Besoin d’un logement rapidement? Mission (quasi) impossible dans ces 3 villes | 24 heures
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Besoin d’un logement rapidement? Mission (quasi) impossible dans ces 3 villes

Image principale de l'article 3 villes où les logements abordables se font rares
Photomontage Julie Verville

Un seul logement à louer à Granby, moins d’une dizaine à Rimouski et à Drummondville... Ces trois villes du Québec ont si peu de logements libres qu’il est presque impossible de s'y trouver un nouveau chez-soi rapidement. Le 24 heures s’est lancé à la recherche d’un appartement pour mieux comprendre les embûches en cours de route.

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Ce ne sont pourtant pas de petits villages où les immeubles de logements pourraient être peu nombreux: ensemble, ces trois villes comptent environ 200 000 habitants, selon l’Institut de la statistique du Québec.

D’après le dernier rapport sur le logement en 2021 de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), ces municipalités présentent parmi les pires taux d’inoccupation de la province. Le taux d'inoccupation y est si faible qu’il est techniquement presque impossible de trouver un nouveau chez-soi:   

  • Granby: 0,1% (0,2% en 2020)   
  • Drummondville: 0,2% (1,8% en 2020)   
  • Rimouski: 0,2% (0,9% en 2020)      

Notons que le taux d’inoccupation doit se situer autour de 3% pour qu’un marché soit considéré comme équilibré.

Un seul logement libre à Granby  

À Granby, un seul logement était offert sur Kijiji au moment d’écrire ces lignes. On en comptait moins d’une dizaine pour Rimouski et Drummondville, malgré la taille importante de ces municipalités.

À Drummondville et à Rimouski, les personnes en quête d’un logement semblent plus nombreuses que les annonces de logements affichées sur Kijiji et sur les autres plateformes. Plusieurs personnes ont notamment fait part au 24 heures de leurs difficultés à trouver un logement.

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«J'ai eu une phase négative dans ma vie. J'ai “scrappé” ma cote de crédit et je n'ai pas de référence à donner non plus. Plus personne ne veut donner de chance. Les proprios demandent tous des enquêtes de crédit ou des références. Mais quand il y a du monde comme moi qui veut juste repartir à neuf et qui est honnête, eh bien, on ne trouve rien», indique la résidente de Drummondville Tania Jeanson. 

«C'est extrêmement difficile de trouver un appartement ayant un prix raisonnable, et encore plus lorsqu'il y a des contraintes», ajoute pour sa part Cynthia Bélanger, elle aussi résidente de Drummondville, qui dit n’avoir jamais eu autant de difficulté à se reloger en 13 ans.    

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Une dizaine d’annonces sont actuellement affichées dans chacune des municipalités pour des appartements à louer dans les prochains mois. Il faut cependant être rapide sur la gâchette pour en dénicher un, car ils partent rapidement, selon les comités logement.

«Il y a un manque flagrant de logements abordables à Drummondville, souligne France Boulanger, directrice générale du comité logement Action Location Drummondville. Ceux qui restent sont trop dispendieux.»

«C’est presque du jamais-vu»  

Sur le terrain, les comités logement de ces municipalités expliquent qu’il n’y a pas de recette magique pour se trouver un logement: on consulte les sites de petites annonces comme Kijiji, LesPAC, MarketPlace, et aussi celles du journal local, bien que moins nombreuses. Les groupes de locataires sur Facebook sont aussi une bonne option.

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Si une personne ne trouve vraiment rien, le mieux est de se tourner vers l’office d’habitation de la municipalité, qui vient en aide aux locataires, notamment pour trouver un logement en urgence, ou alors de se référer au comité logement de sa région.

«On reçoit des téléphones presque tous les jours... C’est presque du jamais-vu, indique pour sa part Guy Labonté, coordonnateur au Comité logement Bas-Saint-Laurent, à propos de la difficulté de trouver un appartement à Rimouski. Ça sort la journée même [où c’est affiché].» 

Action Location Drummondville dit se retrouver dans une situation similaire. «On reçoit entre 25 et 30 appels par mois de gens incapables de trouver un logement», note France Boulanger.

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