Nous finançons la crise climatique, mais ça peut changer | 24 heures
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Nous finançons la crise climatique, mais ça peut changer

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Banques, investisseurs privés, fonds de pensions, gouvernements, institutions d’éducation... l’industrie des énergies fossiles reçoit des investissements de toutes parts pour mener ses activités. Mais l’acceptabilité sociale s’effrite, avec raison.

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On le sait, les industries du charbon, du pétrole et du gaz sont responsables en grande partie de la crise climatique. Et alors que le message des scientifiques du climat est clair : les énergies fossiles doivent rester dans le sol si on désire rester sous un certain degré de réchauffement vivable (ce que l’on désire), et bien elles, continuent de vouloir croître, évidemment.

Ça suffit 

Sauf que depuis une dizaine d’années, un mouvement mondial de désinvestissement des combustibles fossiles prend de l’ampleur. Il a émergé sur des campus universitaires aux États-Unis, s’est rapidement étendu partout à travers la planète, et exige que toutes les entreprises, banques, institutions et gouvernements cessent immédiatement leurs subventions et investissements dans l'exploration et l'extraction des combustibles fossiles. À l’heure actuelle, les institutions mondiales se sont engagées à désinvestir 40 trilliards de dollars américains d’actifs des combustibles fossiles (plus que le PIB annuel des États-Unis et de la Chine réunis). Du côté des universités québécoises, l’Université Laval, l’UQAM et Concordia ont toutes les trois annoncé qu’elles allaient désinvestir. Un comité de désinvestissement s’est récemment reformé à l’UdeM pour faire bouger l’université qui fait la sourde oreille depuis plusieurs années.

Banques plus noires que vertes 

Si cette pression exercée par le mouvement a une influence sur le secteur énergétique (difficultés pour les entreprises fossiles de lever des fonds), certaines banques canadiennes continuent d’accroître leurs financements au pétrole et au gaz, par le biais de l’argent de leurs membres. Un rapport du Canadian Centre for Policy Alternatives de 2021 a montré que les 6 plus grosses banques canadiennes (Banque Royale du Canada, Banque Toronto-Dominion, Banque Scotia, Banque de Montréal, Banque Canadienne Impériale de Commerce et Banque Nationale du Canada) ont augmenté leurs prêts et leurs engagements envers l'industrie des combustibles fossiles de plus de 50 %, à 137 milliards de dollars entre 2014 et 2020.

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Alternatives responsables 

Il est possible, même si les alternatives ne sont pas nombreuses, d’encourager une transition écologique porteuse de justice sociale par de l’investissement, non seulement vers les énergies renouvelables, mais également dans des services comme les soins de santé aux enfants et aux personnes âgées. Au Québec, la Caisse d’économie solidaire Desjardins est celle qui se démarque le plus d’un point de vue social et investissements responsables. La pression collective exercée sur nos institutions doit se poursuivre, afin de leur faire définitivement comprendre que d’utiliser notre argent pour financer la crise climatique, ça n’est plus acceptable.

Posons des questions, exigeons des réponses et des changements.


 

  • Pour en savoir plus sur les alternatives responsables au système actuel, écoutez l’épisode sur l’investissement responsable du balado Après la pause de CHOQ.ca. 

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