Dans l'univers musical de Rafaël Ouellet | 24 heures
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Dans l'univers musical de Rafaël Ouellet

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Illustration Sébastien Dorion d'après une photo de Fabrice Gaëtan

S’il n’est pas devenu une rock star comme ses idoles Pearl Jam, le cinéaste Rafaël Ouellet a côtoyé le milieu de la musique d’assez près.

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En plus d’avoir réalisé des vidéoclips pour Salomé Leclerc, Patrick Groulx et les Bas blancs, les Cowboys Fringants, il a agi à titre de réalisateur à MusiquePlus pendant quelques années. Il a également assuré la captation d’environ 150 concerts. 

Sa filmographie compte aussi des long-métrages comme Camion, Gurov et Anna. Son prochain, Arsenault et fils, arrivera en salle en juin prochain.  

Rafaël Ouellet, le mélomane, travaille toujours de pair avec le cinéphile.

Arsenault et fils, c'est une histoire que tu avais en tête depuis longtemps?

J'ai jeté les bases de ça pendant que j'attendais les sous pour Camion. On parle de onze ou douze ans. Évidemment j'ai pas bûché là-dessus tout ce temps. J’ai fait de la télé et j'ai fait un autre film même entre-temps. 

Une des rencontres musicales de de tes années à MusiquePlus qui t'a particulièrement marqué?

Our Lady Peace. C'était pas un band qui me passionnait mais j'avais fait, je pense, un bon boulot avec eux pour l’émission L’artiste du mois en 2001. En 2003, je reçois un appel des gars du band. Ils veulent que je fasse leur DVD pour leur tournée canadienne. On a récidivé avec une autre captation au Massey Hall à Toronto pour leur compilation A Decade. 

Le reste est anecdotique. J'ai fait une collision frontale avec David Bowie au tournant d'un couloir. Je me suis fait offrir de la drogue par Tré Cool de Green Day. À un moment donné, je faussais sur une toune de Coldplay. Je tourne le coin puis je tombe face à face avec les gars du groupe devant l'ascenseur. Ils se demandaient qui massacrait leur chanson comme ça.

Le premier album que tu as acheté avec ton argent? 

Quand j'étais jeune, mon oncle avait un restaurant avec des Jukebox et on héritait des 45 tours qui sortaient de la rotation. Le premier que j'ai eu, c'est I Love Rock N’ Roll et Jack & Diane de John Mellencamp. Mon frère, c'était Abracadabra de Steve Miller Band.  

Mais avec mon cash, c’est la cassette de We Are The World. J'ai le souvenir d'une chanson au saxophone là-dessus (If Only for the Moment, Girl de Steve Perry). J'ai un peu renié ça après et la cassette m'a servi de cassettes vierges. J'ai mis deux petits tapes collants sur les pinouches et j’ai enregistré autre chose. Metallica probablement. 

Est-ce qu'il y a un vidéoclip qui t’as donné le goût d’en réaliser toi aussi?

Quand j’étais jeune, non. Durant mon séjour à Jonquière à l’ATM (Art et technologies des médias), tout le monde rêvait de rentrer à MusiquePlus. Mais moi, j'étais ailleurs. J'étais plus dans le documentaire musical parce qu’un de nos profs, Carl Brubacher, avait réalisé le documentaire sur Plume Latraverse, Ô rage électrique. Quand j’ai vu ça, je me suis dit «C’est ça que je veux faire!» 

Le vidéoclip m'intéressait quand même beaucoup. Quand j'étais jeune, j’avais enregistré l’émission La grande nuit du vidéoclip en 1984. Je l'ai écouté en loop

Quel groupe apprécies-tu depuis plus longtemps et que tu aimes encore aujourd'hui?

Les Beatles. Je les ai justement découvert avec La grande nuit du vidéoclip en 1984 avec Love Me Do. Après ça, durant tout mon secondaire, j’ai trippé. J'ai approfondi un peu au Cégep. C’est ce qui m’accompagne depuis. Sinon, en 1984, j’ai aussi accroché sur Duran Duran, Madonna mais c'est beaucoup moins important pour moi aujourd’hui. 

Ton concert le plus marquant?

Pearl Jam le 21 septembre 1996 au Maple Leafs Garden de Toronto. On avait pris l'autobus pour arriver presque deux jours d'avance. On s’est ramassés en première rangée. J’étais avec ma sœur et des amis. Ça brassait dans le moshpit avec des Dr. Martens qui nous frappaient dans la face. Je protégeais ma sœur. 

Ta meilleure trame sonore de film?

Les trois couleurs : Bleu Blanc Rouge de Kieślowski. Ça m'a amené aussi à découvrir toute l'œuvre du compositeur Zbigniew Preisner

Ton biopic musical préféré?

Control sur Ian Curtis de Joy Division, c'est vraiment le plus réussi. C’est fait avec intelligence. On est vraiment dans quelque chose de réaliste. Dans Walk The Line, quand on voit Johnny Cash improviser une chanson, on y croit pas. Mais dans Control, ça fonctionne. Cinématographiquement, ça a une grande valeur. 

Un documentaire ou une série de documentaires sur la musique que tu as vraiment apprécié?

Ô rage électrique, ça a été fondateur pour moi. Si quelqu'un aime Plume, il doit voir ça. Un autre: Dig sur Dandy Warhols et Brian Jonestown Massacre. Et comme je suis un enfant du grunge, il y a aussi le documentaire Hype

Si tu avais à faire un biopic sur un artiste, ce serait qui?

On s’entend que la série sur Harmonium c'était pas réussi. Si ça avait pas été déjà fait, j'aurais aimé baigné là-dedans. Surtout qu'aujourd'hui Serge Fiori est redevenu une figure publique. L’autre serait sur Syd Barrett au complet. Jusqu’à sa mort. 

Un de tes derniers coups de cœur en musique?

Quebec Redneck Bluegrass Project. J’aurais aimé leur trouver une place dans Arsenault et fils.

Qu’est-ce qui t’attend côté projets pour les prochains mois?

J'arrive de chez les compositeurs de la trame d’Arsenault et fils (Robin-Joël Cool, Viviane Audet, Alexis Martin). J’ai capoté tantôt quand ils m’ont présenté ça. Ça va être un bel objet de musique pure. Et à partir du mois d'août je tourne une série, Double faute, écrite par Éric Bruneau et Marie-Hélène Lebeau-Taschereau. 

La sortie du prochain film de Rafaël Ouelet Arsenault et fils est prévue pour le 17 juin prochain.

Écoutez sa liste de lecture.

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