Hausse du prix de l’essence: presque tout va coûter plus cher | 24 heures
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Hausse du prix de l’essence: presque tout va coûter plus cher

Image principale de l'article Voici 3 autres secteurs économiques affectés
Joël Lemay / Agence QMI

Hélas, la hausse du prix de l’essence n’affecte pas votre portefeuille seulement au moment de faire le plein, mais dans d’autres sphères économiques où les prix risquent aussi d’augmenter. Voici trois secteurs où il faut s’attendre à payer plus cher.

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Transport aérien 

Sans surprise, tout le secteur du transport se trouve affecté par la hausse du prix de l’essence. 

«La plupart des industries ont un certain niveau d’utilisation du transport, donc toutes celles qui en dépendent fortement verront les coûts augmenter», soutient Charles Séguin, professeur au Département des sciences économiques à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (ESG UQAM).

Mais qui dit transport dit aussi transport aérien. Les voyageurs doivent donc s’attendre à payer plus cher pour leurs billets d’avion, selon Mehran Ebrahimi, professeur à l’ESG UQAM.

«Toute l’instabilité et l’insécurité [liées à la guerre en Ukraine] se reflètent dans les prix du kérosène des avions, et donc des billets d’avion», a-t-il souligné en entrevue à l’Agence QMI.

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Or, les voyageurs se trouvent tout de même en quelque sorte avantagés par le fait que la demande pour les vols n’est pas encore aussi élevée que le souhaiteraient les compagnies aériennes en raison de la pandémie et des tensions géopolitiques.

«Les compagnies aériennes sont prises entre deux feux de sorte qu’elles ne peuvent pas augmenter les prix autant qu’elles le souhaiteraient, simplement parce qu’elles ont hâte d’avoir des vols pleins», affirme Jacques Nantel, professeur émérite au HEC Montréal et spécialiste du commerce du détail.

Il conseille ainsi de se procurer tout de suite les billets d’avion pour les voyages prévus l’été prochain avant que les prix montent davantage.

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Alimentation 

Le prix des aliments a déjà commencé à augmenter, notamment en raison de la hausse du prix de l’essence, et cette tendance n’est pas sur le point de ralentir, prévient Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de recherche en sciences analytiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie.

«Les compagnies de transport vont augmenter leurs prix et appliquer une surcharge d’essence pour l’ensemble de l’Amérique du Nord», explique-t-il.

Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

C’est qu’environ 60% des produits alimentaires que les Québécois consomment proviennent d’ailleurs, que ce soit d’une autre province ou de l’international, et qu’il faut donc acheminer ces aliments jusqu’à nous, ajoute Jacques Nantel.

«L’alimentation, ça va avoir un gros impact puisque ça représente environ 20% de nos dépenses», souligne-t-il.

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Dès avril, on devra payer plus cher pour les produits à base de grains, en raison de la guerre en Ukraine, à l’origine de la flambée du prix du pétrole et, par conséquent, de l’essence. 

Puis, dans les prochains six à 12 mois, on peut s’attendre que les prix de la viande, des œufs et du lait subissent les conséquences d’un cycle inflationniste si le conflit se poursuit et qu’ils soient majorés entre 5% et 7%, estime M. Charlebois.

AFP

Par ailleurs, cette hausse de prix ne se limite pas à l’épicerie. Même vos commandes Uber Eats, Skip The Dishes ou DoorDash pourraient coûter un peu plus cher à cause du prix de l’essence. 

Selon M. Charlebois, ces entreprises refilent des frais supplémentaires directement aux clients pour compenser les coûts plus élevés en essence de leurs livreurs.

«Il y a beaucoup de livreurs qui ont décidé de rester à la maison tout simplement parce que l’essence coûtait trop cher et qu’ils trouvaient que ce n’était pas assez payant», précise-t-il.

Biens de consommation 

Cela peut sembler très large comme secteur économique, mais c’est qu’à peu près tous les biens dépendent du pétrole ou de l’essence, et verront donc leurs coûts augmenter, explique Jacques Nantel. 

«N’importe quoi qui est en plastique, par définition, vient d’augmenter. Sinon, tous les produits qu’on importe massivement, comme les vêtements par exemple – on en produit très peu ici –, vont également être affectés. Seuls les services ne subiront pas de contrecoups de la hausse du prix de l’essence», dit-il.

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M. Nantel estime que la flambée des prix pourrait arriver d’ici trois semaines à un mois. «Ce n’est pas une mauvaise idée, si vous avez des achats ou des stocks à faire, de les faire maintenant, parce que la probabilité est que d’ici un mois, trois mois, un an, vous allez payer plus cher», conseille-t-il.

Et cette hausse des prix ne risque malheureusement pas de se résorber même si les prix du baril de pétrole et de l’essence varient, selon M. Nantel, puisque les Canadiens sont pris dans une spirale inflationniste dont on n’est pas près de se sortir. 

— Avec l’Agence QMI