Ottawa pas préparé pour une transition juste, croit le commissaire à l’environnement | 24 heures
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Ottawa pas préparé pour une transition juste, croit le commissaire à l’environnement

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CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Le gouvernement fédéral n’est pas prêt à accompagner les travailleurs du secteur des énergies fossiles qui perdront probablement leur emploi au cours des prochaines décennies, a regretté le commissaire fédéral à l’environnement mardi.

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Alors que le Canada veut totalement éliminer les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon de 2050, aucun plan n’existe pour accommoder ces 170 000 travailleurs, dont 3400 sont issus spécifiquement du secteur du charbon, le premier à être touché.

C’est ce qu’a déclaré le commissaire Jerry DeMarco en point de presse mardi, après avoir déposé une série de cinq rapports qui se veulent un «bulletin de mi-parcours» de la session parlementaire.

«Comme l’élimination progressive du charbon est la première des transitions vers une économie à faibles émissions [...], c’est aussi l’occasion pour le gouvernement fédéral de tirer parti des leçons tirées de son expérience initiale pour améliorer les politiques et les programmes futurs», a affirmé M. DeMarco.

Ce dernier a constaté qu’il n’y avait en place «aucun plan de mise en œuvre fédéral, aucune structure de gouvernance officielle, ni aucun système de suivi et de rapport visant à appuyer une transition équitable».

Appelé à commenter le dossier, le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault s’est dit «tout à fait d’accord» qu’il «reste beaucoup de choses à faire», ajoutant que le gouvernement déposera un projet de loi sur la transition «dans un avenir assez proche».

«Essentielle», la tarification du carbone

M. DeMarco a par ailleurs défendu la tarification du carbone, qui est «essentielle» à l’atteinte des objectifs du pays en matière de réduction des GES.

Bien que le gouvernement ait réussi à s’assurer que les «systèmes» de tarification ont été mis en place dans chaque province et territoire, une amélioration par rapport à l’année dernière, il réduit les retombées de sa politique en adoptant un cadre plus laxiste pour les grands émetteurs «dans certaines régions du pays».

Cette approche «sape le principe de pollueur-payeur» derrière la loi, juge le commissaire.

En contrepartie, les communautés autochtones et les entreprises de plus petite taille sont touchées de manière «disproportionnelle» par la taxe carbone, a-t-il informé.

Des rapports «transparents» sont de mise afin de comprendre les impacts et les subtilités du système afin de l’améliorer.

À ce sujet, le ministre Guilbeault a déclaré que des pourparlers étaient en cours avec les provinces pour peaufiner la loi et la rendre plus «stricte».

Le rêve de l’hydrogène

Un autre rapport du commissaire remet en question la stratégie du gouvernement en ce qui concerne l’hydrogène comme énergie renouvelable.

Ottawa estime que la transition vers cette source d’énergie toujours au stade embryonnaire permettrait une baisse des émissions de CO2 de 15 mégatonnes à 45 mégatonnes d’ici 2030.

«Nous sommes d’avis que les hypothèses de la stratégie fédérale pour l’hydrogène sont trop optimistes et remettent en cause la crédibilité des réductions d’émissions prévues», a déclaré M. DeMarco.

Le commissaire suggère que le gouvernement adopte un «cadre normalisé pour estimer les émissions futures» plutôt que de vendre du rêve et de perdre de la crédibilité.

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