Drapeaux antivaccins et désinformation: Amazon peut-il vendre n’importe quoi? | 24 heures
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Drapeaux antivaccins et désinformation: Amazon peut-il vendre n’importe quoi?

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AFP

Pour un manifestant qui prend part aux manifestations contre les mesures sanitaires à Ottawa et à Québec, il n’y a rien de plus simple que de se procurer un drapeau antivaccin. En quelques clics, il est possible de s’en commander un sur Amazon.

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Des drapeaux, des autocollants ou encore des chandails: une simple recherche sur Amazon permet d'acheter une multitude de ces produits. Ça va du drapeau «Jesus is my vaccine» (Jésus est mon vaccin), à l’un des préférés des camionneurs qui ont pris part au «Convoi de la liberté»: le fameux «F*ck Trudeau». 

Une panoplie de produits sont offerts lorsque l'on cherche «F*ck Trudeau» sur Amazon.

Capture d'écran du site Amazon

Une panoplie de produits sont offerts lorsque l'on cherche «F*ck Trudeau» sur Amazon.

Voici les premiers résultats qui apparaissent lorsque l'on inscrit «antivax flag» dans le moteur de recherche d'Amazon.

Capture d'écran du site Amazon

Voici les premiers résultats qui apparaissent lorsque l'on inscrit «antivax flag» dans le moteur de recherche d'Amazon.

Mais une question s’impose: Amazon peut-il vendre n’importe quoi? Est-ce qu’il lui est interdit de vendre des produits qui contribuent à la désinformation, comme un drapeau qui prétend que la foi peut se substituer au vaccin pour se protéger contre la COVID-19? 

Joël Lemay / Agence QMI

«Le seul fait de vendre des drapeaux, des collants, des pancartes avec des slogans antivaccins ou anti-Trudeau, ce n’est pas en soi illégal», affirme Pierre Trudel, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. 

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«Quelqu'un peut exprimer un point de vue et ça ne devient pas illégal, même si c’est contraire à la rigueur scientifique», poursuit-il.  

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Attention à la propagande haineuse  

La vente d’un tel objet peut devenir illégale lorsque ce dernier contribue à faire de la propagande haineuse. On pourrait penser, par exemple, à «un drapeau qui inciterait expressément à tuer des gens en fonction de leur race ou de leur origine», explique M. Trudel.  

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Tenir un drapeau nazi, comme certains manifestants à Ottawa le week-end dernier, ne représente toutefois pas une infraction en vertu de la loi canadienne.  

Amazon représente par ailleurs un cas particulier, précise le professeur. La compagnie vend non seulement ses propres produits, mais aussi ceux d’autres personnes ou entreprises. Amazon n’est responsable que de ses produits et n’a pas à surveiller ce qui se vend sur sa plateforme. 

Par contre, si la vente d’un produit qui serait illégal ou dangereux est signalée à Amazon, la compagnie a la responsabilité d’agir.  

Amazon a une responsabilité sociale   

Au-delà de la loi, «une entreprise de cette dimension a certainement une responsabilité sociale», soutient néanmoins Pierre Trudel.  

«Beaucoup de gens peuvent estimer qu’une entreprise a une responsabilité sociale, c’est-à-dire la responsabilité d’encourager les bons comportements plutôt que de mettre à disposition des clients éventuels des objets qui pourraient encourager des mauvais comportements.» 

Si la loi ne peut pas empêcher Amazon de permettre la vente de produits antivaccins sur son site, la pression sociale, quant à elle, pourrait pousser l’entreprise à agir, avance le spécialiste du commerce électronique. 

«Des individus ou des entreprises peuvent décider de boycotter Amazon s’ils estiment que l'entreprise fait preuve d’irresponsabilité sociale», insiste-t-il.  

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