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Habitez-vous en zone inondable?

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MARIO BEAUREGARD/AGENCEQMI

Les pluies abondantes et les températures douces des derniers jours ont mis plusieurs régions sur un pied d’alerte: les cours d’eau sont sous surveillance et déjà, les villes se préparent aux crues printanières. Alors que la majorité des municipalités du Québec sont riveraines, comment savoir si on demeure en zone inondable? On vous montre.

Près de 35% des personnes qui résident en zone inondable dans la province l’ignorent ou pensent le contraire, rapportent les plus récentes données de l’Observatoire québécois de l'adaptation aux changements climatiques (OQACC) datant de 2019. 

Ces résultats étonnent. Malgré les inondations majeures des printemps 2017 et 2019, moins de personnes semblent au courant qu’elles se situent en zone inondable qu'au moment de la précédente étude de l’Observatoire, en 2015.

Un peu de plus de 26% des résidentes et résidents ignoraient alors habiter dans ces secteurs à risque. 

KARIANE BOURASSA/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

Pour savoir si un bâtiment, une route ou une ville se trouvent en zone inondable, on peut consulter des cartes interactives fournies par le gouvernement du Québec.

Il suffit d'inscrire une adresse dans le moteur de recherche pour connaître le risque qu’elle soit inondée.

Plus d’inondations 

Avec les changements climatiques, la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes — surtout les inondations — augmente rapidement.  

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«C’est notre premier fléau au Québec», résume le chercheur en hydroclimatologie et professeur au Département de géographie de l’UQAM, Philippe Gachon.

«80% des municipalités au Québec vivent au bord de l’eau», précise-t-il. «Les inondations ne sont pas un petit problème, ça touche presque toute la province.»

Joël Lemay / Agence QMI

Qu’est-ce qu’une zone inondable?

Les inondations sont mesurées selon leur niveau et leur fréquence.  

Quand on parle de «zones inondables», ce sont les étendues de terre qui ont la probabilité d’être submergées par un cours d’eau lorsqu’il déborde de son lit. 

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On les distingue selon deux catégories: les zones de grand courant ou de faible courant. Elles ont respectivement 1 chance sur 20 (5%) et 1 chance sur 100 (1%) de subir les crues printanières chaque année.

À partir de 2023, de nouvelles zones inondables seront établies. Elles s'organiseront en fonction d’un risque «faible», «moyen» ou «élevé» d’être inondées plutôt que par ces probabilités.

Le niveau maximal que peut atteindre un cours d’eau ainsi que sa vitesse détermineront notamment le degré de risque.

Le Québec, un mauvais élève

La province est encore loin d’avoir mis en place une stratégie performante pour conscientiser la population aux risques d’inondation, selon Philippe Gachon. 

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«On a eu les crues de 2017 et 2019. Est-ce qu’on a pris plus de précautions? Je dirais grosso modo, ça n’a pas vraiment changé», dit-il. «On s’est amélioré un peu. Maintenant on évite de reconstruire dans les endroits déjà inondés en 2017...» 

Joël Lemay / Agence QMI

«On a mis beaucoup d’argent pour la pandémie, c’était une question de survie. Mais avec les changements climatiques, s’adapter, développer notre résilience et informer les gens par rapport aux inondations est aussi une question de survie», lance l’expert.

Selon l’étude de l’Observatoire québécois de l'adaptation aux changements climatiques, les résidents des zones inondables affirment que les comportements à adopter pour faire face à ces catastrophes sont trop coûteux.

Ils croient aussi que ce sont les gouvernements qui doivent agir et prévenir, et non les citoyens.

«La responsabilités est multiniveaux», fait toutefois valoir la professeure associée à l’Institut des sciences de l'environnement de l’UQAM, Anne-Sophie Gousse-Lessard. «Les citoyens ont une responsabilité, les municipalités et les gouvernements.»

Mais, «c’est difficile de se préparer si on ne sait même pas qu’on risque d’être inondé», signale la chercheuse en psychologie sociale et environnementale. «La population manque de connaissance et ignore où trouver l’information.»

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