À l’aube d’une 6e vague? Voici à quoi s’attendre dans les prochaines semaines | 24 heures
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À l’aube d’une 6e vague? Voici à quoi s’attendre dans les prochaines semaines

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

La récente hausse du nombre de cas de COVID-19, qui n’est pas sans rappeler les semaines avant les Fêtes, fait craindre que le Québec soit (déjà) à l’aube d’une sixième vague d’infections. Qu’en est-il vraiment? Voici à quoi pourraient ressembler les prochaines semaines.

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Il est peu probable que cette remontée des cas soit synonyme d’une sixième vague, croit le Dr Donald Vinh, infectiologue et microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). À son avis, on risque plutôt de voir que le déclin des hospitalisations liées à la cinquième vague soit ralenti de plusieurs semaines, voire d’un mois, à cause de la hausse du nombre d'hospitalisations découlant d'une montée des cas d'infection au variant BA.2.

«L’impact du variant BA.2 sera intégré dans la cinquième vague, ce qui fait qu’on ne verra pas deux vagues avec deux creux distincts, mais plus une vague prolongée avec un déclin plus lent», dit-il.

Une remontée pas étonnante  

Si certains semblent surpris de cette remontée des cas, d’autres, dont le Dr Vinh, tiraient la sonnette d’alarme depuis un bon moment déjà, en raison du relâchement des mesures sanitaires.

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Car le BA.2 est 40% plus contagieux que son proche cousin Omicron (aussi appelé BA.1), qui est à l’origine de la cinquième vague au Québec. Et sachant que BA.2 est devenu la souche dominante dans plusieurs endroits au monde, dont dans certains pays d’Europe et en Alberta, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il le devienne au Québec.

Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM, estime même qu’il compte déjà pour 50% des cas d’infection au Québec. «On est sur la bonne trajectoire pour qu’il devienne dominant.»

Est-il plus virulent?  

Selon ce qui a été observé au Danemark, où le BA.2 est rapidement devenu la souche dominante, il ne semble pas causer des maladies plus graves, note le Dr Vinh. Mais le plus étonnant, c’est qu’il peut causer des réinfections chez les personnes inadéquatement vaccinées.

Au Qatar, une étude a déterminé que 5 à 12% des personnes infectées à l’Omicron ont par la suite été infectées au BA.2 un mois et demi après l’infection initiale, cite le Dr Vinh. Au Danemark, on parle d’un taux de 25%.

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Mais surtout, ce qui a causé les réinfections, c’est le relâchement des mesures sanitaires, incluant le retrait de l’obligation du port du masque.

«On a vu la même courbe dans certains pays d’Europe: les mesures ont été relâchées, puis le nombre de cas de BA.2 a augmenté. On serait très naïfs de penser qu’en relâchant ici aussi les mesures sanitaires qu’on ne reproduirait pas le même scénario», affirme le Dr Vinh.

Est-ce le dernier variant?  

Malheureusement, non. Croire qu’il n’y en aura pas d’autres après BA.2 relève de la «fantaisie», indique le Dr Vinh. 

«Il n’y a aucun virus, à part le SRAS original, qu’on peut dire avec certitude qu’il s’est éteint de manière spontanée. Qu’on pense à la grippe, au rhume, et j’en passe, aucun ne s’est éteint tout seul. Pourquoi est-ce que serait possible avec la COVID-19? Dans notre tête, on aimerait que ça arrive, mais ça ne marche pas comme ça, malheureusement», poursuit-il.

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Les deux experts sont d’ailleurs unanimes: le port du masque demeure important, même si l’obligation est retirée. Le relâchement des mesures sanitaires ne marque pas la fin de la pandémie.

«On doit être conscients que la pandémie n’est pas finie. Il y a beaucoup d’événements internationaux qui nous détournent de cette réalité [...], mais il faut se rappeler que le virus continue à circuler et que de nouveaux variants vont être créés», résume M. Barbeau.

– Avec la collaboration de Geneviève Abran