Inflation: ils ont arrêté de manger de la viande à cause du prix | 24 heures
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Inflation: ils ont arrêté de manger de la viande à cause du prix

Sydney Bhalla, aide-bibliothécaire, est devenue végétarienne et cultive un potager dans un jardin communautaire à Verdun.
Augustin de Baudinière

Sydney Bhalla, aide-bibliothécaire, est devenue végétarienne et cultive un potager dans un jardin communautaire à Verdun.

Alors que les changements climatiques font grimper le prix de la viande, certains consommateurs ont décidé d’en manger moins pour économiser et préserver la planète.

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«L’année dernière, avec la pandémie, j’ai vu que le prix de la viande avait augmenté. À la base, je n’ai pas l’habitude d’en acheter au supermarché, mais au restaurant c’était le cas. Quand ils ont rouvert, j’ai constaté que les prix avaient vraiment augmenté», explique Sidney Bhalla, aide-bibliothécaire à Verdun.

Les bouleversements climatiques apparaissent comme l’une des principales raisons de cette hausse des coûts puisque la sécheresse et les inondations ont des répercussions sur les récoltes de maïs ou de blé destinées à approvisionner le bétail. Lorsque leur nourriture s’avère plus difficile à produire, la viande devient moins abordable.

Une facture élevée 

On apprenait récemment qu’un «cartel du bœuf» aurait peut-être sévi au Québec. Une avocate d’Option consommateurs a demandé à la Cour supérieure d’accepter une action collective en ce sens.

On ne sait pas encore quel rôle ce cartel aurait joué sur la hausse des prix, mais il n’en demeure pas moins que les changements climatiques sont un facteur non négligeable, selon le Dr Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax.

«Le facteur premier, ce sont les farines. Dans certaines cultures, cela représente entre 40 et 50% des coûts de production. Nourrir les animaux est un facteur très important», précise-t-il.

Selon des données de Statistique Canada sur l’Indice des prix à la consommation publiées en février 2022, le prix de la viande a augmenté de 11,7% en un an. Ceux des denrées achetées en magasin ont progressé d’un peu plus de 7%.

Tom Imler, étudiant à l’Université du Québec à Montréal, consomme quatre fois moins de viande qu’auparavant.

Augustin de Baudinière

Tom Imler, étudiant à l’Université du Québec à Montréal, consomme quatre fois moins de viande qu’auparavant.

Face à ce constat, Tom Imler, étudiant à l’Université du Québec à Montréal, a changé ses habitudes. «Je me suis rendu compte que mon panier alimentaire me coûtait plus cher, donc qu’il fallait que je baisse les coûts. Il fallait choisir, que ce soit pour mon portefeuille ou pour ma conscience écologique», déclare-t-il. Alors que le jeune homme ingérait de la viande tous les jours, il en mange désormais deux fois par semaine et s’assure de sa qualité et de sa provenance. 

De nouvelles solutions 

Si la santé importe aux consommateurs, l’environnement et le bien-être animal les préoccupent moins au moment de se procurer de la viande. Son succès demeure principalement affecté par son tarif.

Certains individus se tournent donc parfois vers les protéines végétales, dont le prix reste plutôt stable. Ce mouvement n’est toutefois pas généralisé selon le Dr Charlebois. «Les gens continuent quand même à acheter des produits animaliers. L’aspect de l’abordabilité influence les consommateurs de plus en plus. Ils recherchent d’autres options, que ce soit au niveau des protéines végétales ou même des fruits de mer et du poisson.»

Sidney Bhalla est, quant à elle, devenue végétarienne. L’aide-bibliothécaire estime être en meilleure santé depuis. Lorsqu’elle a effectué sa transition alimentaire, elle s’est inscrite à un jardin communautaire verdunois pour y faire pousser des légumes et des fruits pour les cuisiner. «J’ai remarqué qu’avec le jaquier, je pouvais remplacer la viande. Ça a le même goût que du porc effiloché. Je mets un peu d’épices jamaïcaines dedans ou des ananas. Ça donne un très bon plat sans la souffrance animale. Il y a beaucoup d’alternatives maintenant.»

«Je pense que les consommateurs gagnent dans tout ça. Malgré les coûts, ils ont plus de choix. Pendant des années, il n’y en avait vraiment pas beaucoup. Les gens sont plus éduqués sur la protéine qu’avant. Ils sont plus à l’affût des effets de leurs décisions alimentaires», conclut le Dr Charlebois.

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