Tramway: «C’est fini le niaisage. La Terre ne peut pas attendre», lance le maire de Québec, Bruno Marchand | 24 heures
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Tramway: «C’est fini le niaisage. La Terre ne peut pas attendre», lance le maire de Québec, Bruno Marchand

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Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Le maire de Québec persiste et signe: l’adaptation aux changements climatiques est une nécessité et il ne baissera pas les bras devant la CAQ qui refuse de donner son aval au projet de tramway.

Lors d’une sortie fort médiatisée hier, le maire de Québec Bruno Marchand a notamment accusé la Coalition Avenir Québec (CAQ) de «démoniser les transports en commun».  

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Même si ses propos risquent de jeter un froid entre sa ville et le gouvernement de François Legault, Bruno Marchand, qui vient tout juste d’être élu en novembre, ne regrette rien. 

«C’est fini le niaisage. La Terre ne peut pas attendre», lance-t-il en entrevue, soulignant que la réalisation du tramway a déjà été repoussée à maintes reprises.  

«Si j'ai jugé qu'il fallait sortir, c'est parce que j'ai jugé qu'il n'y avait pas d'autre moyen, explique-t-il. C'était la meilleure option parce que je pense que le temps n'est pas de notre côté. On ne peut pas étirer encore», dit-il. 

Le tramway de Québec, projet dont on parle depuis plus de 20 ans, mais qui s’est concrétisé après la réélection de Régis Labeaume en 2017, permettrait une économie de 60 000 tonnes de GES sur 15 ans, affirme Marchand. Il permettrait aussi de réduire la circulation automobile, appelée à augmenter considérablement dans les prochaines années à Québec. 

Lutter contre les changements climatiques   

Une meilleure offre en transport en commun pour lutter contre les changements climatiques est donc une «nécessité» qui ne peut plus attendre, juge le maire, évoquant les températures records enregistrées en Antarctique cette semaine. 

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«La cause, impérativement, nous impose qu'on ne peut plus nier les changements climatiques, alors qu’on peut les atténuer si on pose des actions vigoureuses, ici et maintenant», fait-il valoir. 

«Ça veut dire regarder les générations futures, regarder nos enfants et nos petits-enfants dans les yeux et leur dire qu'on va prendre des décisions courageuses. On ne va pas se mettre la tête dans le sable, on va travailler très fort à leur léguer une planète qui a une chance et non pas leur dire: j'ai été trop con, alors que tous les scientifiques le disaient, alors que toutes les données le démontraient, parce que j'ai eu trop peur à ma réélection.»    

Il se défend toutefois de mener une «guerre à l’automobile», comme l’en a accusé le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, hier matin, avant de se rétracter sur son compte Twitter.  

«Je ne serai jamais de ceux qui vont dire aux gens: voici comment vous devez vous comporter. Les gens peuvent avoir autant de voitures qu'ils veulent, mais ils vont avoir une ville qui leur offre des solutions. Ce n’est pas faire la guerre à la voiture, ça, c'est d'offrir une ville du futur qui répond aux impératifs actuels et à la nécessité de faire face aux changements climatiques», plaide-t-il. 

Pas d'excuses   

Pressé par les partis d’opposition jeudi matin, le premier ministre, François Legault, a refusé de s’excuser pour la charge frontale menée la veille, a rapporté le Journal de Québec.  

Il a maintenu que le projet devra être «bonifié» afin de répondre aux inquiétudes exprimées par des citoyens.  

La configuration actuelle du tramway prévoit une portion de route partagée sur environ 500 mètres, sur le boulevard René-Lévesque, ce qui ralentira la circulation des automobilistes, déplore la CAQ. 

Principal bailleur de fond du tramway, le gouvernement refuse de donner son aval sans l’abandon de cette configuration. 

  

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