Vivre sobrement, ça peut être simple et bon pour l'environnement. Pourquoi faire autrement? | 24 heures
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Vivre sobrement, ça peut être simple et bon pour l'environnement. Pourquoi faire autrement?

Francis Robindaine Duchesne
Joël Lemay / Agence QMI

Francis Robindaine Duchesne

Le mode de vie de Francis Robindaine Duchesne peut certainement être qualifié de «sobre», selon les standards occidentaux. Pourtant, le jeune Montréalais assure que ça ne lui demande aucun effort: il a vécu ainsi toute sa vie et ne voit pas pourquoi il ferait autrement.  

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«Ç’a du sens au niveau personnel, de ma relation avec la planète. J’ai toujours vécu comme ça. Je ne vois pas la consommation comme un but en soi, je ne sens pas que je me retiens», dit-il simplement. 

Francis a grandi dans un condo du Vieux-Longueuil, sans cour arrière, à un kilomètre du métro. Il a ensuite habité à Montréal-Nord, puis aujourd’hui, à 28 ans, il demeure dans un quatre et demi de Rosemont, avec sa copine.  

Vu la proximité du transport en commun, pour lui, ç’a toujours été de soi: il n’avait pas besoin d’automobile. Il allait prendre le bus et le métro, marcher, faire du vélo; il n’a même pas été chercher son permis de conduire.  

Ça ne l’empêche pas d’être un grand amateur de plein air. Il fait du covoiturage de temps en temps pour se rendre à l’extérieur de la métropole... ou il prend le bus! «Beaucoup de places sont desservies par le transport en commun. Le mont Saint-Bruno et le mont Tremblant, par exemple», dit-il.  

Il a d’ailleurs pris l'autobus pour aller passer deux étés en Colombie-Britannique, et pour voyager à travers le Québec et aux États-Unis.  

Francis Robindaine Duchesne

Joël Lemay / Agence QMI

Francis Robindaine Duchesne

Pas dogmatique  

Il est tout aussi modéré en ce qui a trait, par exemple, à sa consommation de produits d’origine animale. «Je préfère manger un bon steak une fois par mois plutôt que de mettre de la viande partout chaque jour», résume-t-il.  

«J’ai des amis véganes, mais je trouve ça restrictif ou dogmatique. J’aime la modération. Je mange beaucoup de fruits, de légumes, de noix. J’essaie d’acheter de la nourriture du Québec. On a des pommes à l’année, des patates, du fromage, et ce n’est pas cher», explique-t-il. 

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Même chose du côté des appareils électroniques. Son iPhone 7 fonctionne encore et il compte le conserver aussi longtemps que possible. Idem pour son MacBook 2016, et pour l’ordinateur de bureau - acheté usagé - qu’il utilise chez lui et qui «va très bien».  

Il conserve aussi ses vêtements jusqu’à la fin de leur vie, et n’est pas tenté par de grandes virées magasinage. «Quand j’ai besoin d’aller dans un magasin, j’entre, je prends ce qu’il me faut, et je sors», dit-il.  

C’est la science qui le dit  

Quand il parle de son mode de vie, Francis est loin d’adopter un ton moralisateur, vantard ou évangéliste. Il parle d’ailleurs sans hésiter de son péché mignon - une collection d’une trentaine de montres - ou des deux voyages en Europe pour lesquels il a pris l’avion. 

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Dans son discours, on perçoit plutôt le scientifique analytique - après tout, il étudie au baccalauréat en géographie environnementale à l’Université de Montréal. La problématique est claire : la planète a un nombre de ressources finies, et notre consommation augmente constamment. Logiquement, on ne peut pas continuer à ce rythme, un jour les ressources viendront à manquer. 

«On est dans un monde qui sera en décroissance, et elle devra être gérée. La planète va se réchauffer, mais on aura de moins en moins d’énergie [disponible] pour faire face aux défis qui seront amenés. La question, c’est va-t-on essayer de s’y adapter ou va-t-on subir les catastrophes?» résume-t-il.  

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Ce qu’il aimerait voir mis en place au Québec? Plusieurs solutions collectives comme un meilleur réseau de transport collectif, une économie moins dépendante des importations et la fin de l’obsolescence programmée.  

Il est convaincu qu’il y a moyen, comme société, de moins consommer tout en gardant un bon niveau de vie. «La décroissance des excès, ce n’est pas la décroissance du confort. C’est possible d’avoir une belle vie remplie de satisfaction, sans les excès de la consommation moderne», dit-il. 

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