Plus de 2000 nouveaux cas au Québec: trop tôt pour enlever le masque? | 24 heures
/bref

Plus de 2000 nouveaux cas au Québec: trop tôt pour enlever le masque?

Image principale de l'article Est-il trop tôt pour enlever le masque?
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Alors que le Québec a dépassé la barre des 2000 cas positifs à la COVID-19 testés par PCR, des experts s’inquiètent de l’abandon imminent du port du masque.

Parmi les personnes ayant accès aux centres de dépistage, on compte 2111 nouvelles infections, alors que 875 tests positifs ont été autodéclarés dans la journée de mardi. Après deux jours consécutifs de fortes hausses, les hospitalisations ont légèrement diminué mercredi: 1034 Québécois occupent un lit d’hôpital, soit neuf de moins que la veille.

«Rien de surprenant, rien d’alarmant quand même. Certainement, il va falloir s’assurer qu’on maintiendra le contrôle comme on le fait en ce moment», fait valoir le virologue Benoit Barbeau.

Le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (Cirano) a d’ailleurs constaté une certaine stabilité des nouveaux cas dernièrement. 

Par exemple, du 10 au 15 mars, plus de 20 000 infections additionnelles étaient recensées par jour, estime l’organisme.

Une montée des contaminations a d’ailleurs été constatée dans la région de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui compte maintenant le plus haut taux de cas actifs par 100 000 habitants.

• À lire aussi: Réduire les tarifs de transport en commun n'est pas la solution à la hausse du prix de l'essence

À quand la fin du port du masque?   

Il faut toutefois souligner qu’une recrudescence des cas est prévue par les autorités sanitaires en raison des nombreux assouplissements. À cet effet, les experts consultés par Le Journal estiment qu’il est trop tôt pour mettre fin à l’obligation du port du masque dans les lieux publics, sauf les transports en commun.

«Le masque est une mesure très efficace et peu coûteuse. Elle est rentrée dans les normes sociales, dans les comportements, les pratiques. Pourquoi l’enlever à un moment où on est incertain de l’impact que ça pourrait avoir?» soulève Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Joël Lemay / Agence QMI

Son de cloche semblable chez Benoit Barbeau, qui rappelle que certains pays européens sont aux prises avec une hausse constante des hospitalisations. 

L’Organisation mondiale de la santé a reproché entre autres à l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni d’avoir trop «brutalement» levé leurs mesures anti-COVID. 

Variant dominant  

«[Le masque], ça serait une mesure sur laquelle je me garderais une petite gêne. [...] L’Europe a toujours été assez fiable par rapport à ce qui s’en vient en Amérique du Nord», souligne M. Barbeau, estimant qu’il faudra améliorer rapidement les outils de dépistage.

Photo AFP

Selon des épidémiologistes, ce rebond s’explique notamment par la désormais prédominance du sous-variant d’Omicron BA.2, environ 30 % plus contagieux — mais pas plus dangereux — que son prédécesseur, le BA.1.

«On veut retrouver [nos libertés] et le masque est un intermédiaire que l’on doit garder avec nous pour nous permettre de le faire», plaidait hier sur les ondes de TVA Nouvelles la pharmacienne Diane Lamarre. 

– Avec l’AFP