Qui sont Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats qui passent au 2e tour des élections françaises? | 24 heures
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Qui sont Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats qui passent au 2e tour des élections françaises?

Les résultats sont tombés dimanche: c'est bien entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen que la présidence de la France se disputera. Il s'agit du même scénario que lors des dernières élections de 2017. On vous présente les deux candidats de ce match revanche.

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Au premier tour des élections françaises, la population peut voter pour son candidat préféré. Si l'un d'entre eux obtient la majorité, il devient automatiquement président. Si aucun n'a la majorité, on passe au 2e tour, avec les deux candidats qui ont récolté le plus de voix. 

C'est ce qui s'est passé cette fois-ci: Emmanuel Macron a obtenu 28% des voix et Marine Le Pen 23%. Voici qui ils sont. 

Emmanuel Macron, président sortant 

Emmanuel Macron est le président sortant de la France. 

Porté aux nues ou détesté, il est reconnu comme un président à la fois séducteur et cassant, voire brutal. Il a traversé un mandat tumultueux avec un art consommé de l'adaptation et en pratiquant un exercice solitaire et vertical du pouvoir. 

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Son mandat, marqué par la pandémie, s'achève dans le fracas de la guerre en Ukraine, qui a totalement relégué la campagne présidentielle française à l'arrière-plan.

Très impliqué diplomatiquement avant même le début de la guerre le 24 février, le président français – également président en exercice de l'UE – s'est positionné en surplomb de ses concurrents et n'a annoncé sa candidature que très tardivement, le 3 mars. Une posture avantageuse confortant sa stature de chef d'État, mais qui est également risquée, car elle peut le faire apparaître comme éloigné des préoccupations quotidiennes des Français.

«Le président caméléon», comme l'a qualifié le quotidien Le Monde, reste après cinq ans de pouvoir une personnalité toujours difficile à cerner.

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Plus jeune président que la France ait jamais eu, l'ancien ministre de l'Économie a été propulsé au sommet en 2017 à seulement 39 ans en se servant avec brio de son image d'outsider ni de droite ni de gauche, et en surfant sur le délitement des partis traditionnels.

Il a pris des paris risqués, notamment celui de refuser en pleine pandémie un nouveau confinement réclamé par experts et ministres en janvier 2021, mais cette décision sera finalement portée à son crédit. Il termine son mandat plus populaire que ne l'étaient à la même période ses deux prédécesseurs, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Sa proximité et son large recours aux cabinets de consultants, pointés par un récent rapport du Sénat, ont écorné son image en fin de mandat.

Enfin, sa vie privée, romanesque et inédite, exerce une certaine fascination. 

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Le jeune Emmanuel Macron, né en 1977 à Amiens (nord) dans une famille de médecins, a rencontré sa future épouse, Brigitte, au lycée. Il avait 16 ans et elle était sa professeure de théâtre, de 24 ans son aînée, mariée et mère de trois enfants. Ils se sont mariés en 2007 et forment, selon les mots de la Première dame, un «couple fusionnel».

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Marine Le Pen, normaliser l'extrême droite 

Marine Le Pen est à deux doigts de prendre sa revanche. Largement battue en 2017 par Emmanuel Macron, celle qui a réussi à banaliser l'extrême droite pourrait devenir la première présidente française.

Marine Le Pen

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Marine Le Pen

Marine, fille de Jean-Marie Le Pen, figure pendant des décennies de l'extrême droite française, a dû patiemment déconstruire ce qu'il avait bâti à coup de harangues antisémites ou racistes, parfois condamnées en justice.

«Dédiaboliser» le Front national (FN), jusqu'à en exclure en août 2015 son père, dont les propos clivaient trop pour permettre une victoire nationale. «J'ai adulé cet homme», confie-t-elle. «Je me suis beaucoup battue pour lui, mais à un moment donné, cela devait s'arrêter».

Changer l'image du parti à travers une «normalisation», qui passait par un nouveau nom. Le FN, à sinistre réputation, devint «Rassemblement national» (RN) en 2018. Sa formation, qu'elle préside depuis 2011, fait campagne sur son prénom, Marine, préféré à son patronyme, lourdement connoté.

Sur les plateaux, la candidate, au caractère ombrageux, ne s'énerve plus des piques des journalistes. Elle encaisse poliment. S'habille de couleurs claires. Sourit davantage. Montre son côté femme.

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Deux fois divorcée, mère de trois enfants, séparée d'une des figures du mouvement, Marine Le Pen, 53 ans, avocate de formation, insiste sur l'économie, afin de séduire les «perdants» de la mondialisation, souvent attirés par les sirènes de l'extrême droite.

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Pour la présidentielle de 2022, elle fait campagne sur le pouvoir d'achat, préoccupation numéro 1 des Français, alors que la guerre en Ukraine fait s'envoler les prix du carburant et des aliments. Face à un Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires, désigné «président des riches».

Un temps débordée à sa droite par Éric Zemmour, elle laisse passer l'orage et voit l'ex-polémiste, qui veut obliger les parents à donner des «prénoms français» aux nouveau-nés ou créer un ministère de la Rémigration pour renvoyer les étrangers indésirables, s'effondrer dans les sondages.

Par rapport au «discours radical, voire brutal» choisi par M. Zemmour, «Marine Le Pen a fait le choix inverse de normaliser, d’adoucir, de lisser son discours», observe Cécile Alduy, professeure à l'université de Stanford et chercheuse associée au Cevipof (Science Po).

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«Son programme n’a guère changé sur les fondamentaux du FN comme l'immigration et l'identité nationale, mais elle a choisi un autre vocabulaire pour le justifier», poursuit cette spécialiste de l’extrême droite. C'est désormais «au nom de la laïcité et des valeurs républicaines, voire du féminisme, qu'elle attaque l'islam et veut limiter drastiquement l'immigration non européenne.»

Marine Le Pen, qui reconnaissait fin mars dans le quotidien Le Parisien, une «erreur stratégique» il y a cinq ans, affirme en avoir «tiré les leçons».

«Cette fois-ci, je vais vraiment utiliser mon temps pour montrer aux Français qu’une autre politique est possible. (...) Je pense que je n'ai jamais été aussi près de la victoire qu'aujourd'hui.»

Le deuxième tour des présidentielles françaises se tiendra le 24 avril.

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