Le monde à l’envers : des entreprises font du «speed dating» avec des candidats pour les séduire | 24 heures
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Le monde à l’envers : des entreprises font du «speed dating» avec des candidats pour les séduire

Et si c’était aux employeurs de se vendre pour faire retenir leur candidature? C’est ce concept qu’a lancé le réseau d’experts PME MTL Centre-Est pour aider des entreprises à déjouer la pénurie de main-d’œuvre. Des employeurs doivent se vendre à un bassin de candidats... en cinq minutes chrono. 

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Cette démarche permet d’inverser les rôles : c’est à l’employeur de se démarquer plutôt que le candidat. «C’est surprenant de voir comment tout d’un coup le stress change de camp!, remarque le directeur général de PME MTL Centre-EST, Jean-François Lalonde. On a pour objectif d’être le meilleur entremetteur possible pour le candidat mais aussi pour l’entreprise». 

L’initiative «Employeurs de marque» est une série de huit événements qui met en scène 40 entreprises et 400 candidats potentiels. Au terme de ces rencontres express d’à peine cinq minutes, PME MTL Centre-Est souhaite «créer rapidement des ponts entre l’employeur et la future employée ou le futur employé, accélérer le processus d’embauche et générer des candidatures spontanées qui n’auraient pas eu lieu dans le cadre d’un affichage classique de poste». 

«On voulait expérimenter de nouvelles façons de recruter et permettre aux entrepreneurs de partager leur mission, leur vision, l’ambiance de travail et les projets sur lesquels ils travaillent», explique Jean-François Lalonde.  

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Générer la curiosité 

Contrairement aux recherches d’emploi traditionnelles, l’initative «Employeurs de marque» ne cherche pas à combler un certain nombre de postes vacants mais bien à faire connaître l’entreprise auprès d’un bassin de travailleurs potentiels. 

C’est précisément cette démarque qui a intéressé la présidente de Zorah biocosmétiques, Mélissa Harvey, qui a reçu pas moins de 25 candidatures après sa participation à l’événement pilote de PME MTL Centre-Est, en novembre dernier. 

«Les gens ne cherchent pas un poste de travail, ils recherchent un environnement de travail où ils vont se sentir bien», explique la cheffe d’entreprise, qui se félicite d’avoir très peu de roulement personnel. 

«Je pense quand même que les entreprises doivent se réinventer aujourd’hui. On ne peut plus se fier à de simples offres d’emploi pour pourvoir un poste, il faut miser sur ce qu’on a à offrir et être alléchant par rapport aux horaires de travail», plaide-t-elle. 

Mélissa Harvey, présidente de Zorah Biocosmétiques.

Zorah Biocosmétiques

Mélissa Harvey, présidente de Zorah Biocosmétiques.

Même réflexion du côté de BIXI Montréal, qui a participé à la toute première édition du projet le 24 mars dernier qui était dédiée à l’économie sociale. 

«La présentation a généré de la curiosité et de l’intérêt envers BIXI, explique la directrice des ressources humaines et administration de l’entreprise, Anne-Marie Battista. Avant la pandémie, c’était les chercheurs d’emploi qui contactaient les entreprises et qui faisaient part de leur intérêt et aujourd’hui, c’est l’inverse : on doit proposer aux chercheurs d’emploi un environnement différent qui colle à leurs valeurs.» 

Qui plus est, les recruteurs ne peuvent plus s’adresser uniquement aux candidats actifs qui sont en recherche d’emploi, croit Anne-Marie Battista. Ils doivent aussi pouvoir s’adresser aux candidats passifs, c’est-à-dire des candidats potentiels qui ne sont pas encore en recherche d’emploi mais qui le seront éventuellement, comme de nouveaux arrivants ou des étudiants. 

«Après l’événement j’ai reçu une tonne de messages sur LinkedIn de personnes qui avaient beaucoup apprécié notre présentation. On nous a dit "il n’y a pas encore d’emploi disponible pour moi, mais je garde l’entreprise en tête pour le futur". C’est exactement ça que je cherchais», se réjouit la directrice en ressources humaines. 

Joël Lemay / Agence QMI

Le premier événement de la série «Employeurs de marque», le 24 mars dernier, a accueilli la TOHU, BIXI Montréal, Cyclochrome, la Coopérative Radish, YAM, Renaissance et le Carrefour jeunesse-emploi du Centre-Nord. 

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