Une annonce qui passe mal: un futur locataire obligé d’être surveillé par le propriétaire? | 24 heures
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Une annonce qui passe mal: un futur locataire obligé d’être surveillé par le propriétaire?

Image principale de l'article Un futur locataire obligé d’être surveillé?

L’annonce d’un logement à louer, qui oblige le locataire à vivre sous le regard de la caméra infrarouge d’un propriétaire, comme dans une téléréalité, a fait réagir plusieurs personnes cette semaine sur les réseaux sociaux. La publication est-elle véridique? Difficile d’y voir clair, mais tout porte à croire qu'il s'agit d'une mauvaise blague.

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Ces derniers jours, Anthony Villareal, un prétendu propriétaire de logements, a publié une annonce sur le groupe Facebook Spotted: Sorel-Tracy Section Logement et maison, pour la location d’un logement de deux chambres pour 705$ dans le centre-ville de Sorel-Tracy.  

Même si le prix du loyer est un peu plus élevé que la moyenne pour la région, ce n’est pas ce qui a fait réagir. Ce sont plutôt les quatre exigences du propriétaire énumérées dans l’annonce, qui a depuis été retirée par son créateur: 

«1. Accepter et signer le contrat de surveillance, qui inclut la visite deux fois par semaine du propriétaire entre lundi et vendredi, ou 

2. Accepter la caméra infrarouge pour savoir le nombre de personnes [qui habitent dans le logement] 

3. Aucune famille à problème de la région 

4. Aucun prestataire de l’aide sociale» 

Par ailleurs, répondant à la publication d’une personne qui cherchait un logement, Anthony Villareal lui a demandé si elle consommait et a exigé trois mois de loyer à l’avance, une pratique interdite au Québec. 

Contraire à la loi  

Si certaines des exigences sont, à tout le moins, problématiques, d’autres contreviennent à la loi. Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada (CPVP) stipule en effet sur son site internet que des problèmes de protection de la vie privée peuvent survenir, par exemple, lors du «recours à des caméras de surveillance». 

En ce qui concerne l’exclusion de locataires bénéficiant de l’aide sociale, la Charte des droits et libertés de la personne du Québec est claire: on ne peut refuser une personne en raison de sa condition sociale, par exemple son revenu. 

Un faux compte qui fait de mauvaises blagues ?     

Dans le groupe, le supposé propriétaire multiplie les commentaires parfois désobligeants envers les locataires. 

Commentaire d'Anthony Villareal sous la publication d'une personne se cherchant un logement

Capture d'écran Facebook

Commentaire d'Anthony Villareal sous la publication d'une personne se cherchant un logement

Commentaire d'Anthony Villareal sous la publication d'une personne se cherchant un logement

Capture d'écran Facebook

Commentaire d'Anthony Villareal sous la publication d'une personne se cherchant un logement

«Nous sommes propriétaires, mais ça frôle la psychose, votre affaire. Puis refuser des gens sur l’aide sociale, c’est vraiment triste, selon moi», a répondu Anouchka Raymond sous la publication d’Anthony Villareal. 

Appelé par le 24 heures à commenter la publication controversée, Anthony Villareal a répondu: «Ce sont mes logements et les méthodes que j’utilise pour avoir des bons locataires me regardent. Vous ne connaissez pas la réalité d’être propriétaire en 2022...» 

Mais difficile d’en savoir plus, car il existe peu de traces d’Anthony Villareal pour confirmer s’il est véritablement propriétaire de logements. Son nom ne figure pas dans un dossier du Tribunal administratif du logement (TAL) ou au registraire des entreprises du Québec. On ne trouve rien non plus lorsque l’on tape son nom sur un site de petites annonces où sont fréquemment affichés des logements à louer, comme Kijiji ou Marketplace.   

D'ailleurs, après quelques recherches, aucun «Anthony Villareal» n'est propriétaire, que ce soit à Sorel-Tracy ou même au Québec.

Cependant, après la publication de cet article, Anthony Villareal a publié une nouvelle annonce qui semblait tout aussi fausse dans un autre groupe de logement de Sorel-Tracy d'un 4 1/2 à 1250$. 

Or, le 24 heures a réussi à trouver le vrai propriétaire, Michel Bertrand, qui était choqué d'apprendre que les photos de son appartement à louer depuis quelques semaines ont été reprises à mauvais escient. D'ailleurs, il ne loue pas le logement à 1250$, mais bien à 700$. «C'est vraiment dangereux. Peut-être qu'il va arnaquer les gens avec ça», tonne le vrai propriétaire.  

Si vous voulez voir la vraie annnonce, c'est juste ici

Vous avez une histoire intéressante concernant le logement? Vous pouvez contacter notre journaliste à l'adresse courriel suivante: guillaume.cyr@quebecormedia.com

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-Avec Marie-Christine Trottier