Une jeune maman se fait interdire d'allaiter au Centre Eaton | 24 heures
/bref

Une jeune maman se fait interdire d'allaiter au Centre Eaton

Alors qu’elle allaitait son bébé de 4 mois sur un banc au Centre Eaton, une jeune maman s’est fait sommer d’arrêter par des agents de sécurité samedi après-midi, sous prétexte qu’il s’agit d’un «geste intime et privé».

«Je suis outrée de ce qui s’est passé, lance Isabelle Côté, qui vient à peine de mettre au monde le petit Leopold. Jamais je n’aurais pensé que c’est encore un problème en 2022.» 

Celle qui œuvre comme résidente en psychiatrie faisait des emplettes avec sa sœur et son nouveau-né lorsque la situation est survenue. Elle s’était installée devant une boutique où sa sœur était entrée afin de nourrir son bébé, qui démontrait des signes de faim. Quelques minutes plus tard, une jeune agente de sécurité l’a interpellé.  

«Elle m’a dit que je ne pouvais pas allaiter ici, que c’était un geste intime et privé, lance la nouvelle maman. Elle m’a offert de m’amener à la salle d’allaitement à la place.» 

Indignée, Isabelle Côté a demandé à l’agente de faire venir son superviseur. À son arrivée, quelques instants plus tard, ce dernier aurait tenu le même discours.  

«Il m’a dit que c’était une directive officielle et j’ai compris qu’il n’avait pas trop de pouvoir là-dessus», explique-t-elle.  

Puis, en regardant autour d’elle, la jeune médecin a senti que les regards étaient tournés vers elle. Elle s’est donc sentie gênée et mal à l’aise et préférée quitter les lieux discrètement.  

Dénonciation publique  

En arrivant chez elle et en discutant de la situation avec son conjoint, Mme Côté a décidé de faire une publication sur Instagram afin de dénoncer la situation. Elle a également écrit au service à la clientèle du Centre Eaton. 

«Soyez assurée qu’il s’agit d’un cas isolé et que le Centre Eaton de Montréal encourage l’allaitement maternel dans toutes ses aires communes, tel que prescrit par la Charte des droits et libertés québécoise et canadienne, a répondu Melyssa Houle, directrice du Centre Eaton, sans pour autant fournir d’excuses. Nous offrons également des salles d’allaitement privées, pour celles qui préfèrent allaiter dans un endroit plus calme. Tout le personnel administratif et de soutien sera rencontré sous peu, afin de réitérer les politiques en vigueur en matière d’allaitement dans les aires communes.» 

Isabelle Côté a également entamé un processus de plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.  

«Je ne veux pas d’argent, mais je veux sensibiliser les gens», conclut-elle.   

Par ailleurs, des tribunaux au Québec ont déjà jugé que d'empêcher une femme d’allaiter dans un lieu public constitue une discrimination basée sur le sexe.