En France, on force le débat sur la crise climatique en vue de l'élection présidentielle | 24 heures
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En France, on force le débat sur la crise climatique en vue de l'élection présidentielle

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AFP

Les Français veulent forcer les candidats aux élections présidentielles à placer la crise climatique en priorité dans leur campagne. Des milliers de manifestants sont sortis dans les rues du pays samedi et des ONG environnementales ont organisé un débat sur la plateforme Twitch dimanche. Zoom sur un mouvement qui prend de l’ampleur.

Malgré le rapport catastrophique du GIEC paru le mois dernier, la crise climatique semble une fois de plus avoir été oubliée dans la campagne présidentielle française. 

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Mais la pression populaire monte et se fait sentir sur les candidats. 

Le 1er février dernier, près de 1400 chercheurs, dont certains membres du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ont cosigné une lettre parue sur le site de Franceinfo, exhortant les candidats et les médias à en faire plus. 

«Nous constatons avec inquiétude l’absence de débat démocratique dans la campagne présidentielle sur les graves bouleversements en cours et à venir, qu’ils concernent le climat, l’océan, la biodiversité ou les pollutions», écrivent-ils. 

Deux semaines plus tard, des centaines d’organisations et de personnalités ont lancé un appel similaire, cette fois-ci dans Le Monde

«Pas de climat, pas de mandat!» clament-ils dans cette lettre ouverte. 

«L’essentiel du débat présidentiel est encore devant nous. Il n’y a pas de fatalité à vivre une campagne électorale que deux tiers des Françaises et Français estiment déconnectée des vrais problèmes et qui relègue au second plan l’urgence climatique», peut-on lire. 

Un sondage de l’Institut Ipsos paru récemment révèle d’ailleurs que le dérèglement climatique est un enjeu capital pour 94% des Français, une donnée sans équivoque. 

«Look Up!» 

Des milliers de français sont sortis dans les rues du pays, samedi, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Look Up!», en référence au film Don’t Look Up (Déni cosmique), une métaphore de la crise climatique, paru sur Netflix.  

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Puis, quatre ONG environnementales – Greenpeace, Oxfam, Notre affaire à tous et la Fondation pour la Nature et pour l’Homme - ont elles-mêmes organisé un débat, diffusé en direct sur la plateforme Twitch, hier. 

Le débat s'est tenu en direct sur la plateforme Twitch, hier.

Le débat s'est tenu en direct sur la plateforme Twitch, hier.

Des 12 candidats au premier tour, cinq étaient présents: Yannick Jadot, Valérie Pécresse, Fabien Roussel, Philippe Poutou et Anne Hidalgo.  

Éric Zemmour et Marine Le Pen n’ont pas été invités, tandis que le président sortant et favori Emmanuel Macron a refusé de participer. 

Les candidats ont été invités à expliquer les mesures concrètes qu’ils comptent mettre de l’avant pour réduire de toute urgence les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France, les changements profonds qu’ils souhaitent mettre en œuvre et leur stratégie pour sortir le pays de l’illégalité (puisque la France a été condamnée deux fois pour non-respect de ses engagements environnementaux).  

Prendre les choses en mains 

Les enjeux liés au climat n’auraient représenté que 1,5 % du temps de parole médiatique en France entre le 2 et le 8 mars, selon le baromètre climat de l’Affaire du siècle.

«Ce n’est pas suffisant, alors on a décidé de le faire nous-mêmes [ce débat]», a expliqué le youtoubeur Jean Massiet, coanimateur du débat, en introduction hier. 

Une autre manifestation doit avoir lieu le 25 mars dans le cadre des «grèves mondiales» de la jeunesse, initiées par la militante Greta Thunberg. 

Puis des marches, un peu partout à travers la France, le 9 avril, la veille du premier tour de l’élection présidentielle, sont également prévues. 


Élizabeth Ménard est cheffe des contenus Urgence climat. Pour la joindre: elizabeth.menard@quebecormedia.com  

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