Guerres, mensonges et empoisonnements: le règne de Vladimir Poutine en 6 moments marquants | 24 heures
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Guerres, mensonges et empoisonnements: le règne de Vladimir Poutine en 6 moments marquants

Image principale de l'article Le règne de Poutine en 6 moments marquants
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Abus de pouvoir, annexion de la Crimée, tentatives d’assassinat de ses opposants et invasion de l’Ukraine: depuis son ascension au pouvoir il y a plus de deux décennies, le président russe Vladimir Poutine a souvent suscité l’indignation au-delà des frontières de la Russie. Retour sur son règne en six moments marquants.  

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Président jusqu’en 2036? 

En 1999, Poutine a été nommé par le président russe de l’époque, Boris Eltsine. Ce dernier démissionnera quelques mois plus tard et Poutine deviendra président par intérim. Il sera élu pour la première fois en mars 2000, puis réélu en 2004.  

Vladimir Poutine et le premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

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Vladimir Poutine et le premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

Ne pouvant solliciter un troisième mandat consécutif, c’est son dauphin qui lui succède en 2018 comme président, Dmitri Medvedev. Poutine est alors redevenu premier ministre, un poste qu’il a occupé pendant quatre ans.  

Après cette pause, il revient au Kremlin, cette fois-ci pour un mandat de six ans. Puis, en 2020, il amende la Constitution pour pouvoir faire deux mandats supplémentaires. Il pourrait donc être à la tête de la Fédération jusqu’en 2036. 

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«Opération antiterroriste» en Tchétchénie 

En 1999, des attentats terroristes réduisent en poussière des tours résidentielles de Moscou. Alors premier ministre, Vladimir Poutine affirme que des Tchétchènes sont derrière ces attaques, qui n’ont pourtant jamais été revendiquées.   

Vladimir Poutine déclenche alors une guerre, ou plutôt une «opération antiterroriste», contre la Tchétchénie, explique Guillaume Sauvé, chercheur invité au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM).  

«Poutine, qui était un parfait inconnu quelques semaines auparavant, se présente [au peuple russe] comme une chef de guerre», souligne le spécialiste de la Russie et de l’ex-URSS. 

La Tchétchénie, qui est sortie de cette guerre en morceaux, sera reconstruite avec l’argent de Moscou, affirme M. Sauvé.  

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La blitzkrieg de Géorgie 

L’invasion russe en Ukraine est non sans rappeler celle qui est survenue en Géorgie en 2008.  

Comme l’Ukraine, la Géorgie souhaitait à l’époque joindre l’OTAN, ce à quoi s’opposait Vladimir Poutine, qui a envoyé ses soldats dans les régions prorusses du pays.  

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«Il y a une guerre qui intervient au nom de la protection de la population locale contre l’État géorgien», explique Guillaume Sauvé. En quelques jours, après des attaques menées par la Géorgie, les Russes parviennent à prendre le contrôle des régions de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. 

L’annexion de la Crimée 

La Crimée est une région historiquement prorusse bordée par la mer Noire, dans le sud de l’Ukraine. En 2014, alors que l’Ukraine aspirait à joindre l’OTAN, elle a été annexée à la Russie après un référendum qui a été contesté par la communauté internationale.  

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Comme l’explique Jean Lévesque, Vladimir Poutine avait tout intérêt à prendre le contrôle de cette région, qui bénéficie d’une situation géographique idéale. «Si la Crimée devenait un port de l’OTAN, voir des bases navales de l’Organisation était inacceptable pour Poutine, d’un point de vue politique et stratégique.» 

Vladimir Poutine en 2014

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Vladimir Poutine en 2014

Les multiples tentatives d’assassinats  

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Vladimir Poutine n’apprécie pas ses opposants. Sa liste d’ennemis est longue, très longue même.   

En 2018, par exemple, Moscou a été accusée d’avoir ordonné l’assassinat de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal. Cet ancien colonel du service de renseignement de l’armée russe avait été condamné en 2006 pour «haute trahison» par le Kremlin, qui lui reprochait d’avoir vendu des informations aux Britanniques. Skripal s’était installé en Angleterre en 2010 après un échange d’espions entre Moscou, Londres et Washington. 

Le banc sur lequel l'ex-espion a été retrouvé.

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Le banc sur lequel l'ex-espion a été retrouvé.

En mars 2018, Sergueï et sa fille Loulia ont été retrouvés sans connaissance sur un banc dans une petite ville d’Angleterre. Ils avaient été empoisonnés par un agent neuroparalytique de la famille du Novitchok, un produit issu d’un programme chimique nucléaire soviétique. 

Cette histoire est non sans rappeler celle d’Alexandre Litvinenko, cet ancien agent secret russe mortellement empoisonné au polonium-210 en 2006. 

L’affaire Navalny 

L’opposant le plus connu de Vladimir Poutine est sans contredit Alexeï Navalny, un militant anticorruption connu pour ses enquêtes visant les élites russes.  

Alexeï Navalny

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Alexeï Navalny

En août 2020, Navalny est hospitalisé en Sibérie. Il avait subi un malaise dans un avion après avoir été empoisonné.

Au début de l’année 2021, il retourne en Russie, en sachant qu’il serait arrêté dès son arrivée au pays. Il est depuis détenu dans une prison en Russie, où il purge une peine de deux ans et demi pour une supposée affaire de fraude.