enregistré un pic de rafales de 128 km/h. 

Des vents aussi forts ne sont évidemment pas sans conséquences. Des avertissements de tornades ont été émis un peu partout dans la province, et des pluies de gros grêlons ont été observées. Des arbres sont tombés et du mobilier est parti au vent.  

Dans les environs de Gatineau, un couple qui naviguait sur la rivière des Outaouais a été surpris par l’orage. Leur embarcation a chaviré et la femme de 51 ans a péri des suites de l'accidents. 

Juin

Feux dans le sud-ouest des États-Unis

La saison des feux de forêt s'annonce encore une fois dévastatrice. Des températures caniculaires et une sécheresse extrême ont favorisé la propagation rapide de plusieurs incendies de forêt, qui ont éclaté les 11 et juin. Des zones de la Californie et de l'Arizona ont dû être évacuées. 

Ces incendies font partie des dizaines qui se sont déclarés dans le sud-ouest des États-Unis depuis le début de l'été, dont un féroce au Nouveau-Mexique qui est devenu le pire de l'histoire de l'État. 

Les autorités affirment qu'il s'agit d'un signe avant-coureur de ce qui s'annonce comme une autre année «intense» en matière d'incendies, peut-on lire dans The Guardian

Environ 60% de la Californie est classée dans la catégorie «sécheresse extrême» par le moniteur de sécheresse américain. Les niveaux d'humidité de la végétation à travers l'État sont dangereusement bas. 

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Les autorités ont déclaré que les conditions sont 40% plus sèches qu'elles ne l'étaient à la même période en 2016 — l'une des années les plus sèches jamais enregistrées dans la région. 

La crise climatique, qui fait grimper les températures et accélère la sécheresse, a allongé la saison des incendies et rend les brasiers plus difficiles à combattre. 

Chaleur extrême en France et en Espagne 

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Un deuxième épisode de chaleur extrême s'est abattu sur l'Espagne et le sud de la France depuis le début de l'année, avec des températures atteignant des sommets qui ne sont normalement enregistrés qu'en juillet ou en août. 

Les températures ont dépassé les 40°C à plusieurs endroits au pays. 

AFP

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En Espagne, les températures du début du mois de juin ont été les plus chaudes enregistrées depuis au moins 20 ans, allant de 40°C à Séville, à 43°C dans d'autres régions du sud du pays. 

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Avec le réchauffement climatique, l'été espagnol commence désormais entre 20 et 40 jours plus tôt qu'il y a 50 ans. L'année dernière a été la plus chaude et la plus sèche jamais enregistrée en Espagne, avec des températures atteignant le record absolu de 47,4 °C dans la province de Cordoue. 

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Cet épisode caniculaire dans les deux pays font suite au mois de mai le plus chaud jamais enregistré en France et en Espagne. La France a enregistré des températures dépassant 38°C dans certaines parties du pays, soit environ 17°C de plus que la moyenne saisonnière. 

Inondations au parc de Yellowstone

Des communautés limitrophes et des touristes du parc américain de Yellowstone ont été pris au piège après que des inondations sans précédent à la mi-juin ont emporté des routes et des ponts au Montana et au Wyoming, en plus d’entraîner la fermeture de tous les points d’accès au parc. 

Ces événements ont entraîné la fermeture du parc pour la première fois en 34 ans. 

AFP

Les inondations sont survenues après des pluies diluviennes combinées à une fonte rapide du manteau neigeux, tout juste au moment où la saison touristique estivale s’enclenchait. 

De multiples structures, dont des maisons, ont été détruites. Les intempéries ont emporté des ponts, provoqué des coulées de boue et nécessité des évacuations par bateau et par hélicoptère. 

Les inondations ont bloqué l’accès terrestre à Gardiner, dans le Montana, une ville d’environ 900 personnes là où se rencontrent les rivières Yellowstone et Gardner. Cooke City a aussi été coupée du monde par les inondations, et des citoyens de Livingston ont dû être évacués.

AFP

Glissement de terrain à Saguenay

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Le soir du 13 juin, une maison perchée en haut d’un talus de l’arrondissement La Baie, à Saguenay, a été emportée par un important glissement de terrain. Les fortes pluies qui se sont abattues sur le secteur dans les jours précédents auraient servi d’élément déclencheur. 

Pierre-Paul Biron / Le Journal de Quebec

Le glissement n’a fait aucune victime. Une soixantaine de résidences ont toutefois été évacuées de manière préventive, les autorités craignant qu’un autre glissement, potentiellement plus important, ne survienne. 

Cinq maisons se trouvant dans le secteur devront être détruites et la majorité des 200 sinistrés pourront regagner leur maison d’ici «deux à quatre mois», a annoncé le premier ministre, François Legault. 

ROGER GAGNON / AGENCE QMI

Les glissements de terrain surviennent généralement après plusieurs petits mouvements de sol imperceptibles, auxquels s’ajoute un élément déclencheur, parfois d’ordre climatique, comme des pluies diluviennes. 

Avec la multiplication des événements météorologiques extrêmes, les glissements de terrain risquent donc d’être de plus en plus fréquents.