De la descente aux enfers des drogues au monde du fitness | 24 heures
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De la descente aux enfers des drogues au monde du fitness

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Photomontage: Julie Verville

Lorsqu’elle était petite, Alie Bragz ne croyait pas un jour devenir une femme d’affaires. Sa dépendance aux drogues et à l’alcool ne laissait pas présager la construction d’un centre de santé en République Dominicaine, en plein cœur de la pandémie.

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Aujourd’hui, Alie Bragz accueille des personnes de partout dans le monde qui souhaitent vivre une retraite de remise en forme à l’Unique Jungle Gym, situé à Samaná. Or, pour en arriver là, elle s’est braquée à un parcours parsemé d’embûches.  

«Tout a commencé lorsque j’ai voulu me sortir de l’enfer des drogues et que je me suis intéressée au monde du fitness, confie la jeune femme de 28 ans au 24 heures. C’était un monde avec lequel j’étais familière parce que mon frère est bodybuilder.»  

Ce parcours est rapidement devenu malsain. Alors qu’elle est concentrée à se préparer pour ses compétitions de bikini, elle arrête complètement de parler à ses amis.  

«Après les compétitions, je reprenais du poids et je replongeais dans la drogue et l’alcool. Je consommais tous les jours pour passer à travers mes journées», confie-t-elle.  

Et pour comble, Alie développe des troubles alimentaires durant ses compétitions de fitness.  

«C’est un problème dont on ne parle très peu, mais qui est très présent dans ce milieu», révèle-t-elle.  

De la désintox aux études  

Puis, la gourou du fitness laisse tomber les compétitions, qui deviennent trop toxiques, et retourne sur les bancs d’école.  

«Je suis allée en désintox vers l’âge de 20 ans. J’ai fait plusieurs rechutes. Je gardais vraiment ça pour moi. Les gens ne le savaient pas. J’ai consulté un psychologue», dévoile-t-elle.  

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Ce sont des études universitaires en kinésiologie et en naturopathie qui conduisent la jeune femme suivie par 46 000 abonnées sur Instagram à développer une approche plus globale sur la santé.   

Durant ses études, elle poursuit sa passion en aidant les gens à se remettre en forme comme entraîneuse sportive, tout en occupant un emploi de concierge dans un hôpital psychiatrique.  

Entrepreneure malgré elle  

Le succès est au rendez-vous: l’ancienne compétitrice de bikini fitness est si occupée qu’elle démissionne de son emploi à l’hôpital pour se consacrer uniquement à ses clients.  

C’est à ce moment que l’entrepreneuriat devient une avenue envisageable.  

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«Je ne pouvais plus accepter de clients et j’ai décidé de tout mettre en ligne avec ma plateforme Thinkifit», se souvient-elle.  

Coup du destin: l’inauguration de sa plateforme en février 2020 tombe juste au moment où la pandémie de la COVID-19 paralyse le monde et l’engouement des internautes est au rendez-vous.  

Un rêve devenu réalité  

Entre temps, la cheffe d’entreprise déménage sous le soleil des Caraïbes avec l’idée d’y construire son propre gym.  

«Mon jungle gym en République Dominicaine est un programme de remise en forme, d’hygiène de vie et de nutrition. C’est aussi de l’écotourisme, car, il y a une immersion dans la jungle de Samaná», explique-t-elle.  

«Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’habiter au soleil et là je passe mes journées à l’air conditionné à travailler», s’exclame-t-elle.  

Cet hiver, dans son écolodge et son Unique Jungle Gym, plusieurs voyageurs rejoindront son programme d’une semaine Thinkifit Retraite, où les prix varient entre 2200$ et 3000$.  

«Tout le monde m’avait dit que j’allais me planter et pourtant... Croyez en vos rêves, car c’est ce qui va vous stimuler tout au long de votre vie», conclut-elle.  

Cet article fait partie de la série « Je n’aurais jamais pensé devenir entrepreneure, mais...» qui est consacrée à trois entrepreneures aux parcours rocambolesques et aux histoires uniques. Ces femmes d’affaires n’avaient ni expérience, ni d’études dans le monde de l’entrepreneuriat, mais réussissent grâce à leur passion.