L’art de jouer avec les mots: deux entreprises qui tirent leur épingle du jeu | 24 heures
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L’art de jouer avec les mots: deux entreprises qui tirent leur épingle du jeu

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Courtoisie: L'Oeufrier et Oui Manon

 

 

Des entreprises québécoises ont pris l’habitude de jouer avec les mots de la langue française pour définir leur personnalité. Mais ces touches d’humour vont même jusqu’à bonifier l’expérience client. Portraits d’entreprises.

La chaîne de restaurants l’Oeufrier et l’univers éclaté de Oui Manon n’hésitent pas à teinter leurs textes de profitables doses d’humour, et même d’amour! En lien avec l’initiative sur le droit de commercer en français d’Option consommateurs, Vincent Touchette (Oeufrier) et JP Loignon (Oui Manon) nous livrent la recette maison de leur réussite. En français s’il vous plaît! 

L’Oeufrier: sortir de sa coquille   

Avec sa quarantaine de franchises et des projets plein l’assiette, l’Oeufrier ne cesse de croître. «Depuis 1995, on veut tout simplement être le rendez-vous matinal par excellence», mentionne d’entrée de jeu son directeur général, Vincent Touchette. 

Humour au menu   

Quiconque a déjà consulté le menu de l’Oeufrier esquisse déjà un sourire. Le nom de chaque plat contient une tasse d’humour, un nuage de références, un trait historique. «Les mots et l’humour font partie de notre ADN. En fait, nos menus ont la formidable capacité de générer des interactions instantanées, tant avec le personnel qu’entre les personnes autour de la table.» 

Que ce soit en famille, en réunion d’affaires ou entre amis, le sourire nous guette en lisant les noms des plats, comme celui de la poutine Lendemain de veille, du sandwich La saison du nid de poule, du grilled cheese Montréal écrase les Bruins ou d’articles variés comme Justin en calèche à Ottawa, On veut le retour des Expos ou L’implacable retour de la coupe Longueuil.

Vincent Touchette signale que l’Oeufrier a graduellement eu recours à cette approche pour à la fois se démarquer et transmettre ses valeurs. «En rétrospective, les mots ont joué un rôle majeur dans notre épanouissement.»

Du Québec dans l’assiette   

Il rappelle que les noms des plats font souvent «référence à l’actualité culturelle, politique, géographique ou sportive du Québec». Les expressions choisies doivent être représentatives pour le plus grand nombre de personnes. 

Au point où le menu de l’Oeufrier, régulièrement renouvelé, devient un objet de divertissement, un outil de conversation, un brise-glace ou un passe-temps autour de la table. 

«Peu importe l’entreprise, les Québécois doivent se reconnaître. Pour les entrepreneurs, le choix des mots revêt une importance capitale pour transmettre un message clair, collé sur leurs valeurs», conclut M. Touchette. 

Oui Manon: à cheval sur les mots   

«Manon est en quête radicale et concrète d’un monde meilleur!», lance JP Loignon, énergique copropriétaire et VP aux communications de Oui Manon, à la fois boutique en ligne et physique (Petite Italie) et mère de deux cafés, le Oui Mais Non (Villeray) et La graine brûlée (Village). 

Amour, vérités et humour  

Parmi la panoplie d’articles créés et vendus, certaines tasses Oui Manon ont fait école. L’entrepreneur raconte que celle où on lit «C’est vraiment l’fun que tu existes» est la plus vendue. Comme quoi la beauté peut l’emporter sur l’irrévérence des non moins classiques comme «Réveille-toé» ou «Gère-toé». 

Ça percute dans le percolateur   

Manon a le sens du spectacle. Personnage fictif, animé par plusieurs personnes, elle s’exprime à voix haute, de manière assumée, lumineuse et décomplexée. Rapidement, les quatre copropriétaires ont instauré le ton: «Le français, l’écriture et le recours au langage parlé abondent, de manière à la fois irrévérencieuse, humoristique et aimante.»

Dans l’univers Oui Manon, ces mots véhiculent l’esprit et le caractère forts de l’entreprise. «L’expérience des mots fait partie du produit», signale JP Loignon. Il suffit de se rendre sur les sites des entreprises pour comprendre, en quelques secondes, la nature décalée, authentique et bienveillante de Manon.

«Avec Oui Manon, ça se passe comme avec des amis: de manière directe et sans décorum.»  

Générer l’étincelle   

Résultat? «Nous générons un haut taux d’étincelles dans les yeux de la clientèle et de nos équipes. On nous écrit souvent "Merci d’exister". Je pense que les entreprises devraient viser cette étincelle. Que ce soit en amitié, en amour ou en affaires, l’authenticité, c’est le premier gage de confiance», explique JP Loignon.

Pourquoi recourir à des expressions québécoises?   

À son avis, «notre langage est vivant, actuel et référentiel. La langue, c’est une corde sensible et on est fiers de véhiculer ce que nous sommes à travers notre grand-mère imaginaire! Je souhaite aux commerçants d’oser le contact réel avec les gens. Les entreprises québécoises ont tout à gagner à être moins formelles et à demeurer à l'écoute de leur environnement!» 

Sers-toi de ta langue!   

Engager la conversation en français pour promouvoir des produits ou des services s’avère souvent une stratégie ludique, authentique... et payante! 

Même si ce n’est pas tout le monde qui accorde le même niveau d’importance à la langue française, que ce soit en ligne ou en boutique, vous pouvez toujours demander de vous faire servir en français. Ce n’est surtout pas un caprice, c’est votre droit après tout! Pour en apprendre davantage, renseignez-vous ici!