Ukraine: la communauté LGBTQ+ s’inquiète pour ses droits | 24 heures
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Ukraine: la communauté LGBTQ+ s’inquiète pour ses droits

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Photo courtoisie

L'accession d'un gouvernement prorusse au pouvoir en Ukraine pourrait représenter un recul énorme pour les personnes LGBTQ+ dans le pays, insiste une activiste ukrainienne. 

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«En Russie, on observe depuis les 10 dernières années un déclin de toutes les libertés, que ce soit la liberté d’expression, les droits de la personne, la dignité des groupes [minoritaires]», explique Taya Gerosimova, responsable des communications de l’organisme Insight, qui milite pour les droits de la communauté LGBTQ+ en Ukraine 

Il est encore tôt pour déterminer les répercussions d’une prise de pouvoir russe, stipule toutefois l’activiste. «L’Ukraine est encore l’Ukraine et nous sommes libres dans notre pays», assure-t-elle.  

«On ne pense pas à ça maintenant. Nous savons que nous allons gagner. Leurs attitudes à l’égard des membres de la communauté LGBTQ+, des féministes et des droits de la personne en général effraient beaucoup de personnes, mais je ne pense pas que ça va se rendre jusque-là. Nous sommes très unis et très fâchés. Nous allons garder les Russes loin de nous.»

Des risques inquiétants    

Plusieurs signes montrent toutefois que l’arrivée d’un gouvernement prorusse pourrait lourdement affecter la communauté LGBTQ+.  

En juin 2013, le gouvernement russe a instauré la «loi de la propagande gaie». Son objectif est de «protéger les enfants d’informations qui font la promotion du déni des valeurs traditionnelles familiales» et de bannir la «promotion de relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs». Toute infraction à cette loi est punissable par des amendes ou un emprisonnement.  

La Cour européenne des droits de l’homme avait condamné la loi homophobe en 2017, insistant pour dire qu’elle avait «renforcé la stigmatisation» des homosexuels et «encouragé l’homophobie, qui est incompatible avec les valeurs d’une société démocratique». 

Encore aujourd’hui, les impacts de la loi se font bien ressentir.  

Au début du mois de février, le géant du jeu vidéo Electronic Arts (EA) a d’ailleurs renoncé à faire paraître une extension de Sims 4, My Wedding Stories, puisqu’on y voit un couple de lesbiennes. EA a expliqué sa décision en affirmant qu'une sortie en Russie aurait obligé les développeurs à modifier l'histoire du jeu pour se conformer à la loi russe. 

Quelques jours avant l’invasion russe en Ukraine, le gouvernement de Vladimir Poutine a perdu un procès dans lequel il tentait de faire fermer la Sphere Foundation, l’un des plus grands groupes de défense des droits LGBTQ+ en Russie. L’organisme était accusé d’avoir propagé des «points de vue LGBT» et de travailler à l’encontre des «valeurs traditionnelles».  

La situation en Ukraine    

À la base, il faut savoir que les droits des personnes LGBTQ en Ukraine ne sont vraiment pas aussi avancés qu’au Québec. L’homosexualité est techniquement légale, mais le mariage entre personnes de même sexe n’est pas permis. Du chemin reste aussi à faire concernant l’acceptabilité sociale de la diversité sexuelle et de genre.  

Taya Gerosimova note toutefois un progrès. «[La situation des personnes de la communauté LGBTQ+] s’améliore dans la société, surtout chez les jeunes. De plus en plus de gens vont dans les défilés de la fierté et à la marche des femmes».  

L’activiste se trouve actuellement dans la capitale, Kyïv, où de nombreuses attaques ont eu lieu.  

Depuis le début de la guerre, l’activiste constate toutefois que des Ukrainiens transgenres ont des difficultés à obtenir leurs traitements hormonaux. «Pour les personnes trans, c’est assez urgent», insiste-t-elle. 

– Avec des informations de l’AFP

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