La vérité sur la mode «durable» et «éthique» | 24 heures
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La vérité sur la mode «durable» et «éthique»

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BILLET | Alors que le fast fashion est de plus en plus dénoncé par les écologistes, on voit une explosion de l’offre de vêtements dits «éthiques et durables». Malgré les bonnes intentions de cette mode plus lente et responsable, faites-gaffe à ne pas tomber dans le panneau du greenwashing !

La mode durable se définit par une production de vêtements dont l’empreinte sur l’environnement est faible. Par exemple, l’utilisation de pesticides dans la culture de certains textiles est contrôlée et les matériaux recyclés sont favorisés. La plupart du temps, la mode durable vient aussi avec la certitude que les travailleurs impliqués dans la chaîne de production ont (normalement) été bien traités et rémunérés.

Ce concept inclut également le mouvement slow fashion, qui, en réponse au fast fashion, encourage une production de vêtements plus lente, réfléchie et de qualité. En effet, ce qu’on reproche au fast fashion, c’est qu'au-delà des mauvaises conditions de travail et des techniques de fabrication polluantes, la rapidité avec laquelle on jette une collection pour en produire une nouvelle est alarmante. Le slow fashion, lui, encourage l’achat d’un seul bon morceau de vêtement indémodable qu'on gardera toute notre vie. Hourra!

Les pièges à éviter

Ne vous lancez toutefois pas sur le premier t-shirt en apparence green, pensant faire une bonne action. Ce n’est pas parce qu’il est écrit «Il n’y a pas de planète B» sur un pull d’une collection supposément «verte» du H&M que le mode de fabrication de cet item a réellement fait attention à l’épuisement des ressources de la planète A.

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Si une collection, une entreprise ou un vêtement revendique l'appellation «écolo» (ou tout autre mot apparenté au même champ lexical), renseignez-vous. Si la communication est floue, c’est probablement du greenwashing. Si l’entreprise est reconnue pour avoir un modèle d’entreprise basé sur le profit grâce à la quantité versus la qualité, c’est CLAIREMENT du greenwashing. Par exemple, lorsque c’est indiqué que la collection est issue de matériaux recyclés, mais que finalement, vous réalisez que ça concerne uniquement 1% des textiles utilisés.

Pour être certain de débourser pour un vêtement écoresponsable, cherchez d’abord les certifications biologiques, comme GOTS ou Naturetextil, qui garantissent qu’aucun fertilisant, insecticide ou OGM n’ont été utilisés dans le processus.

Mais surtout, SURTOUT, optez pour une entreprise d’ici, qui propose des articles qui ont non seulement été PENSÉS ici, mais qui ont aussi été FABRIQUÉS ici. En effet, plusieurs boutiques québécoises affirment vendre des vêtement locaux, mais omettent le fait que ceux-ci ont pris racine dans une usine au Pakistan, ou autre endroit où on ne peut jamais être certain des conditions de travail. Souvent, ces collections n’ont été que dessinées dans des bureaux montréalais, mais le reste de leur production s’est déroulé à l’autre bout du monde. D’ailleurs, un autre avantage d’un achat 100% local, c’est que des milliers de kilomètres, donc de tonnes de GES, n’ont pas été émises pour vous vêtir.

Est-ce vraiment nécessaire?

Je dois vous avouer que de toute façon, une partie de moi trouve beaucoup plus logique (et bon marché) de simplement s’habiller avec des items seconde main. Quand on sait que, chaque Québécois jette en moyenne 24 kg de textiles par année, selon Recyc Québec, on réalise à quel point c’est le consommateur qui peut sauver le monde, tant en détournant des tonnes de textiles de l’enfouissement (empêchant par le fait même l’émission de méthane), qu’en volant des clients aux boutiques fast fashion.

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D’un autre côté, je suis consciente que la mode éthique permet de rejoindre une clientèle qui a tendance à refuser ce qui a déjà été porté par autrui, tout en soutenant l’économie d’ici. Les entreprises locales qui paient à leurs employés un salaire décent pour fabriquer ce que nous nous mettrons sur le dos méritent toutes d’être encouragées et acclamées.

L’important est en fait de s’habiller consciemment. En 2022, le choix d’habits qui n’ont pas encouragé la déforestation et un taux horaire malsain est trop vaste pour se laisser tenter par une petite robe soleil à 12$ en viscose de bambou synthétique qui porte fièrement la phrase «save the forests».

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