Rassemblement pour le respect de l'allaitement au Centre Eaton | 24 heures
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Rassemblement pour le respect de l'allaitement au Centre Eaton

Une centaine de personnes ont pris part à un rassemblement où des mères ont allaité leur enfant en groupe dans une ambiance festive et familiale au Centre Eaton à Montréal dimanche après-midi. L’événement avait pour but de normaliser l’allaitement dans les lieux publics. 

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Isabelle Côté se souviendra longtemps de la semaine qu’elle vient de vivre. Samedi dernier, une agente de sécurité du Centre Eaton lui avait demandé de cesser d’allaiter sur un banc public du centre commercial pour plutôt aller dans une salle d’allaitement.  

Isabelle Côté et son bébé au Centre Eaton

Julien Bouthillier, 24 heures

Isabelle Côté et son bébé au Centre Eaton

Outrée, elle a raconté sa mésaventure sur les réseaux sociaux et a reçu une vague de soutien qui l’a placée sous le feu des projecteurs médiatiques.  

La mobilisation a culminé dimanche au Centre Eaton, où plusieurs personnes s’étaient rassemblées pour rappeler qu’allaiter son enfant en public, c’est un droit.  

Même si elle n’allaite plus son enfant qui est rendu plus grand, c’était important pour Alia d’être présente dimanche, car elle a déjà vécu des situations similaires. L’hiver dernier, un agent de sécurité d'un centre commercial de Montréal lui aurait demandé d’aller allaiter à l’extérieur par un temps froid et venteux, prétextant que les mesures sanitaires en vigueur lui interdisaient d’allaiter dans le centre commercial. 

  • Écoutez le résumé du chroniqueur Julien Bouthillier au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio: 

Aurélie, Alia et leurs enfants au Centre Eaton

Julien Bouthillier, 24 heures

Aurélie, Alia et leurs enfants au Centre Eaton

«Se nourrir c’est vital et ce n’est pas normal qu’on demande à un bébé d’aller à l’extérieur», dénonce-t-elle.  

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Solidarité entre mères 

Irénidice Morin n’a jamais vécu une telle situation, mais elle tenait à être présente dimanche avec sa petite Éléonore, 9 mois, afin de déstigmatiser l’allaitement en public.  

Irénidice Morin et sa fille Éléonore au Centre Eaton

Julien Bouthillier, 24 heures

Irénidice Morin et sa fille Éléonore au Centre Eaton

«Quand j’ai accouché et que je voulais allaiter, je me suis informée à savoir si j’avais le droit d’allaiter en public parce que j’avais peur de cette stigmatisation. [...] Finalement, je me suis rendu compte assez facilement via quelques recherches qu’il n’y avait aucune raison de me faire dire que je ne pouvais pas allaiter. Quelle surprise d’apprendre que c’est arrivé à une autre maman dans un endroit aussi connu que le Centre Eaton», explique-t-elle. 

Elle tient à rassurer les futures mamans qui craindraient d’allaiter en public: elle n’a jamais eu de mauvaises expériences, au contraire, elle a eu droit à des sourires de la part de passants. «Je n’ai jamais eu ne serait-ce qu’un regard croche. J’ai décidé d’assumer mon allaitement au complet en public et de ne pas m’en faire. [...] Il ne faut pas se laisser non plus atteindre par les jugements de la société parce que ça peut être un frein à l’allaitement pour plusieurs mamans.»  

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Une des organisatrices de l’événement, Gabrielle Charest, confie avoir lancé d’abord à la blague l’idée de se rassembler au Centre Eaton pour allaiter. La proposition a fait boule de neige dans de nombreux groupes de mamans sur les réseaux sociaux et a pris une ampleur qu’elle ne soupçonnait pas. «Au début, je pensais qu’on serait 6-7 mamans qui se connaissent qui viendraient et qu’on ferait ça tranquille.»  

Gabrielle Charest, Chris Adolph et leur enfant au Centre Eaton

Julien Bouthillier, 24 heures

Gabrielle Charest, Chris Adolph et leur enfant au Centre Eaton

Elle confie avoir été surprise lorsqu’elle a pris connaissance de l’incident qui est arrivé à Isabelle Côté qu’elle qualifie d’«inhumain». Le message qu’elle espère que les gens retiendront de ce mouvement est simple: «quand on voit une maman qui allaite, on passe notre chemin et on n’en fait pas de cas». 

Mme Côté souhaite justement que cette histoire ait servi à sensibiliser les gens à la réalité des mères qui allaitent. «Tant mieux si le Centre Eaton accepte maintenant de communiquer de façon très claire que l’allaitement c’est correct chez eux. Ce n’est pas le but de rester dans une contestation, si on est capable de travailler tous ensemble afin de faire en sorte que cet événement malheureux devienne quelque chose de positif, je suis super contente», poursuit-elle. 

Gabrielle Meloche, conseillère principale aux affaires publiques chez Ivanhoé Cambrige, l’entreprise qui possède le Centre Eaton, assure que la situation qui est arrivée à Mme Côté est un événement isolé. «L’allaitement public est un droit, on le respecte et on l’encourage. C’est une mauvaise compréhension de la règle qui a été faite de la part de l’agent de sécurité.» Elle assure que les employés et l’entreprise qui assure la sécurité ont été rencontrés afin de les sensibiliser à la situation.  

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