Un gréviste de la faim de l'UdeM hospitalisé | 24 heures
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Un gréviste de la faim de l'UdeM hospitalisé

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Un étudiant qui effectuait une grève de la faim depuis lundi à lUniversité de Montréal pour exiger le désinvestissement complet de létablissement du secteur des énergies fossiles a été hospitalisé, vendredi midi, alors qu'il était à sa 108e heure de jeûne.

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Âgé de 22 ans, Vincent a été transporté à l’hôpital d'urgence dû à son état qui se détériorait. Il s’y est rendu volontairement, sous les conseils d'une infirmière.

Depuis lundi, une trentaine d’étudiants occupent le Pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal. Trois d’entre eux, incluant Vincent, effectuaient une grève de la faim.

Joël Lemay / Agence QMI

«Ma grève de la faim, pour savoir quand je vais l’arrêter, il faut demander à l’administration de l’Université de Montréal», avait-il lancé au 24 heures, lundi, lors de notre passage sur les lieux.

Il avait été inspiré par la grève de la faim de l'Université de Colombie-Britannique en 2020.

«Après 5 jours, ça avait mené à des promesses de désinvestissement», avait rappelé l’étudiant en philosophie et politique.

«Ça permet d’attaquer l’image de l’UdeM. Éthiquement, ça représente aussi le point où on en est par rapport au climat. Il n’y a plus de retour en arrière», faisait-il valoir. 

La grève se poursuit      

Dans un communiqué de presse envoyé ce midi par l'Écothèque, organisateur de l'événement, Vincent a tenu à réitérer la nature politique de son jeûne. Il déplore être toujours en attente d'un engagement public du recteur en faveur du désinvestissement. 

D'après nos informations, Vincent aurait tout de même l'intention de poursuivre sa grève de la faim.

«La situation commence à être très complexe. On attend toujours un engagement public pour que Vincent recommence à manger et puisse enfin prendre soin de lui», a mentionné sa collègue Lila qui effectuait elle aussi une grève de la faim, mais a dû cesser pour des raisons de santé mentale, tout comme son acolyte qui a dû abandonner elle aussi pour les mêmes raisons.

Lila a dû mettre un terme à sa grève de la faim pour des raisons de santé mentale.

Joël Lemay / Agence QMI

Lila a dû mettre un terme à sa grève de la faim pour des raisons de santé mentale.

Elle assure qu'elle se porte mieux maintenant.

Vicent est donc le dernier à poursuivre la grève. Pour y mettre un terme, les étudiants ont une seule revendication:

«Que le recteur s'engage à déposer devant les instances exécutives de l'Université, d'ici le 1er juin 2022, uniquement un ou des scénarios de désinvestissement total des actions cotées en bourse de l'industrie des énergies fossiles détenues directement ou indirectement par l'Université dans son fonds de dotation, et ce, avant le 31 décembre 2025.»

L'Écothèque affirme toutefois que le recteur Daniel Jutras refuse de reconnaître cette revendication.

Quentin Lehman, porte-parole de l’Écothèque, un regroupement étudiant luttant pour la justice climatique.

Joël Lemay / Agence QMI

Quentin Lehman, porte-parole de l’Écothèque, un regroupement étudiant luttant pour la justice climatique.

«On lui a laissé une dernière chance hier en lui disant que l'étudiant commençait à être mal en point et qu'il n'arrêterait pas, affirme le porte-parole Quentin Lehman, Le recteur n'a pas daigné venir nous rencontrer. Il nous a envoyé quelqu'un qui ne connaît pas le dossier, c'est-à-dire madame la vice-rectrice», dit-il.

Offre insatisfaisante      

Par courriel, la porte-parole de l'Université de Montréal Geneviève O'Meara affirme que c'est «l'équipe santé» de l'Université qui aurait convaincu l'étudiant de les laisser appeler Urgence Santé puisqu'ils s'inquiétaient de son état.

Elle a aussi joint copie d'une lettre datée du 30 mars où le recteur s'engage à déposer un «plan de développement durable» d'ici le 1er juin 2022, comprenant une cible de carboneutralité, sans date.

L'université s'était déjà engagée à réduire l'intensité carbone de ses investissements de 25% d'ici 2025 et de 35% d'ici 2030.

Le recteur s'engage aussi à rencontrer les étudiants «dès que le campement sera démonté».

Cette offre est jugée insatisfaisante par ceux-ci.

- Avec Félix Pedneault

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