Avant la pandémie, elle «datait» en série; la pause forcée a changé sa perspective | 24 heures
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Avant la pandémie, elle «datait» en série; la pause forcée a changé sa perspective

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BILLET - Il y a deux ans, on demandait aux célibataires de s’abstenir de toute rencontre romantique. Sous la menace d’un virus, on leur recommandait même de se contenter de la masturbation! Qu’est-il advenu de celles et ceux qui ont soudainement dû arrêter de dater en série?

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Sheila Suos est étudiante et modèle. Surtout, elle est libre! Avant le 13 mars 2020, elle tenait un rythme d’environ trois dates par semaine, et ce, depuis quelques années. 

«Je feuilletais Tinder comme un magazine, avoue-t-elle. Mais ce n’était pas du pur bonheur... Je pense que j’étais influencée par les émissions que je regardais. J’avais un désir d’aventure et de prise de risques.» 

Pour illustrer cette soif d’aventure, revenons au moment où le premier confinement est annoncé: Sheila se trouve chez un homme qu’elle rencontre pour la toute première fois. D’un commun accord, ils décident de vivre ensemble pour s’assurer de la compagnie, en ce possible début d’apocalypse. De la compagnie et... de la sexualité. Parce qu’à cette époque, le sexe est prioritaire dans le quotidien de Sheila. 

Au bout de deux semaines, elle réalise que ce n’est pas la plus saine des relations, finalement. Elle retourne chez elle.

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Se découvrir 

Sheila Suos se retrouve donc dans l’impossibilité de fréquenter qui que ce soit, au plan romantique. Étonnamment, elle vit bien avec ce sevrage imposé... ce qui la plonge dans un dilemme identitaire. «Je me définissais tellement par ma sexualité que le fait de ne pas en avoir autant — et d’être bien avec ça ! — soulevait des questions. Coudonc, je suis qui ?» raconte-t-elle aujourd’hui.

Pour passer le temps sans partenaires intimes, l’étudiante recommence à peindre et à jaser plus souvent avec ses amis. Elle défait peu à peu certains nœuds. Elle réalise entre autres que pour être bien dans son corps, elle cherchait à se prouver qu’il était attirant. 

«J’étais dans la recherche de la validation masculine, malheureusement. On est conditionnées à l’être! Ça va sonner cheesy, mais je trouve maintenant la validation de l’intérieur. J’ai appris à trouver la satisfaction ailleurs que dans la sexualité. Ma confiance en moi passe aujourd’hui par le fait que je suis une femme forte, informée, créative, qui a du succès dans ce qu’elle fait.»

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Des avantages (mais pas que) 

Deux ans après la soudaine pause du dating en série, Sheila Suos tire un bilan favorable de l’expérience. Elle lui a permis de remettre ses priorités dans l’ordre, avoue-t-elle, tout en ajoutant que tout ordre est possible! L’objectif n’est certainement pas de dénigrer la sexualité multiple et décomplexée! C’est juste que finalement, le sexe était moins important qu’elle le croyait, dans son cas... 

« Ça m’a permis de me recentrer sur mes besoins affectifs et physiques, précise-t-elle. De réaliser ce que cache une pulsion sexuelle: un désir d’attention, une envie de câlin ou vraiment de sexualité? Je cherchais tant à ne pas être seule que je me perdais. J’ai appris à être dans le moment présent, avec moi-même.» 

S’ennuie-t-elle de son ancienne vie ? 

Sheila Suos admet que l’excitation et l’aventure inhérentes aux premières rencontres lui manquent parfois. «Mais je me rappelle très rapidement pourquoi je n’en fais plus autant... Généralement après m’être donné un orgasme par moi-même!» 

C’est noté ! 

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